‹ Histoire du château d'ArquesChapitre 15 sur 141 · TROUBLES EN NORMANDIE · texte numérisé non relu

TROUBLES EN NORMANDIE

se mesurer avec un adversaire plus redoutable encore , le fameux Geoffroî Martel. Le héros angevin fut forcé de convenir qu'il n'existait pas sous le ciel un chevalier qui fût l'égal de Guillaume 1 . Mais c'était dans sa propre familh; que celui-ci devait trouver ses ennemis les plus perfides et les plus acharnés.

Nous avons dit plus haut (page 4 ) > que le duc Richard I avait donné le comté d'Eu à son fils naturel Godefroy. Le petit-fils de ce dernier , Guillaume, dit Busace , cousin du duc Guillaume , réclamant pour lui-même la couronne ducale, commença, disent les historiens normands , à lever la téte a , et ne tarda pas à se mettre en pleine révolte (1049). Le fier Bâtard fut plus prompt encore à le mettre à la raison ; il vole au château d'Eu, s'en empare, et jette le malencontreux prétendant en exil. Il alla mourir en France.

Cette levée de boucliers n'était que le pré-

' • Parem coiuiti Normannorum cquitem sivc militent sub « cœlo uulluui dcgcre. » — Guillaume de Poitiers , p. 180.

* •< Ducat uni volcns *tbi vindicare , cœpit cervicem crigerc. » — Guillaume de Juraiégcs, liber vil , cap. 20.

Inde à une prétention du même genre, mais plus sérieuse, et qui devait coûter à Guillaume plus de soucis et d'efforts. Ici le château d'Arqués va jouer un rôle.

Le duc Richard II , en mourant , avait laissé quatre fils; savoir: de Judith sa première femme, Richard III et Rohert, qui lui succédèrent; et de Pavie sa seconde femme, Guillaume, depuis nommé Guillaume d'Arqués , et Manger , qui fut archevêque de Rouen.

Richard III ayant succédé à son père, fit bientôt place à son frère Robert , qui monta sur le trône ducal , pour en descendre , à son tour , quelques années après, en io35. L'année même de sa mort, à défaut de postérité légitime, Robert avait fait reconnaître, ainsi que nous l'avons dit plus haut , dans l'assemblée de Fécamp , son fils Guillaume-le-Râtard. Sa mort suivit de trop près cette déclaration , et le droit du jeune duc n'était pas assez enraciné et assez évident, pour qu'elle ne rencontrât pas des contradicteurs , surtout dans les personnes intéressées. Les fils du second lit de Richard II, Guillaume et Manger, étaient naturellement du nombre. Si leur

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