LE DONJON. SOI
supérieur , n'existent plus ; on voit seulement leur arrachement et la retombée des nervures des voûtes. Leur forme ogivale , qui se dessine encore sur la muraille latérale, la présence de la brique dans cette même muraille , dénotent un remaniement postérieur de quatre ou cinq cents ans à la construction primitive. C'est à ces travaux qu'il conviendrait peut-être d'appliquer la date de 1 553 , que l'ingénieur auquel nous devons le plan de 1 708 , a lue sur les murs du donjon , si tant est qu'il ne se soit pas trompé: Elle nous reporterait, dans cette hypothèse, au règne de Henri II; mais je suis disposé à regarder ces reconstructions comme un peu plus anciennes.
L'aire du rez-de-chaussée du donjon est sensiblement plus élevée que le point de départ des murailles extérieures ( de vingt-quatre pieds environ). Cette disposition était calculée et témoigne de la sagacité des architectes normands. Lorsque l'assiégeant , après s'être établi au pied de la muraille , était parvenu , après de longs efforts, au moyen de la sape ou des machines, à la percer , il trouvait , derrière la maçonnerie ,
502 CHATEAU D ARQIFS.
la masse compacte du terrain naturel, dans laquelle il était comme enseveli.
Les salles du rez-de-chaussée servaient , date* les derniers temps, et probablement plus anciennement encore , de ; magasins , de dépôt d'armes et de munitions. L'étage supérieur était réservé, sous la domination normande , et même Intérieurement , à la résidence du vicomte d'Arqués, qui était en même temps le capitaine du château C'est là qu'habitait également le roi lorsqu'il venait visiter sa forteresse royale , comme étant la partie la plus forte, la plus sure et en même temps la plus importante du château. L'appartement royal occupait le côté de l'est. Nos anciens comptes manuscrits du xiv' siècle nous y parlent de là Ghanibredu roi , de la Salle du roi , de la Garde-robe j de la Dépense , de la Cuisine du roi. C'est là qu'ont dû résider les ducs de Normandie Guillaume4e*
1 Ce ne fut que sous la domioation française , beaucoup pin*
tard et à une époque <>ù le château d'Arqués aiait |K*rdo une partie de son importance militaire , que Te «ou»eme<ir du efcàteaa descendit du donjon pour occuper une uabiUtiou particulière, était adossée contre la grande courtine de l'oue»t d* l'cneelnte principale.
LE DOXJOX. 305
Conquérant j Henri l son tils , (Geoffroy Plantagenct, Henri 11, Richard-Cœur-de-Lton, Jeansans -Terre, lors de leur séjour au château d'Arqués. Les rois de France , parmi lesquels nousciteronsparticulièrementPhilippe-Auguste, Philippe-le-Hardi , Charles V, Louis XI , Charles VIII, François I, ont du l'occuper à leur tour. Henri IV y coucha le soir de la bataille d'Arqués. C'est au-dessus de la voûte de la chambre du roi, sur la plate-forme du donjon , qu'avait grondé le canon qui décida du gain de la bataille H fut doux pour Henri IV de s'endormir à l'odeut» de la poudre voinie par le canon qui avait mis Mayenne en fuite.
La chapelle du donjon était contiguè à l'appartement du roi. Son autel devait être tourné à l'orient, suivant l'usage consacré et que le christianisme avait emprunté a l'antiquité païenne. Rien ne nous indique, dans l'état actuel des ruines, la position réelle et la forme dé cette chapelle; aussi est-ce à des documents
> f'vir le plan à vol d'oiseau de la bataille , pl. VI.
3*U CFIATEAU D'ARQITES.
écrits que nous empruntons le simple renseignement que nous donnons ici. 1
C'est dans la même partie du donjon , vers l'angle nord-est de l'édifice , que se dessine la vis en pierre de l'escalier, qui donnait accès du premier étage à la plate-forme. Là, il était coiffé, jadis, d'une tourelle revêtue en plomb: cet escalier était pris à même la muraille. Nous ne pensons pas que ce soit sans dessein que cet escalier ait été placé au point de l'édifice le phis éloigné de l'escalier extérieur donnant accès dans le donjon. Nous voyons là la suite de ce système , de cette savante combinaison , qui tendait à rendre l'accès du donjon et de ses diverses parties plus difficile à l'attaque , et à multiplier ainsi les moyens de retraite et de défense.
Les chambres superposées, que l'on remarque dans l'épaisseur de la maçonnerie, auprès de l'escalier (Pl. XJ1 ; pian et profil en A B), sont supportées extérieurement par une large et
' Si l'on M'en rapportait au .souvenir fie quelques \\v i liant* du |M>* . I.i chapelle aurait i l té plarée dans l'autre j-Ate" du donjon.