OSMOND DANS LES CACIIOTS D'ARQUES. H
rouche Osmond. Henri le fit conduire au château d'Arqués , et , là , il fut plongé dans les cachots souterrains, comme il le méritait, «ut meruerat», les pieds et les mains chargés de fers , jusqu'à ce que la querelle des deux rois fût apaisée. 1
Henri I , qui avait dû son salut , dans les longues luttes qu'il avait eu à soutenir, à la résistance de ses places fortes , parmi lesquelles il comptait, en première ligne , pour les marches du midi , Falaise , Coutances , Bayeux , Séez , Caen , et , pour celles du nord , Fécamp , Lillebonne, Arques,* sentit l'importance d'entretenir et d'augmenter leurs fortifications. Arques surtout fixa son attention. En Tannée i ia3 , il en solidifia les remparts ; « item castellam , quod « vocatur Archas , turre et mœnibus mirabiliter Jir- « mavit. * 3 C'est à cette ancienne reconstruction qu'appartiennent , en partie , les ruines encore existantes du château d'Arqués.
* « Archas releva tas est, ibique , ut roeruerat, usqae ad concor- « diamrcgum ferreis compedihuset vinculb constrictus est. >» — Orderic Vital , l. xn , p. 855.
» Ibid. , p. 851.
3 Robert du Mont , Recueil des Hist. de France , t. xm , p. 28.'>.
Itt) CHATEAU D'ARQUES.
Un des plus redoutables ennemis de Henri I , le comte de Flandre Baudouin, était mort, comme nous lavons raconté tout à l'heure, pour avoir mangé, étant blessé, une oie accommodée à l'ail. Henri, bien portant, mourut pour avoir mangé une lamproie 1 ; c'était finir d'une manière peu héroïque. A la première nouvelle, de sa mort (n35), Etienne, comte de Boulogne, passe la mer et se fait couronner roi par les prélats et les barons anglais. Geoffroy Plantagenet, qui avait épousé la fille unique de Henri, l'impératrice Mathilde, entre en Normandie à la téte des Manceaux et des Angevins , s'empare de Rouen et y ceint l'épée ducale. Etienne, qui ne se contentait pas du royaume d'Angleterre (que Geoffroy Plantagenet lui disputait de son coté aux droits de sa femme Mathilde et qui prétendait recueillir la succession tout entière de Henri I, débarque en Normandie. 11 y avait des partisans. Tout prétendant , d'ailleurs, était sûr de trouver, sur cette terre belliqueuse et inquiète , des éj^i^ toujours prêtes à sortir du fourreau pour lui.
' Iknu la fon t de L>oiis . où il était allé diaucr.