PHILIPPE- AUGUSTE LÈVE LE SIÈGE
Jean-sans -Terre , venait de tomber entre les mains de celui-ci. Cet événement changeait la face des affaires. Le roi de France lève aussitôt le siège d'Arqués. « 11 s'éloigna en diligence , « dit Mathieu Paris, furieux comme une lionne
• à laquelle on vient d'arracher ses petits. Dans
• sa rage , il renversa, brûla tout sur son pas-
• sage et réduisit en cendres les monastères des
• hommes religieux. » 1
Les chevaliers et leurs servants, qui avaient si bien défendu le château d'Arqués, étaient commandés par Guillaume Cumin ; les arbalétriers, faisant partie de la même garnison, par Jean deSaumur. C'est ce que nous apprennent les Rôles de Normandie, o.ù se trouve consignée en ces termes, sous la date du 1 1 janvier (iao3), l'ordonnance de paiement de l'arriéré de leur solde :
« Le Roi à son trésorier et chambrier de Caen. « Nous vous mandons que , sans délai , vous « fassiez compter à Guillaume Cumin , pour le «service des chevaliers et servants d'Arqués,
' Mathieu Pari» , p. 145.
« 5/17 I. ia s. 3 d. d'Anjou, de notre trésor « d'Angleterre , pour arrérages de leurs distri- « butions , dont nous sommes convenu avec « eux. Faites compter, en outre , à Jean de Sau- « mur , pour le service de nos arbalétriers « d'Arqués, quatre-vingt-dix livres d'Anjou , du « même trésor , pour leurs arrérages et pour « leurs distributions de quinze jours , à savoir « jusqu'au a février, ce jour-là compris. Ttem, a délivrez au susdit Guillaume Cumin , pour le « service des chevaliers à Arques, quatre-vingta neuf livres d'Anjou , du même trésor , pour « leurs arrérages. Témoin moi, à Alençon, le « ii janvier. Par Pierre Desroches, n 1
Un mois environ après, Jean-sans-Terre vint visiter ses chevaliers et ses arbalétriers d'Arqués , comme le prouve la charte qu'il y délivra le il février suivant, pour les bourgeois de la ville «l'Arques , et qui est ainsi conçue :
« Jean , par la grâce de Dieu , roi d'Angle- « terre , seigneur d'Irlande, duc de Normandie , « d'Aquitaine , et comte d'Anjou , aux arche-
• HotuU \ormanni(t , p. 69.
CitARTË POl!R LES BOURGEOIS DARQrES. IS5
véques, évèques , abbés, comte», barons, justiciers, vicomtes, baillis et à tous ses ministres et fidèles , salut. Sachez que nous avons donné, concédé et confirmé , par la présente charte , à nos chers et fidèles bourgeois d'Arqués, qu'ils puissent, en liberté, sécurité, et sans empêchement , aller et revenir par toutes nos terres et faire le négoce avec toutes leurs marchandises , et que eux et leurs héritiers , pour toutes les choses qu'ils achèteraient, vendraient ou feraient transporter par tous nos domaines, soient quittes de toute coutume à nous appartenante, sauve la liberté de la cité «le I^ondres, saltxi Ubrriate cwitatis bondoniœ. ) C'est pourquoi nous voulons et fermement ordonnons que les susdits bourgeois d' Arques et leurs héritiers après eux , aient et tiennent ladite quittance et liberté, bien et en paix , librement et tranquillement et honorifiquement . comme d est susdit. A ce, témoin* , Baudouin comte d* Vum.dc, Hugues de (tournai , (lerard de Furnival , (iarin lils de (lemld, (imll.iunie de Tamarville chambellan du roi, (.uill.uime de Mortetn-r, Jor-
154 CHATEAU D'AlQUES.
« dan de Satiqueville, Guillaume de Truble- « ville , Pierre de Sokes , Richard de Reviers.
« Donné par la main de Hugues de Wel
« à Arques , le a i février , l'an de notre règne « le 4 e - » 1
Les forestiers du roi, pendant son séjour à Arques, vinrent lui porter plainte contre les gens de l'archevêque de Rouen Gautier-le-Magnilique , qui avaient pris , dans la haie d'Arqués , deux cerfs et deux truies. L'archevêque de Rouen, mandé à la Cour du roi, dédaigna d'y comparaître. Tout autre , à coup sûr , eût payé cher son refus et l'audace de ses gens ; mais celui qui avait tenu tête à Richard-Coeur-de- Iion \ n'était pas homme à ployer devant Jeansans-Terre : les forestiers en furent pour leur plainte, le roi , pour ses deux cerfs et ses deux truies.
Cette même année ( i ao3) , le roi Jean confia la garde du château d'Arqués a ad castrum nos-
' Ordonnances des Aot.% de France , t. IV , p. 89©.
• On connaît II » ilAuélfe «le crt archevêque a* ec le roi Richard. ' oit notre Uutotrt dm Chéteam (, ailla rd.