‹ Histoire du Château de MeudonChapitre 47 sur 187 · POSSESSION ÉPHÉMÈRE DE LA DUCHESSE DE BERRY · texte numérisé non relu

POSSESSION ÉPHÉMÈRE DE LA DUCHESSE DE BERRY

Le 19 mai 1717, Pierre le Grand, accompagné du prince Rakoczy et du maréchal de Tessé, passe en revue les apparte- ” ments de Meudon et se promène à cheval dans les jardins.

Visitant Fontainebleau — dont le château, contemporain du Château-Vieux de Meudon, a conservé davantage sa physionomie primitive — le czar ne dissimulera pas son désappointement ; ici, au contraire, l'impression est excellente: « la Situation de cette Maison Royale; & sa Vüé lui firent encore plus de plaisir que tout le reste (15). » Buvat, dans son Journal de la Régence, raconte la même visite en termes moins académiques (16).

A Meudon, le Régent accorde des logements au cardinal de Rohan et à la duchesse de Ventadour, ancienne gouvernante du jeune roi. La duchesse occupe l’Appartement des Marronniers et tout l’été de 1718(17), deux ou trois fois par semaine, le petit Louis XV vient s’y délasser. Le 16 mai, Mme de Ventadour fait tirer un feu d’artifice pour le divertissement du prince (18). Le Mercure de France relate d'une façon assez détaillée la journée du roi:«Le Roy a'dîné de fort bonne heure, & est party en Carosse pour Meudon à une heure précise, dans lequel estoient M. le Duc du Maine. M. le Maréchal de Villeroy & M. l’ancien Evêque de Fréjus: Un second Carosse du Corps suivoit, rempli de plusieurs jeunes seigneurs de la Cour ; & un troisième pour la suite du Roy. Madame la Duchesse de Vantadour a donné un repas magnifique aux principales personnes qui avoient l'honneur d'accompagner S. M., elle a donné des rafraichissemens à tous ceux de ia suite du Roy. Comme S. M. avoit dîné avant de partir, Elle alla se promener dans toutes les routes du Parc pendant une heure & demie, & revint ensuite faire collation; après quoy Elle retourna prendre le plaisir de la Chasse aux Lapreaux que des Furets faisoient sortir de leurs terriers, & que de petits Chiens de Manchon chassoient. S. M. y parut prendre beaucoup de plaisir, ainsi qu'au Feu d’Artifice dont on la régala : Enfin le Roy charmé de son après dîné, ne revint qu’à près de neuf heures au Palais des Tuilleries. » Le 6 juin, autre feu d'artifice tiré à Meudon en l'honneur de Louis XV.

Quelques mois plus tard, Meudon reçoit une affectation nouvelle. &« Le roi étant fort jeune et avec beaucoup de belles maisons, et Mme la duchesse de Berry, veuve et sans enfants, elle eut envie d’avoir Meudon, et l'obtint de M. le duc d’Orléans en échange du château d’Amboise qu'elle avoit pour habitation par son contrat de mariage. Cette espèce de présent ne laissa pas de faire du bruit; elle en donna le gouvernement à Rion, et du Mont qui l’avoit, ne laissa pas de conserver les mêmes appointements qu’il en avoit (19). » Cette substitution fut effectuée le 30 octobre 1718.

Le lointain Amboise ne convenait nullement à la fille chérie du Régent : décidée à ne manquer ni une fête officielle, ni un des soupers donnés par son père, elle passait sa vie en allées et venues entre sa petite maison de La Muette et sa résidence du Luxembourg. Meudon, si proche de Saint-Cloud, d’Asnières, de Paris, et en même temps si magnifiquement aménagé par son beau-père, excite les convoitises de la duchesse de Berry dès 1711 (20).

Saint-Simon a tracé en quelques lignes un portrait de cette princesse : « Née avec un esprit supérieur et quand elle le vouloit également agréable et aimable, et une figure qui en imposoit et qui arrêtoit les yeux avec plaisir, mais que sur la fin le trop d'embonpoint gâta un peu, elle parloit ‘avec une grâce singulière, une éloquence naturelle qui lui étoit particulière, et qui couloit avec aisance let de source, enfin une justesse d'expression qui surprenoit et qui charmoit » (21). Les appréciations que porte sur sa petite-fille la princesse palatine sont plus sévères. L’orgueil, la fausseté et jusqu'aux inconséquences de cette princesse, qui tantôt s’enferme au Carmel, tantôt préside aux soupers impies du Régent, peuvent trouver des excuses auprès de l’aïeule; mais la fière allemande ne tolère pas la mésalliance à demi-officielle de sa petite-fille (22): « Si madame de Berri étoit entourée d’honnêtes gens qui s’occupassent de son honneur plutôt que de leurs intérêts, elle

seroit admirable; car elle a d’excellens sentimens; mais, ainsi qu’a dit une fois la vieille (Mme de Maintenon), la mauvaise compagnie gâte les bonnes mœurs. Pour plaire, il faut qu'elle parle : car elle a de l’éloquence et s’exprime bien. »

« Elle a le teint rouge; elle met aussi beaucoup de fard ; je crois que c’est pour couvrir les marques de la petite vérole. »

« La duchesse a été mariée secrètement avec Rion; la tête de crapaud avoit fait croire à la princesse qu'il est prince de la maison d’Arragon, et que le roi d’Espagne lui retenoit son royaume, contre toute justice; mais que si elle l’épousoit, il seroit à même de réclamer ses états dans les traités de paix ; c’est de cela que la Mouchy entretenoit la duchesse du matin au soir; voilà pourquoi elle jouissoit de tant de faveur. »

« Je ne puis concevoir comment on peut aimer ce Rion, ce garçon n’a ni figure ni taille: avec son teint vert et jaune, il ressemble à un fantome sorti des eaux; il a la bouche, le nez et les yeux d’un chinois. C’est vraiment une de ces figures indiennes qu’on peint sur les paravents. Au reste, cette tête de crapaud n’est point mauvais gentilhomme; il est de plus allié aux meilleures maisons. Le duc de Lauzun est son véritable oncle ; et Biron son neveu. »

Saint-Simon, beaucoup moins dur envers le nouveau gouverneur de Meudon (23), ajoute qu'il « traita Mme la duchesse de Berry comme Mr de Lauzun avoit traité Mademoiselle. »

Le 31 octobre 1718, Rion prend possession de son gouvernement. Le 2 novembre (24), la duchesse de Berry se rend à Meudon pour faire le choix des appartements. Les deux principaux occupants du château étaient, comme nous l’avons vu, la duchesse de Ventadour et le cardinal de Rohan: la princesse leur donne jusqu'au 11 novembre pour retirer leurs meubles. Mais, dès la fin d'octobre, ceux-ci ont été transférés à Trianon où la gouvernante du roi et le grand aumônier de France ont reçu de nouveaux logements (25).

Dès lors, la princesse vient séjourner de temps à autre à

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Meudon. Cette petite cour est si mal composée (26) que la duchesse de Saint-Simon, dame d'honneur de la duchesse de Berry, ne l’y accompagne pas. La princesse rouvre les salons du château: on y joue au lansquenet et au biribi (27); elle veut rendre au domaine de son beau-père toute sa splendeur passée ; elle y ordonne «de petits accomodements, parce qu’il y a beaucoup de choses à réparer dans les jardins et même dans la maison » (28).

L'aile des Marronniers semble l’objet des prédilections de la princesse : elle fait ajouter une seconde cheminée dans le grand salon (29). Par son ordre, le salon de gauche est orné de deux grands panneaux décoratifs par Fontenay et Houasse insérés en trompe l’œil au milieu des boiseries. Les inventaires nous décrivent : « Un tableau de baptiste — les figures sont de M. houasse — représentant une figure grande côme nature appuyé sur une balustrade de marbre, portant un plat de fruits, portant la livrée de monsieur Le duc d’orléans : près de luy. est un perroquet rouge, et sur la gauche un singe joignant une corbeille de fleurs sur un fond d'architecture repre- sentant une colonade de l’ordre composite » ; et « un tableau de baptiste — les figures sont de M. houasse, meme dessein d'architecture que le precedent, deux hommes de la livrée de M. le duc d’orléans portant un vase de couleur jaune dans lequel est un oranger fleury, sur la balustrade à gauche un perroquet bleu et jaune un chien, et un bassin remply de fruits, raisins, melon d’espagne et un singe. »

Le 8 février 1719, le duc d'Orléans va dîner à Meudon ; il s’y rend encore le 24 mars (30). De retour à Paris, la princesse est atteinte de convulsions et de crises de léthargie (31). Aussitôt sa convalescence, elle décide de quitter le Luxembonrg le 12 avril et de rester à Meudon jusqu’au début d’octobre : au fort de sa maladie, elle s’est vouée au blanc pour six mois, et, tout ce temps-là, elle veut demeurer à la campagne (31). À l’occasion de cette villégiature, le Mercure

P. Biver 17

Galant dédie à la princesse des vers de Fuselier, « Les Faunes et Nimphes de Meudon à la Duchesse de Berry », poésie dénuée de toute valeur littéraire.

Les appartements de Meudon sont entièrement réinstallés, . et, les meubles de la duchesse de Berry n’y suffisant pas, le complément a été fourni par le Garde-Meuble Royal (32).

Ce séjour à Meudon semble orageux. Entre la princesse et les membres de sa petite cour éclatent « de violentes querelles et force pleurs », nous dit Saint-Simon, à qui ses relations amicales avec le Régent et la situation de sa femme, dame d'honneur de la duchesse de Berry, ne laissent rien ignorer. M. le duc d'Orléans, écrit-il, m'apprit alors le dessein de Mme la duchesse de Berry de déclarer le mariage secret qu’elle avoit fait avec Rion. M. le duc d'Orléans trouva plus court de se donner une espérance de délai en faisant partir Rion, se flattant que cette déclaration se diffèreroit plus aisément en absence qu’en présence. J'approuvai fort cette pensée, et Rion reçut à Meudon un ordre sec et positif de partir sur le champ pour joindre son régiment dans l’armée du duc de Berwick. Mme la duchesse de Berry en fut d'autant plus outrée qu'elle en sentit la raison et par conséquent son impuissance à retarder le départ, à quoi Rion de son côté n’osa se commettre. II obéit donc ; et M. le duc d'Orléans qui n’avoit pas encore été à Meudon, fut plusieurs jour sans y aller » (3).

« Le voyage si prématuré de Meudon et des scènes si vives , n'étoient pas pour rétablir une santé si nouvellement revenue des portes de la mort. Le désir extrême qu’elle eut de cacher son état au public et de soustraire à sa connoissance la situation où élle se trouvoit avec M. son père, dont on remarquoit la rareté des visites qu'il lui faisoit, l'engagèrent à lui donner un souper sur la terrasse de Meudon, sur les sept heures du soir. En vain on lui représenta le danger du serain et du frais du soir. Ce souper en plein air ne lui réussit pas. Dès la nuit même elle se trouva mal. Elle fut attaquée d’acci- -

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dents causés par l’état où elle étoit encore et par une fièvre irrégulière, que la contradiction qu’elle trouvoit à la déclaration de son mariage ne contribuait pas à diminuer. Elle se dégoûta de Meudon comme les malades de corps et d’esprit qui dans leur chagrin se prennent à l’air et aux lieux. »

« Quelque contraire que lui fût l'air, le mouvement, le changement de lieu dans l’état où elle se trouvoit, rien ne put l'empêcher de sefaire transporter de Meudon à la Muette, couchée entre deux draps dans un grand carrosse, le dimanche 14 mai. » C’est à la Muette que, le 21 juillet, mourra la duchesse de Berry.

Quelques heures après le décès de la princesse, le carrosse du marquis de La Vrillière, où setrouve la duchesse de Saint- Simon, entre dans la cour de Meudon (34) et les scellés sont apposés dans le château (32). Bientôt le Régent ordonne d’eglever les meubles de sa fille et rétablit Du Mont dans sa charge de gouverneur (35). Le domaine de Meudon fait retour à la Couronne (36).

De nouveau, le Régent attribue des appartements de Meudon à de grand seigneurs et à de grandes dames. Des plus favorisées se trouve être, à juste titre, la duchesse de Saint- Simon. L’excès de fatigue qu’elle a enduré lors de la dernière maladie de la duchesse de Berry lui a laissé une fièvre maligne qui a mis son existence en danger. « Lorsqu’elle commença à se rétablir, écrit son mari (37), je demandai à M. le duc d’Orléans quelques logements au château neuf de Meudon. Il me le prêta tout entier et tout meublé. Nous y passâmes le reste de l'été et plusieurs autres depuis. C’est un lieu charmant pour toute espèce de promenade. Nous comptions de n’y voir que nos amis, mais la proximité nous accabla de monde, en sorte que tout le château neuf fut souvent rempli, sans les

gens de simple passage. »

Ainsi ce « lieu infesté de démons »(38) suivant l'expression de Saint-Simon, est devenu pour lui « un lieu charmant ».

SC C'est là que, trois ans plus tard, sa fille, Charlotte de Saint- Simon, épousera le prince de Chimay (39). La bénédiction nuptiale leurest donnée dans la nuit du 15 au ‘6 juin 1722 par l’abbé Languet de Gergy, curé de Saint-Sulpice.

Le 22 août suivant, après de longues et inutiles remontrances, le duc de Saint-Simon quitte le Régent, dont le dessein est de donner le ministère au cardinal Dubois, et se retire au Château Neuf. « Je me hâtai, dit-il, de le quitter pour me sauver à Meudon, et m'y exhaler seul à mon aise (40).

La solitude de Meudon,cependant, se peuple insensiblement.

La marquise de Jars (+ 1737) vient habiter au pied du grand château la maison construite autrefois pour Bastide, contrôleur de la bouche de Monseigneur ; son parent, le duc d’Antin, aobtenu que le Régent lui fit cette faveur (41).

Le chemin de Meudon est familier au petit roi : près de la grille de l’avant-cour, à été construit un fortin ; le jeune prince veut que le siège en soit fait par ie plus grand capitaine de son royaume, le maréchal de Villars (42) : «Le roi... lui ordonna de venir voir le siège d’un petit fort que l’on avoit élevé au haut de l'avenue qui va à Meudon. Le maréchal de Villars ne se pressa pas de revenir ; mais le roi ordonna plusieurs fois au marquis de Villars, son fils, de l'en presser, et enfin il se rendit à Versailles le 27 septembre. Le roi lui parla souvent de son fort et le mena à toutes les attaques ».

Le 11 mars, puis le rer avril 1723, le roi se promène à Meudon, il parcourt les appartements et donne des ordres en vue d’un séjour prochain (43). Le 26 avril, les garçons du Garde- Meuble préparent les logements (44) et clouent des « tentures en bergame et en point de Hongrie ». A la fin du mois de mai, le cardinal Dubois, premier ministre, s'installe à Meudon (45). Le 4 juin, enfin, arrivent Louis XV (46), l’ «Infante- Reine» le Régent et leur cour : ilsy passeront un mois le temps deremettre Versailles en état de loger les jeunes souverains. Le gazetier du Mercure note au mois de juillet(33). « Le séjour de

la Cour à Meudon, où le Roy et l'Infante-Reine jouissent d’une parfaite santé, y attire un grand concours. Il y a souvent chasse au cerf au Bois deBoulogne, tantôt avec l’équipage de M. le Duc, tantôt avec celui de M. le Prince de Conti, et le Roy paroît fort goûter ce pénible amusement ».

Pour recevoir la cour, le mobilier de Meudon a été complété par des éléments «tirés de Versailles, Trianon, Marly, Saint- Germain-en-Laye, La Müette et Fontainebleau » (44). Parmi les plus beaux figurentles ameublements acquis par la Couronne au mois de septembre 1719 à la succession de la duchesse de Berry : ce ne sont que « riches tapisseries et lits de damas », «meubles de Calemandre, meubles façon de La Chine », rideaux de taffetas, miroirs et feux de bronze doré (44).

La durée d’un mois assignée tout d’abord auséjour royal est outrepasséé. Nul ne songe à quitter Meudon. Le Régent n’éprouve aucune hâteà regagner ce château de Versailles, où, naguère, en butte à l’antipathie et à la défiance de son vieil oncle, à l’hostilité de Mme de Maintenon, il se trouvait à l'écart de tous au milieu d’une cour pompeuse, dans « une solitude entière, et jusque dans les lieux publics, où personne ne s’approchoit de lui, et où rarementil s’approchoit de personne sans demeurer seul bientôt après »(48). Inversement tout rappelle au prince le souvenir de sa fille de prédilection, la duchesse de Berry, dans ce domaine où une étiquette moins rigoureuse qu’à Versailles lui laisse plus de liberté pour se rendre aisément au Palais-Royal.

Le 18 juillet, Louis XIV va visiter le beau domaine de Vanves (49) dont Mrle Duc lui montre le ‘château, le parc et les eaux : élevés sur deux collines opposées, Meudon et Vanves se répondent et se servent l’un à l’autre de perspective avec leurs majestueux bâtiments et leurs jardins étagés.

C’est pendant le séjour du roi à Meudon, que le cardinal Dubois reçoit le châtiment de ses débauches. Saint-Simon qui, un an auparavant s’est retiré à Meudon, indigné de voir le car-

EME Ter

dinal devenir premier ministre, rapproche les deuxévénements. Frappé par cette alternative si brusque du destin, ily reconnaît la main divine, et, interrompant ses mémoires, il note les deux versets du Psalmiste (50):

« Vidi impium superexallatum etelevatum sicut ctiros Liban ; «Et transivi, et ecce non erat, et non inventus est locus equs.

« Le roi fit à Meudon une revue de sa maison où l’orgueil du premier ministre voulut se satisfaire ; il lui en coûta cher. Il y monta à cheval pour y jouir mieux de son triomphe, il y souffrit cruellement, et rendit son mal si violent qu'il ne put s'empêcher d'y chercher du secours. Il vint des médecins et des chirurgiens des plus célèbres dans le plus grand secret, qui en augmentèrent tous fort le mal, et par la réitération des visites et quelques indiscrétions la chose commença àtranspirer (51). » «Il alloit tant qu'il pouvoit au conseil, faisoit avertir les ambassadeurs qu'il iroit à Paris, et n’y alloit point, et chez lui se rendoit invisible, et faisoit des sorties épouvantables à quiconque s’avisoit de lui vouloir dire quelque chose dans sa chaise à porteur entre le vieux château et le château neuf où il logeoïit, ou en entrant ou sortant de sa chaise» (51). Le prélat se fait transporter à Versailles le 9 août ; il y meurt le 10. « Dès qu’il fut mort, M. le duc d'Orléans retourna à Meudon apprendre au roi cette nouvelle, qui le pria de se charger de toute la conduite des affaires, le déclara premier ministre, et en reçut le serment le lendemain (52). »

Le séjou: de Louis XV à Meudon prend fin le 13 août (53) et l'usage du Château Neuf, tout meublé, est rendu au duc et à la duchesse de Saint-Simon qui reviennent y habiter avec le duc et la duchesse d’'Humières « et bonne compagnie » (54).

De Versailles, le 30 septembre, le roi va chasser à Meudon (55) ; comme son grand-père, au retour de chasse, il se rend à Appartement des Marronniers. Le 9 octobre, il passe en revue ses mousquetaires dans le parc de Meudon.

Louis XV semble avoir aimé Meudon en sa jeunesse. Pierre Martin le Jeune peint pour lui en 1723 « Une veue de Meudon en perspective qui comprend tout le parcet le château, Monseigneur y entrant : cetableau est de8pieds dehautsur 6environ de longueur...600 livres » (n° 744 du Musée de Versailles. 56). Un peu plus tard, en 1738, Charles Léopold van Grevenbroeck peindra sur cuivre pour Louis XV «La vûe du chateau de Meudon et du village du coté du parterre » (57); et ce tableau servira de dessus de porte dans la chambre du roi à La Muette.

Louis XV va embellir Versailles et Fontainebleau, reconstruire Compiègne et Choisy, créer Saint-Hubert et Bellevue, édifier de petits châteaux et des pavillons en grand nombre. À Meudon, il reviendra souvent, donnera des ordres pour l’entretien d’un mur ou la réparation d’une allée, maïs ne logera plus désormais. Ancienne résidence, puis domaine de chasse, Meudon va passer au second plan, et, sans subir la proscription de Clagny, décliner lentement.

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