‹ Histoire du chêne dans l'antiquité & dans la natureChapitre 105 sur 129 · VICES ACCIDENTELS · texte numérisé non relu

VICES ACCIDENTELS

Gélivurk. — Les bois présentent souvent des fentes en forme de V. Ces crevasses commencent dans Técorce, traversent Taubier, et pénètrent dans le bois en s amincissant. Quelquefois ces fentes se remplissent d'une. matière ligneuse, impar- &ite, sorte d'aubier intercalé dans le bois franc, qui semble ainsi entrelardé. La gélivure est une cause de rebut ; elle codipromet la résistance et la conservation des bois. Ce vice est causé par la congélation de la sève dans les vaisseaux ligneux,, qui perdent sous cette influence leu^ vitalité et leur élasticité : on comprend qu'il se manifeste surtout à la circonférence.

LuNURE ou Gelure. — On donne le nom de bois lunés ou gélifs à ceux qui présontent, sur la tranche, une couronne ou un simple croissant de ti^su ligneux altéré, d'une couleur blanchâtre, d'une consistance faibie. Quelquefois c'est le cœur même du bois qui se trouve ainsi transformé : et comme les portions de lunées s'altèrent facilement, un cylindre entier de bois se détruit au centre de lia pièce. M. de Lapparent signale ce vice comme très fréquent chez les pièces de chêne rebutée» par la marine : il croit à la possibilité de les utiliser ailleurs' que dans les constructions navales, en les injectant, La lunure est un accident de la végétation, une mortification du tissuligneux par le froid ou une autre cause.

GiRçuRE. — Les boîs gercés sont fendus transversalement à la- direction des fibres. Ces gerçures ne sont une cause der rebut que lorsqu'elles atteignent une certaine profbndeur.

Fentes. — Ce Sont des fissures dans la direction des fibres.

Elles proviennent d'une dessiccation trop rapide ; les meilleurs bois en présentent. Elles peuvent nuire, quand elles sont larges et étendues, à la conservation du chêne, ou forcer à débiter les pièces.

Frotturks. — Plaies de Técorce ou du bois produites par le frottement des branches, la chute d'un arbre, le heurt d'une roue de charette, etc. Ces blessures, que Técorce recouvre parfois, sont des points par lesquels commence l'altération des bois.

RouLCRES {cap shake], — Solution de continuité circulaire qui divise la pièce en deux cylindres concentriques, lui enlève sa force et l'expose aux influences extérieures jusque dans ses profondeurs. L.a roulure ast cinmlaire ou semi-ôirculaire ; elle s'étend plus ou moins en longueur. C'est un vice grave qui entraîne le rebut, à moins qu'on ne puisse réduire la pièce au cylindre intérieur, ou l'ébouter de façon à retrancher la partie roulée.

La roulure est due à la destruction de zones imparfaitement lignifiées dans l'intérieur des tiges. D'après Deslaùdes, l'hiver de 1709 détermina la roulure chez presque tous les chênes.

Cadranure. — Elle accompagne la roulure. Elle est caractérisée par des fissures rayonnant du centre vers, la circonférence, où elles disparaissent en diminuant de largeur. La cadranure est un vice grave, un avant-coureur de la destruction des bois, car il ne se manifeste que chez les arbres qui approchent du retour.

Trous d'abattage. — Les bois entaillés circulairement tombent avant que les fibres centrales soient coupées, et celles-ci formant pivot se brisent par arrachement, laissant un trou plus ou moins profond dans le cœur des tiges renversées. L'éboutage des pièces fait disparaître ce vice, dû à la maladresse des forestiers. En Italie, on déracine les chênes isolés, oe qui

permet souvent d'obteair certaines oourbes avec les maîtresses racines, et un fut un peu plus long.

Coups de foudre. — L'action du fluide électrique sur les chênes a été tout récemment étudié en Allemagne par Fr. Buchenan (1). L'auteur montre que les lésions sont différentes suivant l'époque de Tannée à laquelle les chênes ont été frappés, et suivant l'intensité du courant. Quand la foudre tombe au commencement d*un printemps humide, le fluide trouve un excellent conducteur dans l'aubier gonflé par la première sève chargée de l'amidon et de la gomme élaborés pendant Tété précédent. L'aubier donc peut être profondément lésé, désorganisé même, et devenir très apte à former plus tard, dans l'intérieur des tiges, ces zones blanches qu'on désigne sous le nom de lunures.

Quand le courant électrique ou la décharge ont été très faibles, le cambium devient le tissu conducteur, et les déchirures intéressent alors seulement l'écorce soulevée par la tension de la vapeur d'eau développée.

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