‹ Histoire du Château de Versailles: Versailles au XVIII e siècleChapitre 51 sur 61 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

ville et qui paraissent provenir du Petit Appartement de Marie-Antoinette au rez-de-chaussée. Les têtes et rinceaux dorés à plusieurs ors, qui entouraient les inscriptions dApollon et des Muses sont parmi le* plus beaux morceaux de la sculpture décorative du siècle.

27. Les plans jusqu'en 1788 montrent l'ancienne forme du cabinet. Heurtier écrit, le 18 juin 1788 : « J'ai l'honneur de rendre compte à M. le directeur général que les travaux de la nouvelle garderobe du Roi ont été cause qu'on s'est aperçu que le plancher au-dessous du lit du Roi était vermoulu. Sa Majesté, qui s'est aperçue Elle-même du mauvais état de ce plancher, a donné ordre hier matin, au moment de son départ pour Rambouillet, de refaire ce plancher à neuf. Cette addition de besogne n'est pas par elle-même fort importante ; elle privera seulement pendant quelque temps le Roi de l'usage de sa chambre à coucher » (Archives Nationales, O' 1806).

28. Gouthière n'est pas le ciseleur de Versailles, mais celui de Fontainebleau. Dans son •mémoire du 1" mars 1786 adressé à M. d'Angiviller, on lit : « Le sieur Gouthière... a encore l'honneur d'observer à M. le comte qu'il vient de faire, conjointement avec les sieurs Rousseau frères, sculpteurs du Roi, les bronzes de la cheminée de la salle des bains du Roi à Versailles, de celle de la Salle des nobles de l'appartement de la Reine et ceux du foyer de la Reine à l'Opéra » (J. Robiquet, Gouthière, p. 104). La cheminée de la salle des nobles paraît être celle qui est déposée dans les ateliers du service d'architecture.

29. Les plans manuscrits montrent l'appartement des Enfants de France occupant à peu près l'emplacement des salles 70 à 80 du Musée (non toute l'aile, comme le dit Soulié, t. I, p. 485). En 1755, Blondel le marque de même, en donnant à la gouvernante, Madame de Marsan, tout ce qui est devenu la salle de Marengo.

30. Lettre du 12 juin 1778 (Recueil d'Arneth et Geffroy, t. III, p. 2i3).

3i. Mémoires secrets de la République des lettres, t. XXIX, p. 3o (au 17 mai 1785). La petite Madame Sophie, quatrième enfant de Louis XVI, née le 9 juillet 1786, meurt dans les appartements des Enfants de France, le 19 juin 1787.

32. Versailles au temps de Marie- Antoinette, p. 58 (avec les textes des registres des magasins).

33. Lettres inédites sur la Cour de France, dans les Tableaux de genre et d'histoire de Barrière, Paris, 1828, p. 286. Duc de Lévis, Souvenirs et portraits, p. i33. Les Goncourt ont décrit à tort l'appartement de l'aile du Midi comme celui où la Reine « passait sa vie chez Madame de Polignac ». Cette intimité se place à la Vieille Aile, à laquelle aucun chroniqueur moderne n'a pensé.

34. « M. le prince de Condé a occupé, pendant le séjour de M. le comte du Nord, l'appartement de M. le maréchal de Duras, Premier gentilhomme de la Chambre du Roi ». Le prince de Condé prêta son appartement au grand-duc Paul de Russie et à la grande-duchesse Marie, pendant le séjour qu'ils firent à Versailles, au printemps de 1782 (Revue de l'histoire de Versailles de 1902, p. 5j).

35. Madame Campan, dont les souvenirs sont souvent incertains, écrit sur les débuts de cette faveur : « La comtesse Jules fut longtemps sans tenir un grand état à la Cour ; la Reine se borna à lui donner un très bel appartement au haut de l'Escalier de marbre » (Mémoires, t. I, p. 143). Tilly parle aussi de ce logement « au haut du grand escalier » (Mémoires, Paris,, 1828, t.I, p. 144). Un seul appartement correspond à cette indication, celui de Madame de Maintenon. Or, les plans et états de logements permettent d'en suivre sans interruption les occupants, depuis l'année 1735, où nous y trouvons le comte de Clermont, jusqu'à l'année 1789, où il est habité par le maréchal duc de Duras, qui y a remplacé le comte de Clermont. Le comte d'Hézecques, qui y a vu M. de Duras, le désigne par les mêmes mots que Tilly et Madame Campan, « l'appartement situé au haut de l'Escalier de marbre » (Souvenirs d'un page, p. 209). Mais, de même que le comte de Clermont prêtait son appartement à Marie Leczinska pour y loger le roi Stanislas, on peut supposer que le duc de Duras l'a prêté à Marie-Antoinette pour avoir tout auprès d'elle la comtesse Jules. Les pièces d'archives n'apportent rien sur ce point, que j'avais cru pouvoir nier dans ma première étude du sujet (Versailles au temps de Marie- Antoinette, p. 53). En tout cas, l'installation de Madame de Polignac dans l'appartement Maintenon n'a pu être que tout à fak provisoire.

36. Cet appartement de la Vieille Aile, qui fut celui du cardinal de Fleury, était occupé en 1755 par le duc de Villequier, père du duc d'Aumont et son prédécesseur dans la charge de Premier gentilhomme. Sur l'état des logements de 1770, il est composé de i3 pièces, dont 9 à cheminées ; le duc d'Aumont le partage vers ce moment avec M. de Rochechouart, plus tard avec M. de Polignac.

3;. Besenval mentionne, à cette occasion, les réunions du soir chez la duchesse de Polignac {Mémoires, t. II, p. 109). L'anecdote de 1778 est à la p. 61.

38. Le pavillon à colonnade logeait au premier étage, en 1770, le prince de Conti et, de 1777 à 1789, le duc de Penthièvre. D'après le plan reproduit dans Versailles au temps de Marie- Antoinette, un balcon régnait sur le côté de la Cour des Princes, et l'appartement Polignac était desservi commodément d'un côté par l'escalier du duc de Penthièvre, placé dans le bout de l'aile, de l'autre par deux escaliers plus petits, dont l'un servait aussi à M. de Duras. Dans le comble, se trouvaient des pièces étroites et très basses, qui étaient attribuées à la comtesse de Polastron, bellesoeur de la duchesse de Polignac. Après 1781 et jusqu'à la Révolution, le comte de Vaudreuil habite aussi la Vieille Aile, dans l'entresol de la salle du Conseil privé, sous l'appartement Polignac. On voit toute la société de la Reine réunie dans le même coin du Château. La Vieille Aile, déjà défigurée et destinée aune transformation totale, ne conserve plus de cette époque que quelques revêtements de boiserie très simple et deux petites cheminées demeurées en place.

39. Madame d'Ossun n'entre pas immédiatement dans l'appartement de la Vieille Aile, car le chevalier de l'Isle, écrit le 1" juin 1783 : « La Reine a pour son été trois princesses de Hesse- Darmstadt qu'elle aime fort et qu'elle loge ici dans l'ancien appartement de Madame de Polignac ; elles sont accompagnées de leur frère, le prince Georges. » (Lettres, dans les Tableaux cités de Barrière, p. 297). Sur le séjour de ces amies de la Reine à Versailles, voir le recueil des Lettres de Marie-Antoinette, publié par le marquis de Beaucourt et M. de la Rocheterie, t. II, p. 22.

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