COMPOSITION DES GLANDS
Il est nécessaire pour compléter cette étude du gland de chêne, au point de vue alimentaire, de donner sa composition chimique ; la voici :
I«œTlff (1829).
Huile fixe 4,30
Extractif amer 5,20
Amidon 38,50
Ligneux 31,50
Tannin 9,00
Gomme 7,00
Résine 5,20
Potasse, chaux, alumine traces
BiuooAot (1849).
Huile fixe 3.27
Matière extractiforme . 5,00
Amidon 36,94
Lignine 1,90
Tannin combiné avec
légumine 15,82
Sucre incristallisable. . 7,00
Sucre de lait traces
Acide citrique !.. traces
Eau.. 31.80
Potasse 0,38
Sulfate de potasse 0,19
Phosphate de chaux . . 0,27
Phosphate de potasse. 0,05
Chlorure de calcium. . • 0,01
Silice et oxide de fer. . . traces
On voit que les chimistes sont d'accord sur la proportion d'amidon qui donne aux glands leur principale valeur alimentaire. Quand aux sels minéraux, nous pouvons en demander l'énumération à un autre chimiste, Leuchten- Weiss, qui a analysé les glands décortiqués et incinérés. Voici ses résultats :
Potasse 51,7 Magnésie..... 4,5
goude 0,3 Fer et Manganèse oxi-
Chaux «,4 dés 0.9
Acide carbonique . . . 14,3 Acide phosphorique. 13,7 Acide sulfurique ... 2,3
Chlore B^b
Silice 0,8
Charbon 5,6 •/•
La faible proportion de la soude nous frappe ; cette substance semble manquer dans toutes les parties du chêne, et constituer ainsi un des caractères les plus remarquables de ce végétal.
Une étude plus approfondie de la composition du gland y a *fait. découvrir une matière sucrée, propre aux fruits du chêne, et que le& chimistes ont désignée sous le nom de Quercite.
Les cristaux de quercite sont des prismes inaltérables à Tair, durs et croquants, d'une saveur légèrement sucrée, comme terreuse.
La composition de ce sucre de glands est, d'après
M. Wurtz :
Mélangé avec la levure de bière, ce sucre ne fermente pas. C'est de la mannite moins deux équivalents d'eau.
Ainsi le gland de chêne contient de l'amidon, du sucre, de la matière grasse, et, parmi ses matières salines, du phosphate de chaux ; la légumine y représente l'élément azoté : c'est donc une substance alimentaire complète, et l'on comprend qu'en Espagne, dans l'Estramadure, par exemple , l'engraissement des porcs soit rapide par les glands. Disons cependant que le tannin de ces fruits ne saurait convenir à tous les animaux : on dit que les chèvres qui en mangent urinent du sang.
CHAPITRB XXI.
Le Chêne et la Teinture.
Si l'art de rimpression sur tissu était obligé de renoncer aux produits tirés du chêne, ou aux dérivés de ces produits , les difficultés que Ton trouverait à les remplacer seraient la mesiu'e de Timportance du chêne dans la teinture.
Nous allons essayer de résumer les services des végétaux dont nous faisons l'histoire, dans une branche d'industrie qui intéresse si directement la France. Ce sont surtout les qibercti^ tinctoria et quercus infectoria qui sont précieux à ce point de vue.
QUERCUS TINCTOHIÂ.
Depuis plus de 60 ans, Bancroof a fait connaître les applications d'une écorce de chêne vendue dans le commerce sous le nom de quercitron, et provenant d'une espèce américaine le Q. tinctoria, ou chêne quercitron. L'introduction de cette matière colorante dans les fabriques anglaises fut jugée d'une telle importance, que le Parlement anglais concéda à Bancroof le privilège exclusif de préparer et de vendre cette substance tinctoriale.
D'après M. Persoz, cette écorce se compose de trois parties : 1** l'épiderme qui doit sa couleur noire à l'inilltra-
tion de la sève au travers de ses pores, et qui, ne renfermant qu'une petite quantité de matière colorante altérée, en est soigneusement enlevée ; Î9 un tissu celhilaire, où réside la matière colorante ; > Faubier.
I^e quercitron, dont la valeur commerciale est assez ^élevée, est Tobjet de nombreuses falsifications, avec des bois dont la teinte jaune se rapproche plus ou moins de la sienne. Malheureusement, cette substance se vendant en poudre, il faut avoir recours à un essai chimique pour en reconnaître la pureté.
On peut, suivant le procédé de Houton-Labillardiére, essayer au colorimètre une décoction de qoercitron suspect, et les comparer avec une décoction de quercitron normale.
Une décoction de 1 gr. de quercitron dans 10 gr. d'eau filtrée à chaud, offre une teinte jaune orangé brun, qui ne se trouble que par le refroidissement, mais qui, après un certain nombre de jours de repos, laisse déposer une substance cristalline nommée quercUrin ou quereiPrine.
L'odeur de la décoction de quercitron ressemble à celle de notre chêne ordinaire et sa saveur est astringente et amére. Elle rougit le tournesol et précipite la gélatine. Les oxydes alcalins et terreux rendent sa nuance plus foncée, les derniers la précipitent en jaune roux. Cette réaction distingue essentiellement le quercitron du bois jaune.
Une solution d'alun servira encore à distinguer le quercitron du bois jaune. Dans la décoction du premier, elle ne produit qu'un léger précipité jaune saie et un précipité très abondant dans la décoction du second. Les sels de chaux, enfin, caractérisent la matière colorante du quercitron, ils sont décomposés par elle et donnent naissance à de véritables laques.
MM. Ghevreul, Bolley et Rigaud, ont étudié la matière
sa
colorante du quercitroQ, que le premier de ces chimistes nomma quercitrin et le dernier quercitrine.
Cette quercitrine paraît exister dans Técorce du quercus tinctoria^ à Tétat de combinaison avec un acide tannique particulier. On peut enlever la matière colorante à Técorce et robtenir sous forme de petits cristaux microscopiques solubles dans 5 à 6 p. d'alcool et dans 422 p. d'eau bouillante.
Sa composition est exprimée par la formule G H 0 *
Le quercitron est utile, non-seulement comme matière colorante, mais comme réactif. Souvent les fabricants éprouvent de sérieuses difficultés à cause des sels de chaux contenus dans les eaux qu'ils emploient. Ces sels de chaux modifient les couleurs. Le quercitron, dont la matière colorante a pour la chaux une grande afllnité, est fréquemment employé pour sauver de l'action de cet alcali les teintes délicates, celle de la garance par exemple.
M. H. Schlumberger a montré que la poudre de quercitron» ajoutée dans un bain de garance danjs la proportion de un trentième du poids de la matière colorante, équivaut à un poids de garance même égal à 27. Cette dernière nuance est ainsi modifiée par le quercitron qui lui communique une teinte jaune orangé. A Rouen, où Ton fabrique beaucoup de mouchoirs genre foulard, ces deux matières colorantes sont fréquemment combinées. .
Le jaune est la teinte propre au quercitron. Il sert à communiquer aux tissus des teintes aussi variées que peuvent l'être les mordants qu'on lui associe.
Avec les mordants d'alumine, il donne une couleur jaune serin pur. Avec les mordants de fer, des gris, des verts olivâtres, des noirs particuliers ; avec l'oxide chromique, un jaune olivâtre : avec des mordants mélangés d'alumine et de fer, des couleurs olive et réséda. Pour le
réséda clair, le réséda moyen, le réséda foncé , la proportion de-quercitroa par pièce est de 750 grammes, 1,500 gr., 1,650 gr.
L'emploi du quercitron en teinture demande des précautions spéciales, tenant à la nature de son principe colorant, et à la forte proportion de tannin à laquelle il est associé; Il est nécessaire de ne pas dépasser une température de 20 à 25** et de neutraliser le tannin à l'aide de la colle forte.
La teinture de quercitron est préparée à l'aide ' d'une décoction de cette, écorce de chêne, à laquelle on ajoute un peu de carbonate potassique, sodique ou calcique, dans le but d'arriver à des teintes d'un jaune plus pur.
On ne peut se faire une idée de la variété des effets qui peuvent sortir de l'union du quercitron et de la garance, et surtout du quercitron et de la coclienille. Avec les bois rouges, il donne les nuances bois, puce , etc. Avec le cachou, le fernambouc, le fustet et la noix de galle, il permet de réaliser toutes les nuances allant du marron à l'olive. Les teintes pistache, cannelle, acajou, tourterelle, etc., sont encore dues au quercitron associé avec diverses substances.
Le quercitron a été une des premières couleurs appliquées à la vapeur. Bancroof, vers 1797, < voulant produire sur le drap une impression jaune, imprima une décoctioii concentrée de quercitron à laquelle il avait ajouté une certaine quantité de nitro-sulfate d'étain. Après avoir couvert de papier la surface imprimée pour éviter les réapplicages, il enroula le drap sur lui-même, et l'introduisit dans un sac en coutil d'un tissu très serré. Il exposa ce sac, hermétiquement fermé, à l'action de la vapeur d'eau durant 15 à 20 minutes, et parvint ainsi à appliquer à l'étoffe un jaune aussi solide que si on l'eût fixé à la
iqpiî^r» Qr^liD^e. ^ tes appltci^tiosts du qu^nûtroâ par ç^tte iQ^|h(>4« porfeotionoéQ wnt aujourd'hui ucooi^ireusea et diverses.
3'il f9»llaît iadiquer tm^ les çombia^pas j,Qâmm.Qnt yapiéoa dç auaaçes sur tqile, cQton^ laine^ ^oiç^ yelowrg^ çtc, dans lesquçU^s le qv^ercitroa ^^\ QmplciyQ, wm sçriqu^. obligé d'QAtrer dans d^ef d^t^Is qui n^ »waiQ»t pas Qn rapport, ayec. le but de cet quryrage. Il npm sul&t d'avoir montré, dans une grande industrie., l^ rOlQ iîOfio^ tant de cette écorqe de chêfte (l).
NQIX DE GALLÇS.
Les noix de galle oat une grande importance en teiii' t^rç ; nous alloi^s résumer Içw utilité dAQs l'art de Pimpression des ti$s\is.
Ces excroissancesi, variable^. dQ formes et de çpulôur^ possèdent, aussi des valeurs différentes,, au poiqt de \w dQ3i usages auxquels on Iça destiï^e.
Paps le commerce, on distingue deux sortes de ^oix dei galle : le^s blanobes çt les i^oire^. l^es blaocb^s Qat
{i) C'est CD Amérique même qu'on dépouille l'écorce du queretlroa de son épiderme, qui contient beaucoup de matière colorante fauve, puis on pulvérise avec des meules la V écorçe et on Fexpédie. Il se foone» par celte pulv^isatioa grossière, une paud^ fine el des fibre» CïOi^ir|e<j^ : celle^Toi ceolieun^nt deui fois, moins de pmn<ïipe c^omnt que la poudre. De c^uelque contrée des Etats de l'Union que soil e^^pédié le quercitron, il arrive en boucauts de 500 à 700 kilogrammes, en demitterçons et quarts, de poids proportioDAé. Les fûts sout frc^ipés sur le fond; d'upe i^apqMe à fei^ qui iacliq^e lie poids de t^ m<ii*Qh<Lndi$e^ Oa 4istin^ue daoa 1q quercitron les espèces suivantçs :
Q. DE Philapblphie. ^ Brins meous, légers, couleur blonde.
Q. DE Nrw-Yoak. — Brins légers, effilés, un peu plus gros el plus
longs.
Q. i^B, 9i^VT^iQ#E^ TT Bri^s e»çQre pjj^s ^os, «CH^inFiafnés d«:m^;cea«Ji d'écorce.
recueillies après la sortît de riiisecte> elles sont légéreà. Souvent, pour les faire passer, oo bouche le trou par lequel le cynips a pris son essor, on les colore> et on leur communique ainsi^ sauf la densité, les caractères des gailes noires. Celles-ci, récoltées avant la sortie de l'insecte, sont dures et pesantes.
Les noix de galle portent différents noms dans le commerce :
Noix de galle cTÀlep ou galle verte d*Alep, ou galle noire. PeHte galle ùouronnée dPÀlep^ mêlée à la t>récédente. GâUk de Smyrne^ peu différente de la première. Galle marmonne. Galle d^lstrie. Galle de Chine, de Soriath, de Roumanie^ etc. La première est la plus estimée. Le mélange des espèces constitue les galles dites e/n sorte* Toutes croissent sur les chênes.
La noix de galle renferme les principes suivants qui varient avec les qualités :
Adde tannique 65 7o
— gallique 2
— èllagique.. ) ^
, — luteogalliqne , )
Sels, ligDeax, gomme, ete ; 31
Un fait considérable, au point de vue des applications de la noix de galle à la teinture, c'est la transformation lente de Tacide tannique en acide gallique, dans les solutions aqueuses, placées dans certaines conditions
Quelle que soit l'idée que Ton se forme de la cause (Jui produit de semblables effets, il est à désirer, dit M. Petsoz, dans rintérét du fabricant» que Ton puisse savoir positivement si c'est l'acide tannique ou l'acide gallique qui joue le rôle le plus im^pcirtant dans les applicatms de la ifoix
de galle, ou bien si le concours de ces deux acides est nécessaire pour réaliser les résultats les plus favorables. Fixé sur cette question , le fabricant se réglant sur les besoins de sa production, traiterait la solution de noix de galle de manière à n'en retirer que de l'acide gallique ou de l'acide tannique. Il est constaté que dans la teinture en garance , par exemple , l'acide galiique ne peut pas remplacer le tannin.
Comme le quercitron, la noix de galle est employée à neutraliser la chaux des eaux destinées à la teinture : comme lui, également, d'après H. Schlumberger, la poudre de noix de galle ajoutée dans un bain de.garietnce, dans la proportion de 1/30 et même de 1/15 du poids de la matière colorante, équivaut à 24 ou 34 de garance en plus ; cela réalise une économie considérable sur une substance chère.
Si l'utilité de la noix de galle dans le garançage peut être discuté, il n'en est pas de même dans le mordançage des étoffes qui doivent recevoir cette matière colorante.
Tout le monde connaît ces belles nuances désignées jadis sous le nom de rouge d'Andrinople, rouge turc ou mérinos, et dont la garance est la matière colorante. Les couleurs, pour adhérer aux tissus et devenir insolubles, doivent entrer dans des combinaisons particulières, souvent fort complexes. Ainsi, pour teindre une pièce de toile en rouge turc, il faut: l» la huiler; 2" l'engaller; 3« la teindre; 4» l'aviver.
Au sortir du huilage, on recouvre uniformément la pièce d'un mordant inorganique, c'est l'alun ou l'acétate d'alumine dont on se sert pour teindre en rouge, et 'e nitrosulfate de fer pour teindre en violet.
L'engallage se produit en deux fois. Tune avant le premier garançage, l'autre après le second. On épuise par
Peau 10 kilo^. de noix de galle en sorte concassée, on ajoute à cette décoction la quantité de liquide nécessaire pour former 300 litres, dans lesquels on dissout à chaud 16kilogr. d'aluu. On introduit cette liqueur chaude dans Tappareil à foularder en la maintenant à la température de 7(y. Cette quantité de liquide gallo-aluminique suffit pour mordancer 500 * livres de coton. Après séchage et premier garançage, on replonge de nouveau la pièce dans le bain de noix de galle, on termine par un dernier garançage suivi d'un certain nombre d'avivages.
La teinture en cochenille emploie la noix de galle, 40 à 60 grammes par kilogramme de matière colorante. Les noirs au campèche en demandent aussi.
M. Debeaux, pharmacien-major de Tarmée, dans son Mémoire sur les matières tinctoriales des Chinois^ cite les galles recueillies sur les branches du Q. castaneifoliay ainsi que les écorces sèches de ce même chêne. On en fait, pour la teinture, des liqueurs astringentes qu'on mêle à des solutions ferrugineuses.
L'écorce de notre chêne commun est elle-même quelquefois employée en teinture. On obtient avec elle une teinte désignée sous le nom de gris au tan, qui sert dans . les genres soubassements. On produit ce gris en foular* dant les pièces dans un bain renfermant : ty, mordant rouge et pyxolignite de fer, parties égales.
Après deux ou trois jours de repos, on fixe à. Teau bouil" lante, ou avec de la bouse de vache : on lave et Ton teint à la température de 35 à 45<* dans un bain contenant un kilogr. de tan par pièce.
D'après M. H. Schlumberger, la poudre d'écorce de chêne, ajoutée dans un bain de garance, dans la proportion de -l/SO"* de cette matière colorante^ équivaut à un poids de garance même égal à 25.
La sciure de bois de chêne ne saurait remplacer la poudre de tan : dau3 les mêmes circonstances, au lieu de valoir une certaine quantité de garance, elle neutraliserait, au contraire, une quantité de cette matière colorante égaie à 14.
K£RM£S nu GHEN£.
On connaît depuis longtemps les propriétés tinctoriales d'une autre substance qui, comme la noix de galle, se rencontre sur les chênes, y vit et s'y développe. C'est le kermès dont nous avons déjà parlé.
La belle couleur de ces animalcules, dit M. G. Planchon, a dû frapper de bonne heure , et le moyen de la fixer sur les étoffes tenta les populations qui l'avaient sous la main* Tbéophraste ne dit rien du xoxxotr (poivixoo des yeuse. Le ooceus bapMca était employé dans la teinture au temps de Dioscoride, car, un peu plus tard, Pline vante la graine d'écarlate; dont la pourpre était réservée aux généraux et aux empereurs.
La teinture par le k^mes devint au moyen-âge une branche importante d'industrie , à Marseille , Lucques , Gènea, Montpellier, etc. ; Pusage de la graine d'écarlate était entourée de formalités : les étrangers ne pouvaient, à Montpellier, en faire usage, et l'ouvrier pré tait serment d'employer cette précieuse matière dans des conditions dét^minées«
Eu vaîn, les règlements prescrivirent l'emploi du kermès^ pour la couleur rouge nommée éca(rlate de Venise, et tolérèrent-ils l'addition de la garance aux kermès pour les deoaai-ôcariates de Venise ; cela suffit peut-être pour empêcher la substitution des bois du Brésil i la graine, mais non la oochenille.
La récolte du kermès du chêne n'était pas localisée sur
un seul ^oint de la réi^on méditerranéenne : la Galatie, rArménie, la Gilicie,, la Sardaigne^ TËspagueet le Portu gai, etc.» avaient assez de Qmrcus coccifera ou de cbêaes verts pour que le kermès y fût recherché. L'Afrique même en fournissait une certaine quantité» mais peu estimée*
La récolte, dit M. Planchon, était Toccupatioa des femmes et des enfants dans le Languedoc et la Provence. Ils profitaient des premiers moments de la journée* alors que les feuilles imprégnées de. rosée étaient moins piquantes. Leurs outils habituels, dans cette chasse singulière^ étaient des ongles très-longs» avec lesquels ils séparaient la graine de la branche où elle adhérait. Us pouvaient, dans une matinée, ramasser jusqu'à deux livres de kermès.
Il fallait que le kermès fût très-abondant pour qu'une récolte pareille put être faite en aussi peu de temps. Le produit d'une seule année dans les garrigues d'Arles était estimé à 11,0U0 sous d'or par Quiquéran; et l'année 1774 en aurait donné, dit M. Tricou, cent quintaux au moins, aux environs de Montpellier.
D'après les observations de M. Planchon, les localités les plus riches autrefois en graine d'écarlate, en possèdent peu aujourd'hui, l'insecte a diminué parallèlement à son emploi. Cela tient, sans doute, au peu de soin que l'on prend des chênes qui le portent.
Au siècle dernier, le kermès du chêne se vendait 30 â 40 sous la livre prête à être employée.