PORTAIL
château n'a pas été bâti en 769 , il ne l'a pas été davantage en 1769.
Au-dessus de la porte s'ouvrent trois fenêtres superposées , que surmonte une espèce de lucarne. Celles du deuxième et du troisième étage ont conservé leur meneau de pierre en croix. La sculpture et les filets de leur encadrement dénotent l'architecture du xve siècle. D'autres indications, plus précises encore , viendront à l'appui de ce signe caractéristique, lorsque nous nous occuperons de décrire l'intérieur du portail. Jetons un coup-d'œiJ sur ses tours.
Admirez avec moi l'effet extraordinaire de cet énorme manteau de lierre qui embrasse la tour de droite , monte de sa base à son sommet , et l'étreint de ses mille bras1. A peine s'il permet de laisser deviner la fenêtre qui s'ouvrait vers le centre de la tour. Nous disons deviner, il le faut, car le lierre a tout envahi, et l'absence d'une ouverture semblable à la tour de gauche ne vient point à l'aide de l'œil de l'observateur. Cette dernière , en effet, n'a point de fenêtres; car nous ne saurions compter pour telle la meurtrière, autrement dite arbalétrière , garnie d'un treillis en barreaux de fer, qu'on voit à quinze pieds
1 Voir la vignette placée au grand titre de cet ouvrage.
environ de terre l. C'est le jour d'une prison. Deux meurtrières semblables sont placées en regard, dans le flanc de la tour opposée.
Un arrachement, qu'on peut remarquer à la base des deux tours, dans la direction et dans l'alignement des parapets latéraux du massif a ( planche II ), dont nous avons parlé plus haut, doit faire supposer que ce dernier faisait corps avec le portail, au moyen d'un mur qui venait s'attacher aux tours , et qui en rendait ainsi l'approche plus difficile.
Cet obstacle franchi, deux herses en fer, tombant de la voûte du passage d'entrée, sans compter une forte porte en bois qui leur était interposée, étaient là pour arrêter l'ennemi. Ces herses ont disparu, mais on peut voir encore leurs coulisses. Elles sont mentionnées dans les comptes du château, en même temps que le pont-levis de l'entrée. Voici les articles qui y sont relatifs :
i4o6 — 1407- « A J. Thomas pour une journée
1 Ces barreaux furent placés en 1558. On lit dans les anciens comptes manuscrits du château :
« Au serrurier 13 1. 13 s. 4 d. pour dix huit bares de fer tant •1 grandes que petites , poisantes huict vingtz troys livres, vallantz « au pris de 20 deniers V chascune livre la somme de 131. 1 3 s. 4 d., « lesquelles barres ont este mises aux fcnestres des chambres de la « geôle dud. Tancarvillc. »