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s'ouvre, à gauche un escalier où sont trois grands tableaux : dont un de Franque, Hercule arrachant Alceste aux enfers, 1814, et un autre de Langlois, 1828. Les appartements du premier étage n’offrent rien de remarquable comme décoration et ameublement. Nous indiquerons quelques objets d'art.
« Salon d'attente (ancienne chambre contiguë au grand vestibule du parc). Angélique délivrée par Roger, par Rioult, 1824; cadavre déposé dans une barque, effet de nuit par Eugène Flandin.
« Chambre à coucher de Marie-Louise (Pièce correspondant à la troisième fenêtre après celle du grand vestibule sur le parc) donnant sur le parc : les tentures en soie sont de 1804; les rideaux sont de 1835.
« On traverse plusieurs petites pièces et l’on arrive à la galerie ayant vue sur Paris ; on y remarque l’Amour de Chaudet, en bronze, fondu par Soyer, 1822. De là on passe dans une pièce en retour ayant vue sur le Val-Fleury et qui fut la chambre à coucher de Napoléon : tentures de 1804 ; Enfant prodigue, et Saint Jérôme par Blanchard.
« Petit salon (Ancienne seconde antichambre, intitulée depuis Salon d'Argent et Salon Bleu) : Mort de Lesueur, par Vignaud, 1812.
« Salon de famille (Ancienne Grande Antichambre, puis Grand Salon): Athalie interrogeant Joas, et Rodogune par
. Coypel; Paysage, par François Casanova; Sauvetage d’un
navire par Gudin, 1824, un des premiers ouvrages de cet artiste qui aient attiré l’attention publique. Nous signalerons, en outre, trois dessus de portes de peintres du xvine siècle.
« Salle de billard (Ancienne salle des Gardes; salle à manger sous Napoléon Le et Louis-Philippe. Le Prince Jérôme prend ses repas dans la Petite Salle à manger du duc d'Orléans, qui, de l’autre côté du Vestibule du Parc, fait pendant à la chambre de Marie-Louise) : Nous signalerons également à l'attention un Chien se précipitant sur des oies par Huet (1769), et un élé-
gant paysage, genre classique, par M. Turpin de Crissé : Apollon, chassé du ciel, enseigne la musique aux bergers, 1824 ; statue de Pandore en marbre par le sculpteur belge Rutxhiel.
« Parc réservé. — Quand le château n’est pas habité, on peut visiter ce parc, en se faisant accompagner par un gardien. Derrière le château rayonnent des avenues bordées de charmilles, au bout desquelles est l’étang des Fonceaux. À droite, sont des couverts de marronniers, et, au delà, près de la porte de bois dite de Bel Air, est le bassin de ce nom, alimenté par l'étang des Fonceaux et fournissant de l’eau à tout le château et quelques concessions à Meudon. Cette première portion est en parc français. Quelques socles privés de leurs statues attestent l’état d'abandon de cette résidence. À gauche, une longue avenue droite, avec une pelouse au milieu, s'enfonce dans la direction de l'étang de Villebon. De cette avenue partent, sur la gauche, des allées qui serpentent à travers les accidents de la colline couverte de bois, parmi lesquels sont disséminés quelques vieux chênes. Au bas de cette colline assez élevée s'étend une verte esplanade encadrée de bosquets odoriférants. Là, dans le silence des bois animé par le chant des oiseaux, s'ébattent des troupes de lapins amateurs de serpolet, ou un daim timide s'enfonce et fuit dans le fourré après vous avoir aperçu.
« Du haut de la terrasse, on aperçoit une vaste plaine où la Seine dessine ses méandres d'argent, où le bois de Boulogne déroule à gauche le tapis verdoyant de ses bosquets et où Paris, la grande ville, étale au loin dans les brumes changeantes, diaprées d'ombres et de lumières, le gigantesque amas de ses monuments et de ses constructions. Montmartre, au-dessus de Paris, et, bien au delà, les collines de Montmorency terminent ce magique tableau. Si l'on reporte ses regards sur les bords de la Seine, on voit à la droite de l’île Séguin, l’île de Billancourt et de Saint-Germain. A l’une de ses extré-
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mités s'élèvent les bâtiments d’une fabrique de produits chimiques, du milieu desquels une cheminée s’élance vers le ciel comme un élégant obélisque ». Ainsi {voir p. 366) la ligne de Montparnasse et l’usine de Billancourt ressuscitent pour Meudon les antiquités égyptienne et romaine ! Que dire, alors, des centaines de cheminées récentes en brique ou en ciment armé, dont les fumées dérobent souvent aux visiteurs la vue de la Seine et de la capitale ?
H ne semble pas que le vieux roi détrôné ait apporté au palais de Meudon une modification quelconque. Très fidèle au souvenir de son frère, il conserve pieusement le somptueux décor de tentures créé par ordre de Napoléon. Indifférent à plus d’un détail, il lui importe peu que la couronne royale et les tables de la Charte soient sculptées au fronton de sa demeure. C’est seulement en 1863, que son fils, le prince Napoléon, demandera un crédit de deux mille cent francs pour faire remplacer ces insignes par les armes d’empire. Le sculpteur Maubert soumissionne pour ce travail et présente des modèles ; il s'engage à exécuter tout l'ouvrage pour huit cents francs et le termine le 8 avril de cette année (2). À la même date, on procède à des réparations assez sérieuses, ordonnées par le maréchal Vaillant (3).
En 1864, les anciennes écuries, devenues La Vénerie, sont restaurées à leur tour. Le prince Napoléon demande à son cousin l’autorisation de modifier le grand vestibule du parc pour en faire la salle à manger du palais. Contiguë à cette salle, une pièce de dimensions réduites, servant de chambre au xvir siècle et de Petite Salle à Manger sous Louis-Philippe, en tient lieu depuis que la Salle à Manger de Napoléon I‘ est devenue la salle de billard du prince Jérôme. Napoléon Il, après quelques pourparlers, donne son assentiment à la transformation (4). La même année est remis en état le Bassin du Tourniquet (4) dit autrefois Bassin du Gladiateur, puis du Parterre du Globe.
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En 1865, est refaite l'avenue, à laquelle on adjoint des trottoirs ; le gaz est installé à Meudon pour éclairer le palais et ses façades, les grilles, écuries et chenils (5). Cette installation vise même au grand style : les candélabres de la terrasse, les consoles en fonte et les grandes lanternes extérieures du palais sont « de style Louis XIV. »
En juin 1866, est démolie la voûte de l’escalier d’Aristote, abîmée par les infiltrations ; par contre, l’on complète et l’on agrémente un kiosque élevé en 1863 à la pointe de la terrasse du globe, « attenant à la Boule du Monde. »
Les deux années suivantes, l’on travaille à cette terrasse et l’on procède à des travaux hydrauliques dans les combles du palais pour prévenir toute possibilité d'incendie (6).
En 1870, le prince Napoléon décide un aménagement général des sous-sols du palais (7). À une époque où l'extrêèmeéloignement des cuisines était habituel (le Château Neuf n'en comportait pas), cette suite de grandes salles souterraines avait été destinée par Mansart à servir de celliers et de bûchers ; ces sous-sols avaient été très peu modernisés au xIx® siècle. Le budget impérial prévoit le versement de plusieurs annuités qui doteront le palais de tout le confort possible.
Le 7 juillet 1870, le prince Napoléon et le ministre de la guerrese mettent d'accord pour affecter une partiedessous-sols, . dont l’aménagement a été commencé, aux militaires de service au palais (6). Qui donc à cette date, songe à la guerre ? Ni le maréchal Lebœuf, qui examine sous ses divers aspects la question de ce corps de garde à établir, nile prince Napoléon, qui, mécontent de son kiosque rustique, veut poursuivre en justice ses treillageurs (6), niles parisiens qui, en pique-nique, sous la futaie de Meudon, dînent sur l'herbe en chantant :
«.… S0l, sol, do, pas cet air, je vous prie,
Nous l'avons, l'an dernier, ensemble répété,
Avec des Allemands qui pleuraient leur patrie
Dans les bois de Meudon, par une nuit d'été » (Murger).
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Cependant, la catastrophe était imminente L’admirable position du palais de Meudon le désignait comme point stratégique de première valeur pour la défense de Paris. Dès le 18août, on commençait à mettre ses abords en état de défense: les ouvrages devaient être reliés aux redoutes de Brimborion près Bellevue et de la Capsulerie, derrière les Fonceaux.
« Le 19 septembre, au matin (8), les échos de la forêt avertirent de l'approche de l'ennemi, qui après la malheureuse affaire de Châtillon, venait d’avoir un engagement sérieux dans la plaine de Clamart avec de jeunes recrues, principalement des zouaves, venues la veille à leur rencontre : nos soldats se battirent, comme toujours, avec la plus grande résolution, mais écrasés par le nombre, ils dûrent se replier sur Paris, en entraînant une grande partie de la population. Plutôt que de se laisser désarmer inutilement, la garde nationale de Meudon, qui venait de s'organiser, préféra aller prendre la défense de la patrie sur les remparts de la grande cité. La compagnie des sapeurs-pompiers fut la dernière à se rendre avec ses hommes, au poste qui lui avait été assignée dans le faubourg Saint-Germain. s
L'investissement de Paris du côté de Meudon était donc consommé ; les prussiens s'établirent incontinent au château et sur toutes les hauteurs qui dominent le cours de la Seine, de Fleury jusqu’à Brimborion.
« Maîtres de ces positions avantageuses, ils ne tardèrent pas à les fortifier et la terrasse du château, bouleversée de fond en comble, fut transformée en batteries formidables qui jouèrent, comme on le sait, un si grand rôle dans le bombardement de Paris.
«Pendant un cértain temps, bon nombre d'habitants purent rester dans leurs foyers ; maïs il arriva qu’un jour ils en furent violemment expulsés et emmenés prisonniers à Versailles .»
Dès lors, aucun français ne résida plus à Meudon et toute précision manque sur les événements qui s’y déroulèrent. Nos
forts d’Issy et de Vanves bombardaient sans répit les batteries lourdes établies sur la terrasse. Quelquefois, la nuit, des soldats français en maraude s'approchaient de la grande silhouette sombre du palais impérial.
Dans le duel d'artillerie fatal aux résidences voisines d'Issy et de Saint-Cloud, aucun projectile, par extraordinaire, n’atteint le château de Meudon. La vieille demeure, devenue un casernement du deuxième corps bavaroïis, était parfaitementintacte le 28 janvier 1871, date de la suspension d'armes, elle l'était encore le lendemain, date de l'évacuation des forts parisiens par les troupes françaises, et le surlendemain. Le 31 janvier au matin, le château de Meudon prend feu, incendié en même temps que la ville de Saint-Cloud, quarante-huit heures après la signature de l’armistice : ia combustion dure trois journées entières (9).
Les quatre murs, seuls restés debout, reçoivent quelques mois plus tard, divers projectiles destinés par la Commune de Paris aux troupes Versaillaises. Les plus beaux arbres du parc étaient depuis longtemps tombés sous les haches allemandes. | )
Elevés sous l’œil de Mansart en très belle pierre de taille et avec leplus grand soin,les murs du Château Neuf pouvaient résisterencore: ils n'avaient souffert de l'incendie ni dansleurgros œuvre, ni dans leurs sculptures, colonnes engagées, balcons et frontons. Comme pour Saint-Cloud, comme pour les Tuileries, il aurait suffi d’une couverture provisoire pour sauver ce beau décor et prolonger son existence jusqu'à des temps meilleurs. Mais ces palais impériaux, témoins éloquents de l’histoire et de l'art du pays de France, étaient liés dans l'esprit public au Souvenir de leurs derniers-occupants, de ceux qui avaient mené le pays à la catastrophe. Et ceci les condamna. La bande noire des démolisseurs et des antiquaires se partagea moellons et sculptures.
Les dossiers de la Liquidation de l’Ancienne Liste Civile (6)
FiG. 39. — Les'ruines du ChâteauiNeuf de Meudon et la terrasse occupée par le Génie Militaire.
anne) sa conservent le texte des réclamations du prince Napoléon rela= tives à ses biens personnels restés à Meudon. Ses meubles ont brûlé, mais il tient à se faire rendre « quelques instruments aratoires, des clôtures en fer, quelques plantes de serres, des chassis et des pots à fleurs ».
Tout ce qu'il est possible d’arracher aux ruines du château, l'administration le fait vendre au profit du domaine. Enfin, le 10 octobre 1871, remise est faite au génie militaire de la totalité des parcs public et privé de Meudon avec le haras ou parc de Chalais. Néanmoins, au budget de 1871,le ministre des Travaux Publics a inscrit pour une assez forte somme les réparations qu'il pense apporter à Meudon. A la discussion des articles, la chambre diminue les crédits. L’année suivante, après estimation de l'architecte Laudin, lors de l'établissement du budget, le ministre demande cent trois mille francs. Mais, le 16 avril, il note en marge du projet qu’il renvoie à l’architecte : «Réduction de crédits imposé par la commission du budget. Je ne saurais trop vous recommander la plus grande réserve dans l'exécution des travaux. »
En 1873, la troisième division ‘d'infanterie du deuxième corps est cantonnée à Meudon et exerce ses recrues dans le parc.
Comme le chantait le vieux poète, même les ruines périrent : « Etiam periere ruinœæ ».
Après l'abandon, vint l’oubli. Il ne fut plus question de Meudon jusqu'en 1878, époque à laquelle le directeur des Bâtiments Civils écrivait au ministre des Travaux Publics (6): « J'ai voulu me rendre compte de l’état dans lequel se trouvait le domaine de Meudon. Il est navrant. La ruine et la désolation partout.
« L'incurie du génie militaire est portée à un point qu'il est impossible de dépasser et les mesures d’ordre et de police que je pourrais vous proposer seraient inutiles en présence de cet
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