‹ Histoire du cartésianisme en BelgiqueChapitre 48 sur 113 · IV · texte numérisé non relu

IV

Quel était le professeur en médecine dont maintes thèses venaient d'être si maltraitées? Cette question a dû se présenter à l'esprit du lecteur. Il n'y a pas à en douter : c'était Guillaume Philippi. En effet, le président des examens devait être pris dans le collège de la Faculté 2. Or celui-ci était formé des quatre professeurs ordinaires, savoir : celui de médecine théorique, celui de médecine pratique, celui des Institutions, et enfin celui d'anatomie 3. Or à cette époque, le premier était

^ Pièces jusliiicalives, n"» VIK.

< Yermjl£US, Academia lovaniensia, 1667, p. 55.

* /ôidirm., p. 5i.

Plempius : à coup sûr, on ne saurait voir en lui l'auteur des thèses. Le second était Pierre Dorlicx, de Diest, dont le nom n'apparaît jamais dans les discussions du temps. Restent Guillaume Phiiippi et Gérard Van Gutschoven. Tous les deux étaient grands cartésiens; mais divers indices font écarter Van Gutschoven. En effet, l'internonce dans sa lettre dit que son avertissement concernait aussi les membres de la Faculté de Médecine. Or, Phiiippi appartenait exclusivement à ce corps, tandis que Van Gutschoven appartenait aussi à la Faculté des Arts, en sa qualité de professeur de mathématiques ^. Si Tinternonce l'avait eu en vue, il n'aurait pas manqué de faire remarquer que son premier avertissement s'adressait droit à lui.

En second lieu, la Physique de Phiiippi contient, en 1664, des thèses identiques ou analogues à celles qui sont censurées en 1662, et elles sont accompagnées d'éclaircissements et de restrictions indiquant visiblement un auteur attaqué et se défendant, ou bien condamné et se corrigeant. Ces passages seront signalés en temps utile. Il y a plus ; les auteurs de la censure s'étaient plaints de certains détails lubriques : on en retrouve dans la Physique de Phiiippi aux pages 244, 245' Îi8, 252, 253. Enfin, un vers d'une épigramme mise en tête de ce même ouvrage, et signée « Nicolas Le Noir », établit avec œrtitude que Phiiippi est bien le professeur frappé par les foudres de la Faculté de Théologie. Parmi les thèses censurées se trouve la suivante : Nihil seposita anima rationaii sub codo novi; on a vu la singulière censure qui la suit, où l'on prend novi comme adjectif et comme verbe. Voici maintenant le début de l'épigramme adressée à Phiiippi en 1664 :

Si êub cœlo novum nihil est, te judice, numquid IDud quod scribis, scriptum aliquando fuit?

En dépit de sa brièveté, ce témoignage est décisif.

' Valère A?iDRit, FasU, Louvain, 1650, p. 449.

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