SIÈGE PAR PHILIPPE-AUGUSTE
• et de traits, le forcèrent de se tenir à dis- « tance. » 1
Philippe-Auguste , calculant que le siège pourrait se prolonger et que ses approvisionnements, dès-lors, deviendraient insuffisants, donna l'ordre de fréter , dans les ports du Ponthieu et de la Flandre, plusieurs navires, afin que son armée reçût par mer les vivres dont elle aurait besoin.
Jean-sans-Terre , informé de ces préparatifs, écrivit aussitôt le bref suivant à ses amiraux :
a Jean , etc. , à ses barons des cinq ports % etc. « On nous a donné à entendre que le roi de a France fait préparer des navires pour porter « des vivres , par mer, à son armée qui est de- « vant Arques. C'est pourquoi nous vous man- « dons et vous enjoignons, par la féaulté dont
» Page 145. L'expression dont se sert ici Mathieu Paris , « disposais in gyro machinis » , prouve suffisamment qu'il ne parlait point de visu , et qu'il ne connaissait pas les lieux ; il serait impossible d'asseoir des machines de guerre tout autour du château d'Arqués.
* Ces cinq ports étaient en Angleterre. On voit , par une charte de Richard-Cœur-de-Lion , que celui d'Hastings en faisait partie, et qu'il y avait là une station de vingt navires. — Rymer, Fautera , t. I , p. 63.
« vous êtes tenus envers nous, qu'incontinent, « ainsi que vous nous aimez et que nous nous u fions en vous , et ainsi que vous nous avez « promis bon service, vous gardiez la mer de o telle sorte que des approvisionnements ne « puissent lui arriver par mer ; et nous, nous « garderons la terre de telle sorte qu'il ne pourra « en recevoir par terre. Faites et agissez dans « cette circonstance de manière que nous en « conservions une perpétuelle reconnaissance à « vous et à vos héritiers. Si vous rencontriez « en mer nos deux galées (ga/eas) y parlez à ceux « qui les montent, afin que, d'après ce que vous « leur direz , ils avisent à ce qu'il y aura de « plus expédient pour notre honneur.
«Témoin moi, à Rouen, le ai» jour de « juillet (1202). « *
Cependant le siège se poursuivait avec vigueur, lorsque Philippe-Auguste reçut subitement la nouvelle que le jeune Arthur de Bretagne , avec lequel il faisait cause commune , et qu'il avait lancé , en Poitou, contre son oncle
' Hntuit Itttrrarum ftntentium , iii tum Umdinmsi , 1. |,p. tj