ROBERT-LE-DÏABLE A ARQUES
Robert , après s'être livré à toute la perversité de son caractère infernal , tourmenté , ivre de ses excès , de ses fureurs , de ses crimes , ne sachant plus à qui s'en prendre , dans sa rage , apprend que la duchesse de Normandie, sa mère, est au château d'Arqués. Il veut pénétrer le fatal secret de sa destinée ; il y vole , il entre , l'épée nue à la main , les yeux enflammés ; tout fuit à son aspect. Sa mère seule se présente devant lui. Ce monstre si furieux, si sanguinaire, un mot de sa mère le désarme ; la voix de sa mère l'a attendri , la raison et la vertu ont repris sur lui leur empire, il reconnaît ses fautes , et tombe à ses pieds.
Voici de quelle manière Fauteur du mystère qui porte le nom de Robert-le-Diable , a retracé cette scène , qui , si ce n'est pour la forme , pour le fond du moins , et pour la beauté et le pathétique de la situation , n'a certainement pas son égale dans le libretto de l'opéra moderne :
Robert.
Dieu gart amis , dy, sanz séjour (détour) , Où va ce chemin que tu tiens ?
C est , je demande , dont tu viens Par cv , endroit?
Le Yallet.
Je vien du ebasteau d'Arqués droit»
Sire , où diner doit la duchesse ; Pour elle y a de gens grant presse , Je vous promet.
Robert.
Et secs tu sv le duc y est ?
Di , chier compain.
Le Y allet.
Il ny est pas , j'en suis certain.
Il s'en est alea en rivière ; Mais il y revenra arrière , Jà sur le tari.
Robert.
Bien. A Dieu , amis , qui te gart î Et je la voie ne fiueray Tant qu'à ma mère parlcray Comment qu'il voisc.
Premier. Kscliee a i.a Duchesse.
Richarl , nous aurons partant noise Je voy venir vestn de fer Robert , c'est un diable d'euier ISon pas un homme.