Tome XXXIX
examen critique de la Métaphysique de Descartes, et qui, somme toute, comme s'exprime M. Le Roy ^, en est resté en philosophie à Tancien régime.
Il n'en est pas moins vrai de dire que l'œuvre de Descartes a laissé de profondes traces dans la Philosophie contemporaine. C'est Descartes qui a donné un nouvel élan à l'étude de la logique critique ^ et ouvert de nouvelles voies à la physique mathématique. Par contre, quelques-uns, attribuant au critérium des idées claires une étendue qu'il n'avait pas dans la pensée de Descartes, s'en forgèrent une arme pour rejeter toute révélation. D'autres, développant son idéalisme mitigé, en vinrent à révoquer en doute l'existence du monde extérieur. Quelques-uns, encore séduits par les arguments spécieux sur lesquels Descartes appuie son doute méthodique, sont tombés dans le scepticisme absolu. Enfin, il y en a qui, pensant, d'après Descartes, pouvoir avec de la matière et du mouvement expliquer les phénomènes de la vie végétale et de la vie animale, ont appliqué cette théorie à la vie intellectuelle et sont passés au matérialisme. Descartes, croyant sincère, défenseur de la certitude, spiritualiste convaincu, eût sans aucun doute désavoué de telles conséquences, et, plutôt que de les admettre, aurait renoncé aux principes dont on les tire, si on lui eût prouvé qu'elles en étaient les suites nécessaires 3.
*■ Biographie nationale, volume VI, pp. 3S8 et suivantes.
* LooMANS, Connaissance de soi-même, BraxeUes, 1880, p. 33. c Descartes, » en présence des subtilités et des controverses d*une scolastiqne dégénérée, » rappelle Tesprit à lui-même, ou, suivant son expression : t à la considératioD » de lui-même et des choses quMl trouve en lui ».
' 0. volume 111, p. 52 ) {Principes, livre 4, n» 207) : t Touiefois, à cause que » je ne veux pas me fier trop à mol-même, je n*assure ici aucune chose, et je » soumets toutes mes opinions au jugement des plus sages et à l'autorité de » rRglise. »
PIKCES jrUSTIFICATIVES.
Lettre de la Facalté des Arts à rinternunce.
o jaiUet i661 (Extrait des Actes de la Faculté.)
Illustrissime et reverendissime Domine,
Triste fuit et durum audire doctrinam nostram traduci tanquam christians juventuti noxiam, co oiagis quod uti majores nostri, ita et nos toti solliciti simus ut sicut oculi ancillse in manibos dominas suœ, ita oculus philosophiae nostrœ ad doctrinam sacram, velut dominam attente respiciat, et juglter illam suspiclat; quin imo jam pcr quadrîennium integrum, junctis professorum omnium viribus et animis desudatum est, ut ea quœ sacras et superiori scientise non subservirent, velut loliura et tribulos fatigantes extirparemus iisque (quod roultorum et primarîorum pridem votum fuit) subslitueremus exactam librorum De Anima pertractationcm,quibusjuvcntus in sui ipsius et ingenitœ nobiJitatis notitia amplius proficeret et propinquius principiis cbristianis adoQpveretur : proinde conatibus bis et scopo nobis prœfixo c diamctro adversum foret, si periculosa et maie olentia Chartcsii, vcl cujuscumquc alterius dogmata, etiam sub exercitii fuco, juvenum animis instillarentur, quibus et omnibus optamus impressUm, quam quoslibet fidei calholicœ artieulos, quam sanctos ecclcsiœ patres venercmur, et cujuscumque gravcolentiœ apud Sanctam Sedcm, cui toti devoti sumus, etiam suspicionem detestemur. Quœ omnia ut compertiora sint simulque sinistris inforroationibus plenius satisfiat, censuimus dcpulandos e corporc nostro qui bas pcrfcrrent. IJos ut patienter audire Hluslrissima Dominalio
Vestra dignelur, nobisque et suum et apostolicum affectum consenrtre, enize rogamus, et id sperantes manemus
Illustrissinise Vestrœ Gratis,
observantissimi famuli,
Decanus et Facullas Artium,
studii generalis oppidi lovaniensis.
Lovanii, 5 julii 4662.
Superscriptio : lllustrissiou) ac reverendissimo domino, domino Hieronymo Vecchîîs Montis regalis abbati apad Belgas pronuntio apostolico, Bmxellis.