ARQUES LIVRÉ A PHILIPPE-AUGUSTE
t-il pour qu'ils fussent livrés à Jean-sans-Terre , au lieu de l'archevêque de Reims, les trouvant sans doute beaucoup mieux , pour lui-même , dans les mains de Jean , que dans celles, de ce dernier.
Philippe- Auguste avait calculé juste : le château d'Arqués ne tarda pas à passer des mains de Jean-sans-Terre entre les siennes. En effet, nous voyons cette citadelle comprise parmi celles qu'il était libre à Philippe-Auguste de fortifier, de détruire ou de brûler 1 , durant la trêve d'une année qu'il conclut, à quelque temps de là ( le a3 juillet 119,4), avec Richard-Coeur-de-Lion enfin libéré de ses fers ; preuve que le château d'Arqués était alors en sa puissance.
La trêve dont nous venons de parler, ayant été rompue au bout d'un an , jour pour jour , la guerre se ralluma entre les deux monarques. La première pensée de Richard-Cœur-de-Lion se tourna vers le château d'Arqués. 11 ne pouvait se faire à l'idée de voir cette belle forteresse, le boulevard de la frontière septentrionale de
1 Roger de Hoveden , p. 422.
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la Normandie, aux mains du roi de France ; il partit pour l'investir. Mais le vainqueur d'Acre devait échouer devant la vieille citadelle normande. Personne ne s'en était encore emparé de vive force , il est vrai ; mais résister à Richard-Cœur-de-Lion, ce n'était pas médiocre ■honneur!
Richard avait déjà tenté plusieurs assauts (ny5), lorsque Philippe-Auguste , qui sentait toute l'importance de cette possession , ayant rassemblé en toute hâte ses barons, chevaliers nés en France et hardis en prouesse , disent les Chroniques de Saint-Denis , se porta sur Arques à la téte de six cents d'entre eux , fondit sur les lignes des assiégeants et les culbuta.
L'affaire fut chaude; le poète et le louangeur de Philippe-Auguste, Guillaume-le-Breton en convient. Les Normands s'étant mis en retraite, un rude combat s'engagea, dit-il, au milieu de la forêt , entre les Français et les cavaliers nor^ mands. Dans la mêlée, le fameux comte de Leicester se précipita sur Mathieu de Marli et lui traversa les deux cuisses de sa lance. Mathieu , malgré sa blessure et le sang dont il était couvert,