Le Château sous Louis XV, p
48. Le i5 janvier et le 5 février 1787, on reçoit de la Manufacture de glaces celles qui sont destinées aux deux appartements, auxquels on travaille pendant les trois premiers mois de l'année. Aussitôt après, on s'occupe d'installer le Dauphin, qui s'y trouve au mois d'avril (Registres des magasins).
49. Ces appartements du comte et de la comtesse de Provence, habités avant eux par Madame de Lamballe,ont été transformés pour servir au président de la Chambre des députés. On a détruit alors les belles boiseries en chêne naturel de la bibliothèque de Monsieur, pour établir un escalier de service (Dussieux, t. II, p. 8).
50. L'escalier du pavillon de Provence a été refait, au moins partiellement, en 1788, comme l'atteste le rapport suivant, daté du 24 avril et curieux par les indications qu'il contient sur les travaux et les goûts de Louis XVI : « J'ai l'honneur de rendre compte à M. le directeur général que le Roi m'a ordonné il y a quelque temps de lui lever exactement toutes les mesures de la cage du degré de Monsieur et Madame à l'extrémité de la galerie des Princes ; qu'ensuite Sa Majesté a projeté Ellemême un nouveau degré beaucoup plus commode que celui qui existe pour les abords des appartements de Monsieur et Madame, et qu'enfin Elle m'a remis le projet de ce nouveau degré tout étudié avec ordre de dire à M. le directeur général qu'Elle désirerait qu'on s'occupât de le tailler d'avance, afin de pouvoir le mettre en place pendant le voyage que la Cour doit faire cette année à Fontainebleau. J'aurai l'honneur de remettre incessamment à M. le directeur général une copie conforme des plans que Sa Majesté a faits». Une autre pièce mentionne «les plans étudiés et mis au net par Sa Majesté Elle-même. » (Archives Nationales, O1 1806).
5i. Hézecques, Souvenirs d'un page, p. 58. Les mémoires de M. de Séguret, p. 18. La « bouche » de Madame, celle de la comtesse d'Artois et la cuisine de Mme de Polignac étaient, à la fin du règne, dans le bâtiment de l'ancienne Surintendance, situé en face de l'Hôtel de la Guerre.
52. Lettre de la marquise de Lostanges, écrite en juillet 1789 (Revue historique, t. CXVI, 1912, p. 304). La visiteuse ajoute ces indications : « Nous avons trouvé une salle des gardes du corps de plus dans le Salon d'Hercule, et une salle des Cent-Suisses immédiatement après, dans le salon de la Chapelle ». On garde de tous les côtés l'appartement royal, ce qui n'empêchera pas l'événement du 6 octobre.
53. «M. le comte et Madame la comtesse d'Artois occupaient... avec Madame Elisabeth tout le premier étage de l'aile droite du Château qui donnait sur l'Orangerie, dans la galerie appelée galerie des Princes. Ces appartements, quoique vastes, ne l'étaient pas tant que plusieurs cabinets ne tirassent leur jour de la galerie et ne fussent très obscurs» (Hézecques, p. 63; cf. p. 146). La marquise de La Tour-du-Pin mentionne le logement de sa tante, la princesse d'Hénin, donnant sur le parc, « très haut au-dessus de la galerie des Princes ». (Journal d'une femme de cinquante ans, Paris, igi3, t. I, p. 179, 223, 228).
54. Au rez-de-chaussée, au-dessus de l'appartement d'Orléans, était logé le duc de Coigny, qui avait son entrée sur la cour des Princes (Versailles au temps de Marie-Antoinette, p. 96).
55. Le premier étage du « pavillon d'Orléans » contient encore une pièce avec sa boiserie du xvnie siècle. Il en existait d'autres, avant les destructions accomplies pour installer les services de la Chambre des députés, en 1875 ; Nepveu en avait fait, en 1834, sept charmants dessins offerts par lui au roi Louis-Philippe : « Le Roi, écrivait-il, à chacune de ses visites revoit les appartements [du pavillon d'Orléans] avec un intérêt particulier, en se rappelant plusieurs souvenirs de son enfance. » L'architecte croyait même que le duc de Chartres y était né en 1773. Louis-Philippe est né au Palais-
aia NOTES
Royal ; mais il avait habité mainte fois sans doute, avec Mme de Genlis, les appartements du Château, auxquels se rattachaient ses souvenirs de l'ancien Versailles.
56. On trouve indiqués dans Versailles au temps de Marie-Antoinette, p. 73, la plupart des libelles contre le duc d'Orléans nés des journées d'octobre, de l'action criminelle du Chàtelet et de l'enquête dont le député Chabroud fut le rapporteur. La réponse du prince est intitulée Mémoire justificatif pour Louis-Philippe d'Orléans, écrit et publié par lui-même, en réponse à la procédure du Chàtelet, Paris, 1790.
57. Marquise de La Tour-du-Pin, Journal d'une femme de cinquante ans, t. I, p. 232. Dans le récit que fait l'auteur des journées d'octobre, d'utiles précisions topographiques sont à recueillir, notamment sur la petite porte de la rue du Grand-Commun, par où pénétrèrent les femmes qui envahirent les logements des ministres (dans la soirée du 5), et la disposition des grilles de la Surintendance et de la cour des Princes, qui furent l'une ouverte, l'autre forcée par les deux cents premiers envahisseurs du Château (le matin du 6). Un témoignage presque aussi précieux se trouve dans les Mémoires de la marquise de La Rochejacquelein, Paris, 1889, p. 85 et suiv.
58. J'ai publié le mémoire de Du Rameau, daté de 1788, dans le t. VIII (1916) des Archives de l'art français. Cf. Journal des Débats du 29 octobre i8i4,et Vaysse de Villiers, Itinéraire descriptif, Ville de Versailles, Paris, 1822, p. 108. En 1791, les frères Rousseau ont dû « revisser à neuf tous les trophées et ornements des escaliers, des appartements, et de la Grande Galerie », et « épousseter ladite Galerie, après la pose au plafond du tableau par M' Du Rameau» (Archives nationales, O" 1765).