‹ Histoire du Château de MeudonChapitre 17 sur 187 · LOUVOIS, LE NOTRE ET LES JARDINS DE MEUDON · texte numérisé non relu

LOUVOIS, LE NOTRE ET LES JARDINS DE MEUDON

Quelles quesoient lestransformations et l'extension nouvelle apportées aux bâtiments de Meudon depuis leur acquisition par Louvois, ces travaux sont peu de chose en comparaison des embellissements du parc.

Jusque-là, le grand défaut des jardins est leur manque d’eau. Servien lui-même n’a pu alimenter à souhait des fontaines aussi importantes que celles de la Grotte. De toutes les belles maisons de France, Meudonest peut-être la plus mal partagée au point de vue de l'irrigation : Louvois se doit d'y remédier.

A Chaville, le père du ministre alimente avec facilité et abondance des bassins, à la vérité fort petits mais très nombreux, grâce aux étangs qui dominent son jardin régulier ; mais, dans le domaine contigu de Meudon, la question se pose très différemment. Au lieu d'être situé dans un repli de terrain, le château se dresse sur le bord d’un plateau escarpé : faire monter l’eau du vallon de Meudon ou de la Seine semble impossible. D'autre part, les étangs compris dans le parc sont de niveau à peine supérieur à celui de la partie haute des jardins ; ils en sont très distants et leur débit menace d’être irrégulier et insuffisant. |

Un exemple s'impose à Louvois : celui du roi, dont les immenses travaux hydrauliques conduisent les eaux detoute une contrée à Versailles, au sommet du Montboron. Le ministre imite, en plus petit, le souverain : il se lance dans un énorme travail de terrassements, création derigoles, de déver-

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soirs, d'aqueducs, deréservoirs, ouvrage d’une grande dépense, mais d’un résultat certain. Si, à flanc de coteau, des vignes s'étagent dans le sable, si le château lui-même tire son vocable des mots celtiques de sable et de hauteur, un peu plus haut encore, sous la terre végétale du plateau, s'étend un lit de glaise suffisant pour retenir les eaux. Etablis dans cette argile, des fossés largement ramifiés vont drainer tout le plateau qui domine Meudon, Chaville et Viroflay d'une part et la vallée de la Bièvre de l’autre : ce sont les rigoles de Gizy, de Montéclin, de la Cour-Roland, de l'Hostel-Dieu de Vélizy et des bois de Porchefontaine (1).

Louvois possède, depuis 1677, une moitié du domaine de Villacoublay dont le chancelier, son père, s'était désintéressé quand, en 1648, il avait acquis le petit château de ce nom. : Louvois y crée l’étang du Loup-Pendu (2), où aboutissent les eaux des rigoles, à moins qu'au gré du fontainier elles n’aillent grossir l'étang de Villacoublay. Ces étangs déversent leurs eaux dans les canalisations du parc de Meudon, soit par la rigole de Trivaux, soit par l’aqueduc du Tronchet. D'un troisième côté, les eaux venant de Vélizy passent par les parcs de Chaville et d’Ursine : le vieuxchancelier, à la prière de son fils, a grevé son domaine de cette servitude.

A l'intérieur du parc de Meudon, les pièces d’eau de faible dimension ont été régularisées et approfondies ; plusieurs ont été agrandies : sauf la Mare-Adam, voisine des murs de Chaville, dont on n’a fait que rendre le tracé circulaire, elles participent toutes au système hydraulique général. L’aqueduc du Tronchet et les rigoles de Trivaux alimentent l'étang du Tronchet ; l'aqueduc de la Grange-Dame-Rose, l'étang de la Fosse-Renault., Deux. moulins à vent construits près de la Réserve-aux-Daims sont destinés à élever les eaux quand leur niveau baisse: grâce à eux, les eaux du Tronchet et de la Fosse-Renault sont transmués au Réservoir-Neuf. Selon l'abondance des pluies, ces mêmes eaux passent directement,

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FIG. 11. — Les jardins de Meudon, l'étang de Chalais, le grand carré et l’orangerie.

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ou avec le concours des moulins, dans l'étang des Fonceaux ou dans l'étang de la Briqueterie dit encore Réservoir-Vieux. Les deux réservoirs, l’étang des Fonceaux et leur réservoir ; l'étang de Bel-Air, fournissent aux jeux d’eau des jardins élevés.

Un autre système hydraulique se développe au sud des jardins de Meudon : il est sensiblement moins compliqué que l’autre cet utilise dés sources nombreuses. Les étangs de la Garenne et de Trivaux alimentent le canal des Truites. Puis, du canal des Truites, de l'étang de Chalais, de l’étang de Vilbon et des sources de la Croix des Courqueux (affleurant entre l'étang de Chalais et le Pont-d’Eau), les eaux affluent aux jardins bas.

Trois ouvrages nous renseignent sur les travaux hydrauliques exécutés à Meudon. Le « Plan des Rigolles et Etangs hors le parc de Meudon, juillet 1695 » {1} traite des canalisations extérieures du domaine. Ün plan dressé par Bourgault en 1689 (3) nous apprend la répartition des eaux. Nous voyons ce bassin ou ce jet d’eau du bassin dépendre de tel bassin situé plus haut, d’autres bassins étagés se commander les uns les autres, et ces transmissions d’eau sous pression varier au gré du fontainier. Enfin, tout le détail de ce vaste système hydraulique, alors quelque peu remanié par le nouveau propriétaire de Meudon, nous est donné dans un petit ouvrage rédigé dix ans plus tard. C’estun « Traité des eaux de Meudon», manuscrit de cent cinquante-trois pages écrit par Nyon, « cy devant Inspecteur a chauille », « contenant La qualité et grosseur des Thuyaux qui conduisent les Eaux aux bassins, Le cours des eaux des sources estangs et reservoirs, La hauteur des jets, La grosseur des ajustages et Souches, La grandeur des bassins La quantité d'Eau des soupapes robinets et clapets qu'il y a à chaque bassins Estangs et Réservoirs ». Cet ouvrage relié en maroquin rouge aux armes du Grand Dauphin, appartient au musée Jacquemart-André.

Placé. en frontispice, un lavis représente une fontaine : deux dauphins crachent l’eau dans un bassin ; une tête de divinité marine, couronnée de roseaux et entourée de lis enfleurs, les surmonte.

Nous ignorons le nom de l'ingénieur qui a ordonné, sous Louvois, ces grands travaux : peut-être les sieurs Denis et Francine, auteurs du système hydraulique de Versailles, les ont-ils dirigés P

Avant Louvois, les jardins d'agrément ne recouvrent à Meudon qu’une très petite fraction du parc : ils sont constitués par le Parterre du Château, qui occupe la partie méridionale de la terrasse ; le Parterre des Berceaux, entre le château et la grotte ; le Parterre de la Grotte, qui s'étend devant cette dernière et se trouve situé à mi-étage entre les parterres hauts et le parterre bas dit Parterre de l'Orangerie. Dans l’axe du château, au delà des Parterres du Château et de l’Orangerie, se voient les deux pièces d’eau mentionnées par les voyageurs hollandais : le Grand Carré, et, sensiblement plus loin, le beau miroir hexagonal de Chalaïis. Une large avenue, l’Allée de Trivaux, prolonge cette perspective à travers la futaie.

Il semble qu’au début de son établissement à Meudon, Louvois ait eu pour l’arrangement de ses jardins un autre conseiller que Le Nôtre, car des plans nous montrent modifiée par Le Nôtre plus d’une pièce d'eau inexistante à la mort de Servien, donc créée par Louvois. Nous ignorons également à quelle date le ministre remercia le fameux jardinier. Saint- Simon (4) veut que tous deux se soient brouillés en 1688, Louvois n’ayant pu pardonner à Le Nôtre de l'avoir, sur l’ordre exprès de Louis XIV, convaincu d’une faute d’architecture commise dans la construction de Trianon. D'autre part, Dangeau note dans son journal (5): « Le Nôtre sur ses fins, avoit eu sujet de se plaindre de M. de Louvois, qui lui avoit préféré Mansart ».

Le Nôtre nous paraît avoir modifié tout d’abord les parterres

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Le parterre du château et les Berceaux.

Fic. 12.

les plus visibles du château, Devant la demeure seigneuriale sont disposés quatre parterres de dentelle autour d’un bassin circulaire ; Le Nôtre leur substitue deux pièces symétriques irrégulièrement découpées (fig 12 et plan de 1689) en bordure de l’allée centrale et accompagnées sur les côtés d’une série de bandes et de petits carrés. Plantés d'ifs taillés et décorés de de fleurs, ces parterres égayent la terrasse sans entraver la promenade. #

Aucune modification n’est apportée aux Berceaux. Avant comme après Louvois, nous voyons les six mêmes pavillons de treillage reliés par des tonnelles de moindre hauteur. Deux petits parterres de gazon et de fleurs et dix bustes placés sur des gaines occupent la demi-lune dessinée par les Berceaux du côté de l’est.

Les abords de la grotte, sur l’uneet l’autre face, sont modifiés par Le Nôtre. Suï le plateau, derrière le salon, il fait creuser un large bassin semi-circulaire à grande gerbe centrale, le Dez. A l’opposite, le Parterre de la Grotte est entièrement transformé.

Du temps de Servien, un bassin rond et un parterre en broderie s’étendaient devant le petit palais de féerie (fig 7). Sans doute, dès son acquisition de Meudon, Louvois a-t-il changé tout cela. Le dessin à la plume de Pérelle (fig 9), en sa scrupuleuse minutie, nous permet de distinguer un bassin rectangulaire et un parterre en broderie bien différents. Ce dernier, d’une étendue très supérieure, occupe la majeure partie de la terrasse : situés latéralement par rapport au bassin se voient deux petits parterres de forme allongée qu’une bande ornementéeentoure, interdisant l'accès du bassin. Les visiteurs sont réduits à se promener dans une allée extérieure fort étroite.

Une fois encore, le Parterre de la Grotte est transformé c'est un des premiers travaux de Le Nôtre à Meudon et certainement aussi l’un des plus goûtés. Il à été reproduit sur

plusieurs planches. Une gravure, quise vendait «A Parischez N. Langlois, rue St lacques avec Privilege », nous montre même un « Quart de Parterre à limitation de celuy qui est actuellement planté deuant la Grotte de Meudon, sur le dessein de M. le Nôtre ». N'est-ce pas là un brevet de notoriété ? (fig. 14).

Ce nouveau parterre (fig. 13 et 15) est beaucoup plus petit que le précédent : avec ses pièces de gazon et de broderie, avec sesifs taillés et ses orangers en caisse, il enserre directement le bassin central, Les motifs ne s'inscrivent plus à plat : le sol est légèrement creusé, et l’on accède par une descente de quelques marches jusqu’à l'encadrement du parterre. Des espaces sablés, diversifiés par des palissades de verdure, coupent l'étendue plane du reste de cette terrasse. Ainsi est ménagé le charme de la promenade, et la disposition en boulingrin permet d’embrasser le dessin du parterre d’un seul regard.

Quelques très légères variantes distinguent les vues du Parterre de la Grotte gravées par Silvestre et par Mariette(fig. 13). Dans la première, l’ouvrage ne semble pas être encore parvenu à son état définitif : aux quatre coins se trouvent des pièces de gazon circulaires avec un petit if central. L'autre

- reproduction nous montre le parterre tel qu’il est indiqué sur les plans de Meudon (plan 3) : les cercles de gazon sont remplacés par des bassins ronds avec jet d’eau.

La gravure de Silvestre, précise jusque dans les lointains, nous laisse apercevoir, au delà des parterres, les lignes arrondies d’un grand bassin : c’est l’'Ovale, une des dernières créations de Louvois; un seul jet d’eau s’en élance. Cette pièce d’eau n'existe pas encore à l’époque où Pérelle dessine sa grande vue de Meudon. Par contre, on y voit sur la gauche l'arrière de l'Hôtel Courtin, et, plus à gauche encore, l'Hôtel de Tourmont. Les futaies basses du parc dissimulent les par-

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terres et les bassins voisins des murs; plus loin, au pied des bois de Clamart, s'étendent de belles prairies.

Les hôtes de Louvois, réunis dans le Salon des Maures, jouissent pleinement des parterres étagés dont les gradins successifs descendent jusqu'aux eaux profondes de l'hexagone de Chalaïis. De ce côté, le regard, guidé par de longues rangées d’épiceas, remonte ensuite dans la direction de Trivaux jusqu’au sommet des bois. Une ingénieuse disposition évite toute interruption à cette imposante avenue centrale : là où le mur du parc devrait barrer la vue, un petit canal intitulé la Grille d'Eau, du fait de dix jets d'eau s’élevant chacun à six mètres trente de hauteur, simule une clôture transparente.

La pente rapide qui, de la terrasse du château et de son avant-cour, descend au village, était précédemment garnie de vignobles entre le mur de soutènement et les jardinets de la paroisse. Le Nôtre néglige ces espaces étranglés et irréguliers ; il y trace seulement uneallée bordée d'ifs, qui mène à la petite orangerie. De l’aile orientale du château, le regard dépasse ces premiers plans sans importance pour contempler les campagnes riantes d'Issy, de Vanves et de Montrouge ou la silhouette lointaine du Val-de-Grâce.

En dehors des parterres limitrophes du château, l’œuvre de Le Nôtre comprend deux parties bien distinctes : les jardins basou jardins du Valet les jardinstracés sur le haut du plateau.

Il est à remarquer que, du château, les jardins bas, masqués par un épais rideau d’arbres, se devinent à peine. Ils sont créés pour servir de but de promenade et surtout de perspective à la grotte. Seuls de ce côté les parterres principaux, les grandes pièces d’eau et l'allée de Trivaux sont dans l'axe du château ; les autres jardins bas sont dans l'axe de la grotte. Cet axe détermine une allée qui va de l'Hôtel Courtin (situé lui-même à-peu-près dans cette ligne) à la colline opposée : des deux côtés de cette allée, parterres et bassins sont distribués d’une façon sensiblement égale.

Les parterres avoisinant le village et figurés sur la droite dans le dessin de Pérelle représentent la moins intéressante partie des jardins bas. Une série d’étoiles,agrémentées chacune d’un bassin à jet unique, se commandent l’une l’autre. Ce sont les Fonds d’Artelon, ainsi désignés, probablement, d’après le propriétaire de qui Louvois les aurait tenus. La Futaie d’Artelon forme un large rideau d’arbres qui isole ces jardins de l’église de Meudon et des maisons environnantes. Plus loin, à l'extrême droite, tout contre le Clos de M.de Tourmont, le Bassin d’Artelon est creusé au bout de l'allée de ce nom ; dans la même allée, se voit le Bassin Rond des Plans Neufs. Un bassin polygonal plus rapproché du village et contigu à un plant de petits arbres en quinquonce est appelé inditféremment : «petit octogone des plans neufs » ou « bassin haut des plans neufs » (6). A égale distance de ce bassin et du précédent se trouve « le bassin du milieu des plans neufs ». Les deux Bassins Carrés des Graviers (fig. 16) se voient encore près de l’allée tracée dans l’axe dela grotte et de l'Hôtel Courtin. Dans cette allée même, sont trois autres bassins :le premier, circulaire, à jet d’eau unique, est dénommé le Bassin de Courtin et compris dans le petit domaine gracieusement attribué par Louvois au vieil ambassadeur (fig. 10) ; un second bassin, de forme carrée au début, sera polygonal à une époque ultérieure ; il est agrémenté d’un jet et d’une gerbe d’eau. C’est le Bassin de la Petite Grotte ainsi appelé d’après une terrasse à balustrade, pilastres et glaçons sculptés,où trois niches se creusent pour contenir chacune une vasque. Enfin, le Petit Ovale d’Artelon est le dernier bassin de l'allée médiane.

Plus variée est la partie des jardins bas située à gauche de la voie centrale. On y rencontre deux bosquets carrés : c’est d’abord la Salle des Marronniers, que décore une vasque à jet d’eau et dont les grands arbres cachent aux promeneurs les jardins de M. de Tourmont. L'autre bosquet (plus tard

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intitulé Salle de Clopéâtre) comprend un bassin hexagonal accompagné de deux vasques, de Cyprès et de diverses pièces de gazon découpé. Ce bassin sera ultérieurement remplacé par F'Octogone de Plomb.

Sur la gauche, le Grand Parterre de Gazon, situé dans le creux de la vallée, à la limite du parc et des prés de Fleury, est la création la plus importante des jardins bas. Les transformations perpétuelles qu’il a dû subir montrent que le roi n’était pas seul atteint de cette « manie de faire et de défaire » dont se plaignaïit le ministre. En premier lieu, ce bosquet est agrémenté de deux bassins. D’assez grande étendue et de forme compliquée, le bassin le plus rapproché de Meudon (fig. 17) comporte quatre jets d’eau disposés en carré et un autre jet central, plus fort : c’est le Bassin des Cinq Fontaines. De là, une pièce de gazon contournée encadrée d'ifs, deux rampes et une terrasse à degré mènent à l’autre bassin, sis à un plan supérieur au pied de la colline de Clamart et enserré par la futaie. Ce bassin octogonal n’a qu’un seul jet d’eau. II semble hors de doute que ce bosquet ait été créé par Louvois avant la venue de Le Nôtre à Meudon. Mais a-t-il subi, dans les débuts, les modifications que montrent une gravure de Mariette (fig. 20) et une autre d’Aveline intitulée : « Veüe du grand parterre de gazon de Meudon »? Celaest très peu probable. Bientôt célèbre, ce bosquet a servi de thème aux graveurs de paysages : ils l’ont traité selon leur fantaisie, parfois sans grand bonheur.

Quand Le Nôtre devient l’ordonnateur des travaux, le Parterre de Gazon change de physionomie. Le tracé du Bassin des Cinq Fontaines est ramené à un octogone ; au contraire, dans la direction de Clamart, les margelles du bassin octogonal sont cintrées pour se creuser du côté opposé. Sept jets d’eau disposés en angle remplacent à présent le jet unique : d’où la nouvelle désignation de Bassin des Sept Fontaines (le jet du milieu monte à quatorze mètres cinquante, les’autres à onze

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mètres soixante-dix). Une allée centrale coupant la pièce de gazon relie ce bassin à l’Octogone. Les rampes latérales sont aplanies et quatre vasques avec jets d’eau disposées en carré ; des épiceas s’alignent devant les charmilles (dessin de Pérelle. fig. 9). Le bosquet rajeuni s'appellera désormais « La Pièce M. Lenostre ».

Le long du mur du parc, du côté de Chalaïis, un bosquet à peine ébauché aboutit, peu avant l'allée de Trivaux, au bassin circulaire de la Demi-Lune, dénommé par la suite Bassin de la Corbeille.

Dans les derniers temps de sa vie, Louvois veut, en se rendant de l'Etang de Chalais à l’orangerie par l'allée de Trivaux, jouir des beaux jardins-qu’il a créés au fond de la vallée : de nombreuses percées couperont désormais la partie de futaie, dite Futaie de Lamet, demeurée entre la Pièce de M. Le Nôtre, la Demi-Lune et le Grand Carré.

D'une époque plus tardive que le dessin de Pérelle, la gravure de Silvestre, représentant le parterre de la grotte, nous montre vers l’ouest, en pleine futaie, un bosquet à bassin arrondi d’où s'élève un puissant jet d’eau. Une vue isolée de ce bässin (fig. 19) gravée par l'atelier de Mariette le désigne comme le « Bassin rond en face de la Rampe ». Inattention de l'éditeur : ce bassin a été rond, maïs il ne l’est plus à l’époque de la gravure ; la meilleure preuve est que Mariette l'a représenté ovale. Ce sera désormais le Bassin de l'Ovale (dont le grand axe mesure soixante-deux mètres), doté d’un, de deux et finalement de trois jets d’eau. Le plan de 1689 reproduit le bassin arrivé à son aspect définitif. Quatre rampes conduisent de la grande allée au Bosquet de l'Ovale, dont le principal jet d'eau est une des curiosités de Meudon, comme celui de la Montagne d'Eau une des gloires de Versailles. Une puissante canalisation amène l’eau en ligne droite de l'étang de Vilbon, et le jet monte à plus de vingt-quatre mêtres de haut.

Entre l'Hôtel Courtin et l’Ovale, est creusé un autre bas-

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