FAMINE DANS LA PLACE
la splendeur de Dieu ( c'était son juron favori ) , qu'ils le lui paieraient.
Cependant, la faim commençait à se faire sentir dans le château. Aux cris , à l'humeur joviale des assiégés , avaient succédé le silence et rabattement. Des messages furent envoyés au roi de France pour lui faire connaître la position du comte d'Arqués et des soldats français qu'il avait introduits dans la place ; on le pressait de leur porter secours et de sauver le comte une seconde fois. Le roi Henri , soit que la présence du duc Guillaume devant Arques lui fit envisager cette expédition sous un jour moins favorable que la première , soit qu'il fut détourné par d'autres desseins , se montra sourd h ces instances ; les prières réitérées du comte d'Arqués et de l'archevêque de Rouen restèrent inutiles.
Guillaume d'Arqués put , dès-lors , calculer le moment où lui, sa femme , ses enfants , les chevaliers qui l'avaient suivi, les soldats du roi de France, allaient tomber à la merci du vainqueur irrité. Ce moment ne pouvait être éloigné. « Il « reconnaît enfin , avec angoisse, dit Guillaume « de Poitiers , que l'ambition d'enlever sa prin-
o cipauté à son seigneur est une mauvaise con- « seillère; que violer son serment et sa foi est « une iniquité et presque toujours un malheur; « que le mot de paix est doux et flatteur, et la « chose plus agréable et plus salutaire encore. ; « il est tout le premier à blâmer son trop audace cieux dessein , sa résolution insensée , sa cala- « miteuse action. » 1 Ces réflexions étaient un peu tardives et dictées , dans tous les cas , par la nécessité. \jt duc Guillaume ne s'y montra pas pourtant entièrement insensible. Des ouvertures lui ayant été faites par le comte , il consentit à lui accorder les membres et la vie sauves*, ainsi qu'à la garnison. Guillaume d'Arqués devait rendre immédiatement le château, et se livrer, du reste , à la discrétion du vainqueur.
En vertu de cette convention , les portes de la citadelle furent ouvertes 3 . On en vit bientôt
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» « Vit* et mernbrisrc*< rtntis. » — Guill. de Ma!mc*hury, I. m.
' Cet événrnnnt eut lieu en in.i » Mon savant confrère et ami M. Auguste l.cprevost , suppléant au silence des bistoriens normand*, a très liirn établi eette date dans ses notes sur le fi >mnn tle Hou ( voir t. il , page» y et I i ) ; nous y renvoyons le lecteur.