‹ Histoire du Château de MeudonChapitre 18 sur 187 · PT S · texte numérisé non relu

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Les jardins d'agrément de la vallée ont une clôture qui leur est spéciale, d’où leur désignation fréquente de Petit Parc (7). La muraille prend naissance à la petite orangerie ; elle épouse le contour en zig-zag de l'hôtel Courtin et des jardins potagers du village, passe tout auprès de l’église, englobe la futaie d’Artelon, borde le domaine de Fleury, puis sépareles parterres bas des prairies du Val ; elle s’incurve en deux ressauts derrière la Pièce de M. Le Nôtre et le bassin de la Demi-Lune. A la rencontre de la Percée de Trivaux, le mur fait place à la Grille d'Eau ; il reprend ensuite et rejoint la terrasse du parc auprès de la grotte. C’est là qu'il englobe, en dernier lieu, un des parterres hauts dont le dessin de Pérelle nous révèle la création. Ce parterre, qui occupe une saillie du plateau en pendant, au parterre des Berceaux de l’autre côté de la grotte, jouit d’une des plus belles vues du domaine et comprend, avec un bassin circulaire, une série de pièces de gazon bordées d’arbustes et de fleurs {intitulé ultérieusement : Parterre du Gladiateur, Parterre du Globe, et au xix° siècle, Parterre des Tourniquets).

Les jardins hauts sont la dernière création de Louvois à Meudon : dans la vue dessinée par Pérelle, ils ne sont pas encore arrivés à l’état définitif. D’accès facile, ils semblent faits pour les promenades en calèches, tandis que les jardins bas, sans aucune entrée carrossable, ne sont destinés qu’aux seuls piétons

Le tracé des jardins hauts commence avec ces grandes allées que Servien a percées à travers le bois. La plus belle est cette longue voie (appelé plus tard Allée du Gladiateur) qui, par la futaie de Trivaux, prolonge la promenade des terrasses hautes jusqu’au rond-point final, d’où l'on domine toute la forêt. L’Allée Dauphine part de la grotte, à laquelle elle est perpendiculaire : elle retrouve à la Porte Dauphine, au-dessus de Sèvres, la grand’route pavée qui relie Versailles et Paris.

Devant la grotte, d'une demi-lune sablée à grand jet d’eau, le Dez, partent en rayonnant dans des directions différentes les Allées de l'Etoile, des Cloîtres et de la Chesnaye. Du pont, qui fait communiquer les salons du château avec la terrasse du parc, partent encore trois allées : l’Allée Sauvage, un autre chemin qui réjoint l'allée Dauphine etenfin une dernière allée, qui dirige les promeneurs vers l’étang des Fonceaux.

L'aménagement du plateau est conçu sur deux modes très distincts ; dans le voisinage du château et de la grotte, des bassins accompagnés de parterres et de broderies, de pièces de gazon et de charmilles ajoutent à l'agrément des abords de la demeure ; dans la futaie, de nombreuses allées aboutissent à des ronds-points qu’égayent des bassins.

Contre le château, entre la Cour des Offices et les Berceaux, le petit terre-plain rectangulaire relié par trois arches au premier étage du château est décoré d'un étroit parterre en broderies et d’un bassin central circulaire, le Bassin du Pont ou des Marronniers.

Tout contre celui-ci se développe le Parterre de ia Chesnaye, plus tard Parterre du Bois, de forme compliquée, avec ses pièces de gazon et ses bordures ; au milieu se voit un grand bassin rond environné de bancs et destatues.

À droite et à gauche du Parterre de la Chesnaye, s'étendent des plates-bandes décorées entourant des bassins de plus petit diamètre ; ce sont : près du château, le Bassin du Bouloy et, près de la grotte, celui de l’'Hermite.

Proche le parterre du Bouloy, un peu plus avant dans les bois, est situé le Petit Bassin de Bel Air ; et, plus loin encore, le Bassin de Bel Air contre la pièce d'eau de ce nom. Dans le dessin de Pérelle, cet étang (fig. 9) apparaît rectangulaire et de petites dimensions ; il porte des barques et est entouré par un terre-plain découvert que la futaie limite sur deux côtés. Louvois, à la fin de sa carrière, tirera de cette belle nappe d’eau, si bien située tout en haut des terrasses, un très noble

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parti. L’étang creusé et régularisé sera entouré de margelles : Il restera de cette époque jusqu’à nos jours dans sa forme allongée, terminée aux deux extrémités par des astragales. À la suite de l'étang de Bel Air, là où finit la terrasse supé-. rieure qui domine de toute sa hauteur le chenil de Louvois et le couvent des Pères Capucins, les visiteurs jouissent d’une vue superbe sur Paris. À leur intention est créée une salle de verdure tournée vers le nord avec bancs et degrés. Très légèrement en arrière est creusé le Bassin de Montafilan dans un bosquet que délimitent des murs de charmille et qui, lui aussi, offre aux visiteurs des sièges de pierre.

En prenant sous bois, on trouve à droite de l’Allée Dauphine, au point de rencontre de plusieurs avenues, un grand bassin circulaire, le Bassin Neuf (dénommé ensuite Bassin du Mail).

Plus loin, voici « les Cloîtres », très grand bosquet qui s'ouvre en pleine futaie. Ce nom lui vient de ses quatre avenues, parallèle deux à deux et qui se coupent à angle droit ; elles sont plantées de grands chênes dont les feuillages en se mariant forment voûte. Au milieu du rectangle ainsi tracé se creuse une pièce d’eau arrondie à jet central. Des deux côtés de ce bassin est dessiné en gazon un ornement circulaire. Les guides anciens, se fondant sur l’âge des arbres, en attribuent la plantation au cardinal de Lorraine. Le bon abbé Boutard {8), armé de plus d’audace encore, écrit à leur propos :

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