‹ Histoire du chêne dans l'antiquité & dans la natureChapitre 41 sur 129 · ALTITUDE · texte numérisé non relu

ALTITUDE

Il existe des conditions qui peuvent modifier pour les chênes les températures extrêmement chaudes des régions qu'ils habitent, c'est l'altitude. Le Mexique n'est peut-être aussi riche en chênes, malgré sa situation méridionale avancée, que parce que la hauteur de ses plateaux et de ses montagnes corrige la température propre à sa latitude moyenne.

La continuité des chaînes de montagnes à travers l' Asie- Mineure, l'Arménie, le Kurdistan, la Perse, sert de route aux chênes jusqu'au Népaul : c'est par la gigantesque arête dont l'Hymalaya est le point culminant, que les espèces de l'Asie occidentale peuvent donner la main à celles de l'Asie orientale, et franchir les plaines brûlantes

de rindoustan et du Bengale. C'est encore par les montagnes du Bputaa, de la Birmanie et les pipnt? igloos, etc., que les jBspèce^ quercieunes (jl.espendeQt vers Ja pre3.qu'î}e de Maiacca , dont elle^ suivent encore tes hauteurs ju3qu'w^ détroits de la SPUde. Eftfln, dans- le^ grandes îles, la plupart des représentants du genre habitent les ha^lt^3 montagnes de Sumatra et de Java (t).

Pour remonter de cette Umite inférieure vers le nord, jusqu'à la pointe septe^tripnale du Japon, d'autres mpntgignes offrent aux cl^épes une nouv.ell.e route. Les prêtes, qui traversent Bornéo , Ips péjèbes , les PhiJippiiîP3 , la Chine méridionale , pt le Japon lui-mpme , sont prientpeç dans la même direction : c'est pur peJ-te yoie que 1^3 çhêpes repioiitent ou descendent, ou plu|;ôt qu'ils 3e continuent. Si l'on jette un coup-d'qpil §ur la carte de l'Asie, on remarque que 1^ ligne des chênes, du JBosphore à Java, et de Java à Textrémité nord du Japon, est tracée par une suite de montagnes formant un V très-ouvert.

M. Dalton-Hooker fait observer que c'est la dépression qui existe entre les Andes du Mexique et celles de la Nouvelle-Grenade qui a presque complètement arrêté le passage des chênes, si nombreux et si pressés, de la première contrée dans la seconde.

Ce n'est pas seulement la température variable des montagnes, suivant les altitudes, qui vient ainsi contrebalancer rinflùence de la latitude, et permettre la contiguité et la continuité des chênes : l'humidité de leurs flancs joue encore, d'après M. Dalton, un rôle considérable. Les Quercus tropicaux remontent ou descendent par les climats

(1) L'aire Irès-étendue des chênes est loin de confirmer les vues de Darwin, d'après lequel les groi^pes les plus naturels, c*est-h-dire ceux Q'ù les espèces sont le plus étrçilement rapprochées , sont généraLewent confinés dans nue aire restreinte.

humides et chauds, plutôt que par les régions sèches «et •brûlantes : voilà pourquoi les chênes de l'Hymalaya arrivent au niveau de la mer jusque sous le 25*^ degré de latitude.

Le tableau suivant indique l'altitude de quelques espèces :

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