LETTRES PATENTES DE LOUIS XI
« chascun an , c'est assavoir , l'une le jour de ■ Saint-Barnabé ou moys de juing , et l'autre le
• jour Saint-Vincent ou moys de janvier », mais « obstant ce que audict jour de samedi , se « tiennent marchés au bourg d'Envermeuil et < en la ville de Dieppe , où il n'y a de distance « que de lieue et demye jusques audict lieu « d'Arqués , leur dict marché est comme aboli , « et n'y affluent que très peu de gens , ne pa- «• reillement à leurs dictes deux foires, pour « ce qu'elles ne durent, chacune, que ung jour « seulement ; et pour ce , nous ont humblement « fait supplier que , attendu que grant partie des
• maisons de la dicte ville ont esté , par acci- « dent de feu , puis naguaires , arses et brûlées ,
• et ce qui en estoit demeuré, destruit , et ne se « peult la dicte ville remectre sus sans grant
• frequentacion de peuple, qui se peult plus aisé-
• ment faire au moyen des dictes foires et mar-
• chés que autrement ; actendu aussi que, au jour « de lundy ne se tiennent aucuns marchés près
» C'étaient ces mêmes foires qui leur avaient été accordées par Charles V , en 1376. ( Voir plus haut , page 174. )
• dudiet lieu d'Arqués, ausquels ledit! maivlté
• puist nuire, il nous plaise leur octroyer cjue ■ les dicts marchés il/, puissent d'oresnavant faire « tenir audict jour de lundy , et avec ce leur oc-
• troyerque chascune des dictes deux foires dure
• par trois jours entiers, et que tous les mar- « chans qui y fréquenteront marchandement ne
• puissent en icelles estre constrains , arrestés
• ne empêchés pour quelque debte ou obligat ion <« en quoi ilz pourraient estre obligés , excepté
• pour noz debtes , et pour ce qu'ilz jwMirronl
• avoir vendu et achecté durant les dicts trovs
• jours , ès dictes foires seullement , et sur ce « leur eslargir et impartir nostre grâce. • 1
Louis XI accorda aux manants et habitants d'Arqués tout ce qu'ils demandaient. Leur ville ne se releva pas beaucoup plus, pour cela, de l'état d'abandon et de dépérissement dans lequel elle était tombée. Les Arquois remarquaient déjà que le voisinage de Dieppe leur était préjudiciable, et ils s'en plaignaient; mais ils se trompaient , comme cela arrive presque toujours
• Oninnnnnces des Hots de France , t. XVII, p. 109.