NOUVEAU BLOCUS DU CHATEAU
« au Ponteaudcmer, et où cheval lui failloit en « prenoit ung aultre ; et ala passer Seine à « Caudebec 1 , et d'illec à Vaulx-le-Comte 9 , et « puis à Arques. De ses gens n'y ot homme qui « le peust suivre, car il n'y mist que du jœudy « dîner jusques au vendredy au soir. » 3
Le duc Guillaume ayant été rejoint par ses chevaliers, qui furent moult émerveillés de sa diligence, car il avait fait, dans ce court laps de temps, soixante-quinze lieues, jura tout haut, ajoute le choniqueur, qu'il ne partirait point de devant Arques sans avoir le château, ou qu'il y mourrait. S'il fit le serment, il le tint. Les lignes du blocus furent à l'instant renforcées, ou tout au moins rétablies ; de nouveaux corps de troupes furent ajoutés au premier corps d'observation. Une armée était devant Arques ; le duc Guillaume l'animait de sa présence. Dé-
' Par Vattevillc , ajoute une autre chronique.
* Baons-k;Cotiite , auprès d'Yvctot et au nord de cette ville.
3 Chronique manuscrite de Normandie.
\a rapidité de la marche du duc Guillaume, lors de ce second voyage , racontée par la Chronique et par Robert Wace , doit peut-être s'appliquer au premier. Il est probable qu'il y a ici confusion.
cidé à prendre les assiégés par la famine, et comme assuré du succès, il était là tranquillement , rapporte son historien , comme à une fête ».
Elle dut être nn peu troublée par les injures et les quolibets que les Arquois, du haut de leur citadelle , lançaient au fier Bâtard. Au siège d'Alençon , on lui avait crié du haut des murs : Lape/ , la pal al patttonier! La peau , la peau au pelletier* ! par allusion au quartier des pelletiers de Falaise qu'habitait la famille de sa mère , et au métier qu'elle y exerçait. Le mot avait fait fortune. Les Arquois le lui jetèrent de nouveau à la tète : La pia ! la pia ! La peau ! la peau ! lui criaient-ils 3 . On ne dit pas si Guillaume, rouge i\r colère, comme au siège d'Alençon , jura par
' « Qualitcrotium aliquod jocundum cclebrari solet. » — Guill. de Poitiers , p. 185.
» Robert Wace.
1 lia la pia ! Il a la pia ! crient encore , de nn» jour» , dan* Arques et a Dieppe , le» enfants , lorsqu'ils poursuivent de leurs buées un ivrogne ou quelque misérable vagabond , dans les rues. ( Voir Promenades autour de Dieppe , 18.18 , p. 36. ) — Ce souvenir traditionnel nous a autorisé sufllsuminent , je peu*: , à prêter aux assièges d Arques le lion uiot des assiégés d'Alençon.