‹ Histoire du Château de MeudonChapitre 37 sur 187 · TA AU, EC AE · texte numérisé non relu

TA AU, EC AE

tement du dauphin, on commande à Vassé et Gayot (6! des modèles de feux et de bras de lumières dont la dorure sera confiée à Lochon (5). C’est le même Lochon qui est chargé de la serrurerie en bronze doré (7) de l’appartement, à l'exception des espagnolettes de fenêtres pour lesquelles Richard crée des modèles tout nouveaux (7).

Nous ne possédons aucun document décrivant les nombreuses et belles chambres de l'étage noble et celles des autres appartements, mais un simple coup d'œil sur leur plan révèle un changement dans les mœurs : au château de Meudon, Monseigneur seul avait son lit dans une alcôve ; ici, cette disposition s'étend aux chambres de tous les invités. Ce ne sont pas encore de ces alcôves étroites qui apparaîtront plus tardivement dans le xvur siècle, où le lit est enserré entre deux petites gardes-robes, et où le ciel de lit est dissimulé par une menuiserie sculptée vers l'extérieur. Déjà, cependant, la corniche de la chambre laisse de côté l’alcôve qui forme un renfoncement indépendant diminué en surface par un passage latéral. Ainsi, la chambre à coucher ne sera plus une vaste salle servant à la fois de passage et de salon,parfois même de salle à manger : entourée d’annexes, elle tend elle-même à se sectionner. Le règne naissant des Petits Appartements, le goût d'une retraite relative qui s'est manifesté si précoce à Meudon, dès 1695, avec l'apparition des entresols du dauphin, s'affirme ici dans la disposition des chambres. Ce sont de grandes nouveautés,

Le décor même de ces appartements décèle la venue d’une ère nouvelle.Leurs lambris necomportent plus de trompe l'œil. plus d’ornements jointifs, plus de faux marbres. Quelques-uns sont peints « en blanc à l'huile avec rehaut de dorure » (220 toises), décor inauguré au xvi®siècle et qui lui survivra jusqu’à la Révolution; d’autres appartements seront peints en tons verts (223 toises), d’autres auront leurs boiseries de chêne entièrement vernissées (728 toises). Ce décor qui met

très bien en valeur la finesse des sculptures et la beauté des moulurations, après avoir été essayé par Monseigneur dans son Cabinet à la Capucine treize ans auparavant, est étendu à près de la moitié du Château Neuf.

Au-dessus de la salle des gardes, ouvrant sur les parterres par les trois fenêtres que couronne le grand fronton, est située une petite chapelle, pièce rectangulaire dont les deux angles sont occupés par des tribunes ; l’une d'elles sert de sacristie. La sainte famille de Corneille, qui au temps de Louvois,ornaïit l’oratoire du château de Meudon, a pris place sur l'autel.

En avril 1709, la décoration intérieure du Château Neuf est achevée, et dès le début de l’été, le dauphin s’y est installé, comme le prouve une note de Dangeau : le quatre juillet, « Le roi alla dîner à Meudon , messeigneurs les ducs de Bourgogne et de Berry y étoient arrivés avant luiet madame la duchesse de Bourgogne yarriva un peu après lui. Monseigneur est établi dans son nouveau château, où il loge tous les courtisans qui ont l'honneur de le suivre ce voyager. »

Le coût du Château Neuf, estimé quatre-centcinquante mille livres dans un premier projet (6), est monté à sept cent soixante mille chiffre du second devis de Mansart englobant toutes dépenses accessoires et la décoration del’appartement nouveau du dauphin. Nous sommes encore assez loin du million dépensé par Monseigneur, de 1696 à 1705, pour l’embellissement du grand château de Meudon (11).

Jusqu’en 1711, le dauphin continuera à verser chaque mois au trésor de dix à vingt-cinq mille francs pour achever de payer les entrepreneurs du Château Neuf.

Monseigneur règle en outre les mémoires relatifs à l'église de Meudon. Le clocher de la paroisse, que ses entrepreneurs, Varignon et Le Maistre, ont rebâti, est couronné en 1709 par quatre vases décoratifs sculptés par Poultier, Lepaultre, Le Moyne et Ossemant, qui posent en même temps huit pots à feu sur les contreforts de la chapelle du château (7).

Durant toute la construction de l’annexe nouvelle le dauphin a évité les autres dépenses : ilse contente de remplacer par une grille la massive porte cochère de l’avant-cour, de lambrisser de boiseries sculptées l’appartement de Madame la Duchesse au grand château (12), de constituer une petite chapelle de chambre et de faire établir une armoire des plus somptueuses.

Le brodeur Chevry à fourni, en 1705 un parement d’autel brodé «pour seruir dans la chambre de monseigr, les jours djndisposition » et l’orfèvre Delaunay, des vases sacrés ciselés en vermeil (13).

L’ « armoire de marbre faite pour le tabac de Monseigneur à meudon » (14), par son prix et par les noms des artistes qui y travaillent, s'affirme comme étant un meuble du plus grand luxe. La menuiserie est faite par Marteau, la sculpture sur bois par Dugoulon. Taupin « et consorts » ; le marbre, travaillé par Tarlé, coûte, à lui seul, près de douze cents livres.

Meudon s'enrichit en 1709, d’une série de statues en bronze offertes au dauphin par le roi (15); l'inventaire ne nous en est pas parvenu. Parmi elles, l’'Esculape de Jean Bologne, placé au Château Neufet un Apollon de Girardon «q!. aft. en bronze et poséa Meudon », payé trois mille livres (16). Hors cette brève mention, nous ne savons rien sur cette statue. Peut-être faut-il voir des maquettes de cette sculpture dans deux terres cuites autrefois exposées par Girardon « dans la galerie du Louvre où le roi l’avoit logé »{17) : « Un Apollon de deux pieds de hauteur. Il est couronné de lauriers, tient une lyre d’une main et un flambeau de l’autre » et « Un autre, il tient une longue torche de la main gauche et appuie la droite sur un globe ».

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