‹ Histoire du Château de MeudonChapitre 35 sur 187 · DORURE DE L’AUTEL · texte numérisé non relu

DORURE DE L’AUTEL

« Il y aura 600 : pieds d’or bruny à 5 livres 10 sols: — 2.700 livres ».

Les dorures sur bois de Guillaume Desauziers (12) feront pendant sur l'autel aux bronzes fondus par Vinache (13) avec les cires de Van Clève (14)et de Martin Desjardins (15). Le rétable est orné de quatre anges : deux grands et deux plus petits dont les modèles sont dus aux artistes mentionnés plus haut, ainsi que les ornements fixés sur le marbre du maîtreautel : un agneau mystique, couché sur un livre, et une équerre, dans une gloire.

Des deux côtés de l’autel sont des conselesde bronze doré avec tablettes de marbre(16). Près du maître-autel se trouvent deux petites tables octogonales marquetées de cuivre et d’écaille à pieds sculptés et dorés (17).

Au-dessus du maître-autel l'on voitune grande peinture de Coypel haute de quatre mêtres quatre-vingt-cing sur trois de large, qui figure la Résurrection.

Une grille dorée commande l'accès du chœur.

L’autel latéral, contigu au mur de la sacristie, est de marbre avec ornements de bronze doré ; ilest surmonté d’une seconde peinture de Coypel, dont le cadre épouse la fausse baie creusée dansle mur. Ce tableau figure «L’Annonciation de la Vierge ; il y a un rayon de lumière qui donne sur la.Vierge, dans le fonds à droite un rideau vert, l’ange sur la gauche, au bas du tableau, dansun coin, une chaise où il y a dessus une draperie bleuâtre » (18).

La chapelle et la sacristie sont pavées de marbre. Les six baies principales, aux armatures de fer doré, montrent des vitreries blanches dues à Thomas Valleran età Denis Caffin(19). Le doreur Desauziers a exécuté à l'émail et au jaune d'argent la peinture sur verre des cartouches qui représentent les armes du dauphin (20)

Pour servir d’entrée à latribune,la porte centraledela galerie aété élargie. De grands contreforts,élevés tout auprès, obscurcissent deux des fenêtres de celle-ci.

La chapelle neuve, telle que nous venons de la décrire, est élégante et harmonieuse ; il est seulement regrettable que son adjonction en reliant.le château à la terrasse du parc, alourdisse l’aspect de l’ensemble.

Au château, dans l’ancien oratoire — inutile désormais — de la duchesse d'EÉtampes, on supprime (21) l’autelet la tribune, on enlève le rétable peint par Corneille. De cette salle, Monseigneur fait deux pièces : une chambre avec cheminée, et une garde-robe en entresol.

Le dauphin, sa chapelle neuve terminée, n'apportera à cette œuvre qu'une seule modification : en 1704, il fera ajouter par André Guesnon à la tribune en pierre de la chapelle deux petites annexes en menuiserie (22), analogues probablement à ces « lanternes » dorées, qui devaient, quelques années plus tard, encadrer la tribune de la chapelle de Versailles.

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