INTERVENTION CONSTANTE DE LOUIS XIV LA CASCADE DE MEUDON
Le parc de Meudon, si heureusement décoré par Le Nôtre au temps de Louvois, va être modifié par le dauphin, ou plutôt par le roi. Celui-ci laisse à son fils toute initiative pour l'intérieur du château, mais se réserve, en général, de veiller lui-même à l'aménagement des jardins. Louis XIV, à chacun de ses séjours à Meudon, se plaira à modifier parterres, bosquets et rideaux d'arbres.
Il faut d’abord faire établir un plan exact et détaillé du domaine. C’est d’autant plus nécessaire que les rigoles et les étangs établis par Louvois pour draîner les eaux de la région n'ont pas été encore l’objet d’un règlement définitif avec les riverains. Monseigneur charge les sieurs Bourgault et Matis (1) d'établir une carte générale de tous les travaux d’art de Meudon, Chaville, Vélizy et Villacoublay ; le dessinateur Carlier vérifiera et corrigera les plans des jardins (1).
Pour remplacer les statues disposées dans les jardins par les soins de Louvois, Louis XIV choisit un petit nombre de sculptures remarquables par la matière et la forme. Une statue du gladiateur mourant, modelé dans l'atelier de Girardon et fondueen bronze par Vinache (2), est placée sur la pièce de gazon qui, au midi de la grotte, occupe un éperon de la terrasse haute ; mais la statue, bien en valeur pour qui la regarde du parterre, semble coupée par la rangée des balustrades de pierre quand on la voit du château ; aussi, transporte-t-on ce
gladiateur sur le tertre circulaire (3) qui termine au midi, en D pleine futaie, l'allée de la terrasse haute. Ce sera désormais le Rond Point du Gladiateur, d’où l’on aperçoit le château et Paris dansle lointain. Monseigneur fait circonscrire ce rondpoint par une haute charmille (3) ; l’allée qui, de la grotte, y conduit, portera le nom d’Allée du Gladiateur.
Là où se trouvait précédemment le gladiateur, on élèvera sur quatre marches un curieux monument resté depuis longtemps sans emploi. C’est un globe géographique en marquetterie de marbre ayanttrois pieds de diamètre, où le mathématicien Buot a dessiné les mers et les continents. Dans l’ancien Parterre d'Eau de Versailles (4), cette sphère marquait l’axe du château : posée en 1675, elle n’y figurait plus en 1682 ; le dauphin charge le géographe Butterfield, (5) d’en diriger la restauration. Une des vignettes qui encadrent un plan de Paris contemporain (6) montre que le globe fut placé à Meudon très près de la balustrade de pierre et protégé par une grille aux fers lancéolés.
Le roi décide de démolir, pendant l'hiver 1696, le bassin du Dez, où se miraïit le pavillon supérieur de lagrotte. Il sera remplacé par une pièce de gazon semi-circulaire ; ainsi, l’arrivée des carrosses devant le pavillon sera facilitée et les constructions de la grotte souffriront moins de l'humidité. Les charmilles disposées en demi-cercle autour du Dez sont creusées de quatre niches de verdure : pour elles, le roi fait retirer de Marly quatre statues de bronze qui y feront, vert sur vert, le plus bel effet (7) : une figure d’Atalante, et le petit faune dit de la reine de Suède, fondus tous deux par Vinache (8), une Vénus de Médicis et un Adonis, fondus par les Kellers.
Le 18 août 1695, le roi vient à Meudon, et, en roulette *, il ‘1 visite une partie des jardins ; mais certains des parterres et
* « Ce qu’on appelle roulettes — dit le Mercure de mai 1704, p. 413 —
sont des fauteuils dans lesquels on se promène dans les jardins ; ils sont
| suspendus et tirés par un Suisse ; mais comme ils sont poussés par deux : autres Suisses, ils vont aussi vite qu’on les veut faire aller. »
0 P. Biver 13
des bassins ne sont accessibles qu'aux seuls piétons. Très différents de niveau, les plans sont reliés entre eux par des escaliers et non par des allées en pente : sensible à ce défaut qui prive le roi de promenades charmantes, le prince y remédie aussitôt. Dix jours plus tard, Louis XIV revient et va « avec Monseigneur se promener dans les pétits chariots. Monseigneur a fait faire des communications des jardins hauts avec les jardins bas, et on peut se promener partout en calèche présentement » (0).
Le dauphin ménage encore une autre surprise à son père : le 27 octobre, « Le roi se promena le matin et l'après-dinée dans les jardins, où ila donné beaucoup de petits ordres pour des embellissements, et il a trouvé là petite rivière que Monseigneur a fait faire fort jolie » (Dangeau). La Petite Rivière de l’Allée Sauvage, ou, plus brièvement la Petite Rivière, est «une goulette qui alterne avec huit nappes d’eau» (10). Elle suit lAllée Sauvage et remplace une canalisation souterraine passant entre le vieux réservoir et les Cloîtres ; doucement inclinée, elle coule de l'étang du Loup-Pendu jusqu’au parterre de la Chesnaye. Désormais, le bassin de l’Allée Sauvage s’appellera bassin de la Rivière.
Non loin de là, au-dessus de la cour des offices, Monseigneur fait établir dans le parterre de Bouloy un jeu d'anneau tournant (11).
Louis XIV veut que le parc de Monseigneur s’étende jusqu’à Porchefontaine, c'est-à-dire jusqu’à la porte de Versailles, et Dangeau note le 29 décembre 1695 : « Le roi nous a dit qu'il avoit acheté la maison et le parc de Châville pour en faire présent à Monseigneur, qui va faire abattre la muraille qui séparoit le parc de Châville de celui de Meudon. Le roi donne à madame la chancelière le Tellier et à sa famille 650,000 francs payables en quatre termes, un an après la paix ; en attendant il en payera les intérêts au denier vingt. Châville, avec ce qui y est joint, vaut plus de 20,000 livres de rente ; ainsi le roi
lu ER
payeenviron au denier trente. M, l'archevêque de Reims (frère de Louvois), qui à fait ce marché avec le roi, n’avoit jamais voulu dire de prix ; il s'en est rapporté au roi lui-même et toute la famille de Louvois est fort contente du prix que le roi y a mis ». Le 10 janvier 1696, « Monseigneur partit de bonne heure de Meudon avec madame la princesse de Conty et les dames qu'il y avoit menées, et passa par Châville, il trouva la maison très petite et les jardins parfaitement beaux; il fera meubler quelques chambres pour pouvoir y venir quelquefois faire collation. Joyeux sera capitaine de Châville comme de Meudon » (Dangeau).. Le surlendemain, « Le roi s’est promené à Châville avec Monseigneur ; il ne croit pas que cette acquisition-là fût nécessaire à Meudon ; mais il l’a faite pour faire plaisir à Monseigneur, qui trouvele parc et les jardins de Châville plus beaux que le roi'ne les trouve».
A partir de 1696, le parc de Meudon semble devenir pour Louis XIV une annexe de Versailles et de Marly. Avant cette date, le roi se contentait d'indiquer de légers changements, comme l'élagage de certains arbres, laissant au dauphin le soin de diriger les travaux importants ; maintenant, c'est Louis XIV lui-même qui donnera les ordres.
Dangeau note le 29 juin 1696 : « Le roi fait ici beaucoup de changements dans les jardins bas, qui les embelliront extrèmement.. ». Ce passage vise la création de la Gerbe d'Eau du Bois de Lamet (entre le Grand Ovale et le Bassin des Cinq Fontaines), celle du bassin de l’'Octogone de Plomb, du bassin de Guénégaud et du canal du même nom, plus tard intitulé Canal de l'Ombre, dans la futaie qui sépare la Demi- Lune du jardin de M. Courtin (10).
Le 1° juillet de la même année, « le roi fait faire ici un canal qui terminera les jardins bas ». C’est le canal d’Artelon, paral. lèle à l'allée de ce nom et extérieur aux Plants Neufs de Louvois. Cette longue pièce d’eau reflétera les bois de Chantecoq, dernier contrefort de la colline de Clamart.
LA
La fraction nord-est des jardins bas, très encaissée entre le rideau de grands arbres qui dissimule le village et les murs clôturant les deux autres faces, ressemblait, au temps de Louvois, plus à un potager bien entretenu qu’à un jardin d'agrément : ces parterres vont être modifiés.
Tout contre le canal d’Artelon, la Salle des Marronniers est transformée par le roi : Louis XIV (10) conserve le bassin polygonal du milieu mais fait supprimer les deux vasques à jets d’eau des côtés ; illes fait remplacer par deux nouveaux bassins semi-circulaires, « Les Dez des marronniers. »
Près du Grand Ovale, le roi a fait ériger une belle statue de marbre plus grande que nature copiée sur l'antique, à Rome, par Goy (7) et restée inutilisée dans les magasins des sculptures du roi à Paris. C’est l’Ariane du Vatican, la Cléopâtre, comme on l’intitulait au xvie siècle, car on prenait pour un aspic un bracelet en forme de serpent ornant le bras gauche de la statue ; le sculpteur a étendu son personnage sur un lit de repos qui remplace le rocher de Naxos. Au mois de juin 1696, le marbre a été transporté à Meudon ; François Lisquiet Pierre Deschamps (12) sont chargés de lui faire un piédestal de marbre blanc veiné ; puis, la statue de Cléopâtre quitte l’'Ovale et son parterre de gazon pour prendre place dans la salle des Marronniers récemment modifiée par Louis XIV et que l’on intitulera désormais Jardin ou Salle de Cléopâtre (10). Ce bosquet, dont l'aspect ne subira plus de modification à l'avenir comprend un bassin hexagonal accom-
pagné par deux pièces de gazon ; deux autres bassins plus,
petits et semi-circulaires, « les dez», leur font suite. La Cléopâtre couchée se reflète dans le bassin du milieu et se détache sur un fond de verdure.
Le roi veut également embellir la Pièce de M. Le Nôtre ; ce dernier a fait un lavis daté du 26 juillet 1696, qui nous initie au « Dessein reglé pour Meudon au dr. voiage que le Roy y à fait » (13). Louis XIV, décidément ennemi des vasques, Sup-
Po À
AO
prime les quatre coupes de marbre qui entouraient le bosquet. Le bassin des Sept. Jets reste intact, mais on modifie ses abords : sur ses flancs sont creusés deux petits bassins ronds; -on supprime le rideau d’arbres qui, par derrière, le séparait des prés de Chantecoq dans le canton de Fleury ; dans ces près, on établit un vertugadin, large pièce de gazon cintrée et concave qui fait suite au bassin des Sept Jets et l’encadre à l'est. Le vertugadin est lui-même prolongé par un long gazon vert qui entame les bois de Clamart et qui est environné par des avenues que ferment deux grilles posées dans le voisinage des nouveaux bassins ronds. Sur les pelouses latérales, dès que la température deviendra favorable au transport des arbres, le dauphin fera aménager deux grands bosquets (14). ‘Un dessin de l'atelier de Le Nôtre (13) nous montre que ces plantations forment deux étoiles dont l’une est contiguë aux murs de Fleury, propriété de M. de Tourmont. On tracera aussi des allées en bordure de ces gazons, en marquant par des rangées d’ifs les voies principales.
Ces transformations sont facilitées depuis qu'on a remis au roi, dans les derniers jours de juillet 1696, les cartes du domaine et des jardins précédemment commandées par le dauphin ; la plus curieuse de ces cartes est le « Plan des Jardins de Meudon auec les conduites » (13). Pour aider le dessinateur dans son travail, l'entrepreneur Pollard a rédigé un volumineux mémoire sur les tuyaux etles déversoirs de Meudon (10).
Le premier septembre 1696, Monseigneur combine avec le jardinier du roi des modifications dans le bosquet de l'Ovale ; il tient à lui rendre l’aspect que Le Nôtre lui avait primitivement donné (fig. 19). Louvois, dans les derniers temps de sa vie, s'étant brouillé avec son jardinier, avait remplacé, guidé peut-être par Mansart, la grande pièce de gazon en éventail par deux plus étroites, ornées d’astragales ; on rétablit l’ancien tracé. Le 30 septembre, dans l'après-midi, le roi
vient chasser à tir ; il voit la modification et l’approuve (13).
Les travaux de jardinage ne sont pas abandonnés dans l'hiver qui suit. Valentin Lopin a fabriquéune machine «pour lever et transporter les arbres en motte à Meudon » (15) : avec cet instrument, on retirera de Chaville de fortes charmilles et les vieux épicéas du chancelier Le Tellier qui, replantés à Meudon, transformeront en avenue l’Allée Neuve (16).
Au printemps de 1697, le monarque s’occupe des jardins bas, des « bouillons et nappes de la Cascade qu'on fait au bout delallée D’Artelon », substituée au Pavillon d’Artelon ou Arcade d’Artelon, construit, probablement par Louvois, à l'angle nord-est des murs de clôture, tout contre Fleury. La cascade est formée par trois nappes disposées én éventail et agrémentées de cinq jets d’eau. On fait, ce même printemps de 1697, jouer pour la première fois « les Jets des 2bassins du pont (d’eau ou Grille d'Eau) et de la Nourice», créations nouvelles.
Mais la Pièce de M. Le Nôtre sert, une fois de plus, de thème aux discussions : les deux petits bassins rondsdes côtés, créés l’année précédente, semblent à présent mesquins. Un beau lavis (13), daté d’août 1697, nous renseigne sur le « Dessein de ce que Monseigneur veut faire aux 2 piedestauxdu grand vertu gadin aupres de la piece des 7: Jets » Eatéralement à la pièce des sept jets, au delà des grilles, sur des « piedestaux » de gazon, seront aménagés deux bassins carrés à jet central. L'eau qu’ils fourniront, s’'écoulant par trois cascades, alimentera deux cuvettes terminées en astragale et situées en avant des « piedestaux ». Les dessins prévoient des rocailles, des bossages, et pour les jets du milieu, des masques de plomb.
Pendant l’hiver de 1698, le roi achète pour les jardins de son fils une collection de quatre-vingt sept mille tulipes, de huit cents tubéreuses, quatre cents lis blancs, quatre-vingt-trois mille narcisses printanniers, cinquante-huit boisseaux de nar-
cisses blancs, des pieds de giroflée double, etc., etc... Monseigneur, de son côté, a fait planter huit mille marronniers nouveaux dans les allées de Meudon.
A cette époque, tout grand seigneur devait avoir un mail, et un bon joueurde mail étaitunhommeà la mode. Le dictionnaire de Trévoux définit un mail : « une allée d'arbres de trois à quatre cents toises de long sur quatre à cinq de large,bordé, d’ais attachés contre des pieux à hauteur d’appui, avec une aire de recoupes de pierres, couverte de ciment, où l’on chasse des boules de buis avec un mail ou maillet ferré à long manche ».
Meudon eut donc son mail, dont un dessin de l'atelier de Le Nôtre nous a conservé le tracé (13) : il a 730 mètres de long sur 6 m. 30 de large; parallèle à la Petite Rivière, il occupe l’ancienne allée du Bassin Neuf, intitulé désormais Bassin du Mail, et s'étend à peu près du réservoir vieux au réservoir neuf. Ce maïl est entièrement cimenté; deux pavillons de treillage, abri pour les joueurs contre un orage éventuel, sont extérieurement badigeonnés de vert sur lequel se détache en or le chiffre du dauphin (17) ; à l’intérieur, ils sont décorés de peintures par Philippe Meunier (18). \
A la fin de juillet 1698, le roi vient faire un petit séjour à Meudon, curieux de voir le nouveau mail (19) et probablement aussiles travaux en cours d'exécution dans les jardins bas. Le 13 juin précédent, Mansart (13) avait fourni les dessins des deux buffets à cascade que l’on élève sur les deux côtés de la Pièce des Sept Jets ; c'est le détail du projet général adopté onze mois auparavant : un mur en terrasse, divisé en trois tableaux saillants que séparent des bossages ; de chacun des panneaux s’échappent trois jets à trois ressauts ; la fontaine du milieu est ornée d’un masque de fleuve ; les cascades sont agrémentées de glaçons en pierres rouges ; cette teinte est rappelée, dans toutes les parties du buffet, par des cailloux rouges, qui, mélangés à de petites pierres blanches et noires
constituent une sorte de mosaïque grossière ou de brèche aux nuances vives. Encadrés par la verdure des charmilles, qui tapissent le bas du vertugadin, et du gazon, qui entoure les cuvettes, ces buffets ont un aspect original et gai.
Hardy a fait, en plomb, pour ces fontaines, les deux masques, des roseaux, des nappes et des coquilles qui luisont payés dès le mois de juillet (20) ; il travaille également aux rocailles, aidé par un spécialiste, Drouard. Ce dernier, pour réaliser le conglomérat indiqué dans l’aquarelle de Mansert, mélange des « godefiches », des roches d’huîtres, du grès de Montfort, des meulières rouges et des « roches bleues prises dans les forges en Normandie» (21).
En 1699, dans le haut du parc, au-dessus de l’enclos des Capucins, on aménage unesallede verdure au milieu de laquelle se dresse le Cabinet ou Pavillon de Montafilan (22). Dans une autre partie, on commence «la Cascade en rocher du Costé de l’Etang de la Garenne », ouvrage qui sera termine l’année d’après (10). Mais la grande œuvre de jardinage, quis’achèvera seulement en 17o1, sera la transformation totale de la fontaine d’Artelon, créée en 1698, et que l’on appellera désormais la Cascade de Meudon. En 1699, sans y toucher encore, on en modifie les abords: dans l’Allée Basse, parallèle au mur de Fleury, on détruit les deux bassins qui la coupaient et on en crée un autre en bordure de l'allée. Aucun jet d’eau, de cette façon, ne gênera plus la perspective de la cascade qui se trouve dans l’axe de l’Allée Basse. Pendant que ces travaux s’exécutent, on prépare la décoration nouvelle de la fontaine d'Artelon ; Langlois en fait un petit modèle(23). Sept vases de rocaille, quatre coquilles et quatre consoles sont commandés au sculpteur Jean Hardy (24) ; quatre groupes d'enfants sont confiés chacun à Jean Hardy, Anselme Flament, Simon Mazière et Jean Raon (25). Les plâtres originaux de ces groupes, destinés primitivement à être exécutés en marbre, sont placés au milieu des cascades, puis fondus en plomb. Les rocailles sont
commandées à Hardy, Langlois et Drouard (26). Nous ne possédons malheureusement ni reproduction ni description de cet ensemble important de sculptures; les groupes d’enfants, dont Langlois a fourni également les modèles (27), ressemblaient probablement aux Enfants d'Eau de Versailles,auxquels ce même sculpteur avait travaillé.
Sur le « Plan du Chateau et des Jardins Bas de Meudon » (13), on distingue nettement la Cascade : c'est un buffet à trois étages, qui occupe une surface très petite et qui est, par conséquent, très chargé en sculptures et en ornements. Sa création semble, d’après un texte de Dangeau, avoir échappé au contrôle exercé par le roi sur les jardins de Meudon : le 16 juin 1700, « le roi alla dîner à Meudon... le roi et les dames allèrent voir une fontaine que Monseigneur a fait faire au bas de ses jardins et que le roi trouva fort belle ».
Le sculpteur Hardy, ayant mis la dernière main aux travaux de la cascade, les jardins sont terminés.
Il semble qu'il faille dater de l'été 1701 la rédaction d’un itinéraire des jardins de Meudon dont le Cabinet des Estampes (28) conserve un exemplaire calligraphié. Dans la même collection se trouve la « Manière de faire visiter les Jardins de Versailles », manuscrit original de Louis XIV (29). Il y a beaucoup de chances pour que ces deux guides soient du
même auteur :
« Manière de montrer Meudon »
« Il faut arriver par lAvenuë, et ensuitte passer par la superbe Terrasse, pour arriver dans la Cour, ou l’on doit descendre de carosse.
« On visitera les Appartemens, et on sortira ensuite par le vestibule du milieu du Chateau.
« On ira droit à la Terrasse au dessus de l'Orangerie, d’ou l’on considerera la face de la Maison, les berceaux, l'Orangerie, le Parterre du Globe, celui de la Grotte, les grandes Allées de