ORIGINE D'ARQUES
s'autoriser du nom de rue de Borne, que porte encore le chemin qui, dans Arques même, conduit à ces ponts , et de la présence de médailles antiques qu'on rencontre à leur débouché, de l'autre coté de la vallée. Quoi qu'il en soit , au surplus , de cette opinion , que nous n'oserions garantir, leur existence a dû précéder celle de la ville d'Arqués , puisque celle-ci leur doit son nom. Une circonstance semblable donna naissance à celui d'une autre ville de Normandie, le Pont-de-l'Arclie, «Jrc/iœ, Pons- Archarum*, dont le pont, au sud de Rouen, donnait passage sur la Seine. Nous ferons remarquer, à ce propos, que la similitude d'origine et de nom a fait souvent confondre ces deux villes, et jeté les modernes dans de fausses interprétations des textes anciens. Il nous suffira de citer Adrien de Valois , dans sa Notice des Gaules, et Toussaint Duplessis, dans sa Description de la Haute- Normandie.
Si la ville d'Arqués a toujours servi de capitale au pays de Talou, ce qui nous paraît hors de doute, l'existence de cette ville , en renonçant même à lui reconnaître une origine romaine r
remonterait à une assez haute ancienneté. S'il en était ainsi, nous serions cependant forcé de convenir qu'elle n*a joué qu'un faible rôle dans l'histoire, ou qu'elle aurait été long-temps négligée, comme tant d'autres, avec ou sans dessein , par la plume des annalistes ; car son nom n'apparaît, pour la première fois, d'une manière certaine, que vers le milieu du x c siècle, en 944* C'est Flodoard qui nous l'a , le premier, révélé
Je sais que nous pourrions, avec quelque apparence de raison, revendiquer pour Arques un souvenir plus ancien , et faire remonter son existence et son nom jusque dans le vin 1 ' siècle. En effet, Pépin , dans un diplôme de l'an 75o, donné en faveur de l'abbaye de Saint-Denis', et confirmé depuis par Charlemagne en 775, après avoir nommé Berneval, du pays de Talon , cite Arques, «/frcas», mais qu'il range dans le pays de Vimeu. ï*a confusion évidente qui règne dans ce diplôme, sous le rapport géographique, puisque ledonatcur, ou les copistes,
' Rri Heil tlrx Historiens rie France , t IV , p. 717.