‹ Histoire du château d'ArquesChapitre 20 sur 141 · PRÉPARATIFS DE DÉFENSE · texte numérisé non relu

PRÉPARATIFS DE DÉFENSE

avait bâtie lui-même avec tant de soins et de peine 1 , ne craignit pas de se mesurer avec le vainqueur du Val-des-Dunes. Cependant, le château d'Arqués se remplissait de soldats, d'armes , de machines , de provisions de toute espèce de guerre et de bouche; de nouvelles fortifications étaient ajoutées à ses remparts déjà si solides et si redoutables. Le comte présidait lui-même à ces préparatifs, à ces travaux; il était partout , ardent , terrible , respirant la guerre et la vengeance ; car , en mettant le pied dans son château , les furies , s'écrie l'historien du duc Guillaume, l'avaient embrasé de tous leurs feux. *

Non content de se préparer à une défense désespérée derrière ces formidables remparts , si on osait l'y attaquer, Guillaume d'Arqués avait soulevé et armé tout le comté de Talou. Les chevaliers qui s'étaient rangés sous sa bannière, à la tète d'une soldatesque effrénée, pour braver le duc, se répandirent bientôt au-delà

• * Quam operosissimè construxit. » — Guillaume de Poitiers, p. 184.

J « Mox acriores intromissum furiae inccndunt. ■> — Idem, ibid.

as CHATEAU D'ARQUES.

des limites du comté, mettant à contribution et au pillage les populations épouvantées. Ia terreur se répandit jusqu'aux portes de Rouen. Un seul chevalier du pays , fidèle à son serment et au sang qui coulait dans ses veines , car il comptait le duc Richard II pour son aïeul *, Richard de Heugleville , seigneur d'Auflai, ferma les portes de son château à ces bandes révoltées ; il osa leur résister. Son gendre Goisfred , fils de Turchetil de Neufmarché , combattait avec lui. Hugues de Moriomont, frère de Goisfred , qui avait pris courageusement les armes pour voler à leur secours , paya son dévouement et sa témérité de sa vie. Enveloppé tout-à-coup par les soldats de Guillaume d'Arqués , après s'être défendu vaillamment, il tomba percé de coups. 9

Le duc Guillaume était au fond de la Basse- Normandie, dans le pays de Coutances, lorsque ces nouvelles arrivèrent jusqu'à lui. A l'instant même, sans écouter l'avis de ceux qui l'en

■ Son Krand-pèr* Guilbcrt «Tait épousé une fille naturelle d< Richard 11.

» Orderir Vital , liber fi . p. fif*.

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