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Placée sous un entresol, la première petite pièce que nous rencontrons est décorée de façon très originale : encastrés dans la boiserie, de larges cadres renferment des vues en miniature des bosquets de Versailles. Dix-neuf de ces peintures à l’huilemesurent seize pouces et demi dehaut sur treize de large. Ce sont : «le Bosquet de la Salle de Bal ou est représenté Armide couronnant Arnaud de fleurs» ; «la Fontaine des cinquante-deux iets, du lardin de Trianon, auec Mars, Venus, plusieurs Nymphes et enfans » ; «le Bosquet des trois fontaines et Laveuë du château de Versailles auec de petits enfans quiratissent et arrosents;«le Veuêë des fontaines de Neptune Dragon, et cascades ouest présenté Paris, qui donne la pomme d’or à Venus »; « l'orangerie et La pièce d'eau des suisses veuës pardessus le Parterre du fardin de Versailles » ; «la veuë de la fontaine du dragon, et cascades, ou est représenté Appollon, qui tire le serpent Pithon en presence de tous les dieux » ; « la veuë de l'orangerie et du chäteau de Versailles et l’enleuement d’Eleine sur ledéuant » ; « l'entrée du Labyrinthe du lardin de Versailles auec des Nymphes,et des amours,qui prennent des oiseaux aux filets» ; « l’entrée du Cabinet du Labyrinthe du lardin de Versailles,et Dianne, assise accompagnée deses Nymphes »; « l’arc de Triomphe auec ses piramides et le triomphe de lamour» ; « le Bosquet des trois fontaines veuë de front et Venus qui fait exercer les amours detirer de L’arcet des Nymphesquifont des festons de fleurs » ; « l’entrée de L’arc de Triomphe ou paroist la france Triomphante etle sujetletriomphe de l'amour»; puis viennent « La Gallerie d’eau » ; «Le chaine Vert»; «Lancelade » ; « L'Entrée du Theatre » ; « L’Estoile » ; « La Colonnade ».
Deux autres peintures de forme ronde et mesurant un pied deux pouces de diamètre sont placées en dessus de portes ; l’une représente « les deux bassins et les lets d’eau du parterre de Versailles, ou est peint pour sujet Lapoteose de
Venus »; et l’autre « Lisle Royale, et les lets d’eau et pour sujet zephir etflore ».
Ces vingt et un tableautins sont l'œuvre de Cottelle, qui entreprit de les exécuter en 1688 probablement. Sur l'ordre du loi, le même artiste avait peint vingt et un tableaux semblables, mais à une échelle supérieure, pour la galerie de Trianon (1).
La pièce suivante est une chambre dont la cheminée est décorée d’une peinture octogonale, probablement copiée sur le concert pastoral de Giorgione par un élève de l’Académie de France. Les dessus de portes sont de Monnoyer et représentent des fleurs.
A cette pièce succède une autre chambre (2). L'on y voit deux dessus de portes de Monnoyer figurant : «une cuvette d’or remplie de fleurs, comme pavots Lys et autres. Le tout orné d’une corniche d’archictecture et d’un tapis bleu brodé d’or »et « une cuvette d’or remplie de différentes fleurs posé sur un piédestal couvert d'un tapis verd galonné d’or».
Cette piècecommunique avec un cabinet (3), où se trouvent deux dessus 4e portes, l’un à fleurs, l’autre à oiseaux. Les boiseries enserrent deux grands panneaux peints représentant, le premier, Adam et Eve, le second, les animaux du paradis terrestre. Deux pastorales d’un maître inconnu complètent le décor.
De ce cabinet, l’on passe dans une pièce (4) ornée, une fois encore, de deux peintures à fleurs de Monnoyer formant dessus de portes. Une copie de la Sainte Marguerite de Raphaël domine la cheminée.
L’Appartement des Berceaux se termine par un grand cabinet d'angle à quatre fenêtres : deux d’entre elles ont vue sur le village et les deux autres sur le parterre. La porte principale est surmontée d'un tableau floral,et la cheminée d’une copie, due probablement au pinceau d’une élève de l'Académie de
France et figurant des « musiciens jouant de diuers instrumens » d’après le Dominiquin.
Ce beau cabinet d'angle communique par une petite pièce sise sous un entresol (5) avec la chambre de Mme de Louvois. Placée au midi, cette dernière pièce regarde le parterre de ses deux baies et est ornée avec la plus exacte symétrie : au-dessus de deux portes et de deux fausses portes sont placées quatre peintures de fleurs de Monnoyer ; puis, dans le trumeau de la cheminée et dans celui de la fausse cheminée, deux tableaux semblables, mais de grandes dimensions, se font vis-à-vis.
La vaste antichambre qui relie la chambre à coucher de la marquise au grand vestibule comprend deux dessus de portes à fleurs par Monnoyer.
De l’autre côté du vestibule, l’antichambre de l’appartement de Louvois s’éclaire par deux fenêtres sur la cour et deux sur le jardin. Au mur se voient deux grands et deux petits panneaux de peinture : les deux petits ont pour sujet, l’un « un combat de chiens »et l’autre « une chasse au renard» ; les deux grands représentent : le premier «un valet de chiens à cheval qui conduit une Meutte » le second « une chasse au cerf ». Toutes ces toiles sont vraisemblablement l’œuvre de Desportes. Deux inévitables dessus de portes à fleurs par Monnoyer complètent la décoration.
De cette pièce, l’on accède à la chambre à coucher de Louvois où se trouvent, sur la cheminée, la copie d’une Vierge du Titien, et, au-dessus des deux portes, deux peintures florales de Monnoyer.
La pièce suivante, un cabinet d’angle, est ornée d’un portrait du marquis del Guasto, d’après le Titien.
Quand Louvois acquit Meudon, toute l’aile de l’ouest était
occupée au rez-de-chaussée par les cuisines, offices, etc. Plus tard, Louvois en fit de modestes logements pour ses subalternes.
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Revenons donc sur nos pas jusqu'au grand vestibule, salle carrée de la plus noble ordonnance, avec ses douze grandes colonnes de marbre jaune, ses deux niches, ses baies, sa porte d’entrée sur la cour, ses trois portes-fenêtres, fermées de grilles, elles aussi, sur le jardin. Comme nous l'avons dit précédemment, les deux révolutions de ce magnifique escalier se rejoignent au deuxième palier, et un degré unique conduit à une entrée monumentale flanquée de deux colonnes en marbre de Sicile. Cette porte donne accès au Salon du chàteau (6), pièce immense, à deux étages et à coupole, appelée aussi Salon Ovale ou Salon des Maures. Trois portes-fenêtres ouvrent sur un large balcon d’où l’on domine les parterres ; deux baies latérales et cinq fenêtres percées dans lattique complètent l'éclairage. Sculptures et peintures contribuent à la décoration de la salle. Dans l’attique, du côté opposé aux fenêtres, sept panneaux de un mètre quatre-vingt de long sur un mêtre quatre-vingt-trois de haut sont garnis par Monnoyer de somptueuses peintures florales. Celles-ci représentent :
« Un vase d’or à anses rempli de roses de différentes couleurs, pavots et Tulipes posé sur une plinthe couverte d’un tapis violet à fleurs d’or, le fond du tableau est un ciel».
« Un vase maniere d’agathe à gaudrons dont les anses sont d'or, remply de toutes sortes de fleurs, il est posé sur un apuy de marbre enrichi d’un bas relief, un tapis derriere brodé d’or avec deux perroquets un Bleu, et l’autre jaune, »
« Un vase à goderon d'argent garny d'ornement d’or remply de toutes sortes de fleurs il est posé de même, sur un apui de marbre enrichi d'un bas relief, le tapis derrière brodé d'or avec un perroquet rouge et vert. »
« Un vase en forme de cuvette d'argent remply de toutes sortes de fleurs posé sur un tapis rouge brodé d’or avec un paon et les armes de Mr de Louvois sur La cuuette ».
& Un vase d'or enrichi de têtes de satirs garny de toute
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sorte de fleurs dont un pavot blanc et rouge tombe avec une
de ses feuilles, sur le piedestal, ce vase est posé sur un apui de marbre avec un bas relief ».
«Un vase d’or posé sur &n apui de marbre enrichi d’un bas relief remply de toutes sortes de fleurs avec un paon derrière le vase qui regarde en bas ». |
« Un vase d’or et argent remply de fleurs et posé sur un apui de marbre couvert d’un tapis bleu brodé d’or et doublé de violet ; sur le même apuy on voit un singe qui tient une pesche ».
En avant destrumeaux sont placés douze pilastres ioniques. Entre ces pilastres et au-dessous de la corniche sont peints à la grisaille douze panneaux en trompe l'œil formant frise : ces toiles camouflées au mur sont l’œuvre de Damoiselet et simulent, avec leurs groupes d’enfants, les douze mois del’anñée:
Enfin, à chacun des pilastres de marbre s’adosse un terme sculpté. Ces termes, hauts de six pieds en moyenne et représentant pour la plupart des maures et des mauresques, ont fini par imposer leur nom au salon du château. Ce sont :
« Deux Termes dont les testes sont de marbre noir repñtant deux femmes monté sur une guesne d’albatre grise.»
« Vn Terme dont la teste est de marbre noir monté sur vne draperie d’albatre grise qui couure vne guesne de marbre noir * ».
« Deux testes de marbre noir represent‘ chacune une mauresse ayant vne coquille audessus de la teste auec des perles monté sur une draperie de marbre de s'* Baume couurant le haut de la Guesne qui est de marbre gris veine ».
« Deux termes de marbre gris dont la teste est de marbre noir qui est seing d’un bandeau auec une table en maniere de rubis Et une draperie de marbre d'Egypte En echarpe couure le haut de la guesne * ».
* Château de Compiègne.