‹ Histoire du chêne dans l'antiquité & dans la natureChapitre 44 sur 129 · Q. ileœ, — (?, suber. — Q, r. pedunculata, etc · texte numérisé non relu

Q. ileœ, — (?, suber. — Q, r. pedunculata, etc

500 Q. r. pendunculata. — Q, r. sessiliflor^', etc.

250 Ç. r. pendunculata. — Q. r. sessiliflora, etc.

0 Q, littoralù^ (Java). — (J, r. sessilifloi'a, — (?. r. pedunculata, etc.

Répartition des espèces da genre Quercus , étendue

et limites de lears aires.

Nous venons d'étudier la dispersion du genre Quercus à la surface de la terre , en longitude , en latitude et en altitude ; nous devons , avant de passer à d'autrjBs considérations, traiter la même question, non plus au point de vue du genre tout entier, mais à celui des espèces les plus saillantes.

Nous avons observé déjà combien les espèces étaient inégalement réparties ; abondantes ici , elles sont rares plus loin ; pas une d'entre elles n'est cosmopolite : elles ont des aires plus ou moins étendues , mais aussi bien déterminées que celles du genre lui-même. Celles-ci se mêlent à celles-là , les unes commencent où les autres finissent ; la plupart sont séparées par de grands espaces. Le Q. suber et le Q. humilis habitent ensemble le midi de l'Europe et le nord de l'Afrique : le Quercus r. p. communis et le Quercus toza se mêlent dans le midi de la France ; mais le premier abandonne celui-ci pour aller vivre en Asie-Mineure avec le Q. cerris : il quitte encore ce dernier pour s'associer en Perse avec le Quercus Persica, et ISnit là où le Quercus baloot commence. Les espèces de Java sont presque aux antipodes de celles du Mexique , et ces deux points, où se trouvent le plus de chênes, sont ainsi placés aux deux extrémités d'un axe du globe que l'on pourrait nommer axe quercien.

Si les espèces différentes sont tantôt réunies et le plus souvent séparées, on remarque des disjonctions singulières pour la même espèce. Le 0. argentata de Sumatra, se retrouve à Bornéo , et Tîle intermédiaire Java ne le possède pas. Le 0* l(inceœfolia du Népaul et" du Bengale se retrouve à Sumatra , et n'a été signalé sur aucune des montagnes de Tlnde orientale et de Malacca. Le 0- pruinosa de Java reparaît aux Philippines , et manque à Bornéo , station intermédiaire. Le 0- spicata du Népaul, après avoir suivi le Bengale, TAssam, le Chittagong, reparaît à Suip^tra et continue jusqu'à Bornéo.

Comment expliquer ces disjonctions ? M. Alph. de Gandolle y voit une diminution de l'espèce. Ainsi le Q. cerris, qu'il a étudié sous ce rapport, présente ^ees lacunes et cette diminution. Abondant dans l'Asie-Mineure et la Turquie, cQïnmun dans le Bannat, l'Istrie, l'Autriche inférieure, on le retrouve ensuite : 1° dans les Apennins et dans la Sicile ; njais il ipanque en Grèce et dans l'île de Zante. Il apparaît aux environs de Besançon, pui^ enfln vers l'ouest, de la toire ^ Vannes , et dans la Sarthe. Ce sont des oasis qui font supposer une habitation continue jadis du Liban h l'Océï^n, et des extinctions locales subséquentes., soit par le fp-it (Je rhomn[ie , sqit par les circonstances physiques. Ces Q, cerris isajés ne proviennent pas d'une e^^tension de l'haibitajtion, car le^ stations ne seraient pas aussi éloignées le$ nn^s des autres. Les fruits du chêne ne supportent pas ui^ long transport, l'extension est un phénomène rapide e,pv?'hi^sjant, de nouvelles stations surgissent à la fois de tovis les côtés, ^.a diminution, au contraire, est lente, les gîteS; locaux, sqpt connus depuis longtemps, ainsi que cela a liçju pour Ift cerris ; on peut donq dire, de lui qu'il e$t. en vpi^ d'extinction en. Eiirope, bien qu'il ait encore une vaste habitation en Asie.

Notre Q. roby/r yualvn^ aussi yer^ upe 4iioiûutipia : i\ disparaît leutemeat de rE^)th.oni^ et d.© \^ lyivpnie.

Il en est des associations végétales oomme des sociétés humaines, leur grandeur et leur décadence sont soumises à des lois mystérieuses. M. Alph. de CandoUe remarque que les plantes çhéUv^s; éparses, peu apparentes, ont plus de cbaoces d'habiter Jopgtemp^ \\x^^. Iqcalité qu^ ie^ espèces sQci^es , c'e^trà-dire cejles (Jqnt les ipdivi4us §'a§SQçiçnt pour occuper seules deç étepdues plus ou moins v^M^s d.e Ip, çurfajce terrestre. Dans c^tte lutte pour la dominatiqp 4ii sol, ell^^ rgncpntreni des a4versaires devant lesquels souvent elles succombent ; le principe de ces alternatiyçsi, auxquelles on donne }e nom de rotation, n'est pas encore bien déterminé (1).

En 1842, dans une réunion de forestiers, à Bade, on rapporta que, dans certaines régions, des forêts de chênes avaient disparu devant l'invasion des arbres résineux du Nord. Dans la principauté de Sigmaringen, par exemple, l'Invasion des épicéas , commencée depuis 20,0 aqs , en chasse peu à peu le chêne. Ce n'est pas seul^mept rar|)re du Nord qui met en péril ces grandes sociétés arborescentes : l'ennemi est dans leurs rangs. Dans la belle forêt du Gérardmer, où Gharlemagne chassait la grosse bête, le hêtre , cette espèce inférieure et stérilisante , étouffe les chênes et les fait disparaître ; ce qui le prouve, c'est qu'aujourd'hui encore on retire du lac de Gérardmer d'énormes troncs de chênes, tandis que les hauteurs qui l'environnent ne sont plus peuplées que de hêtres.

(i) Diireau de la Malle a traité cette question pour la région du Mans. Voyez Annales des Sciences naturelles, t. V, p. 362. — Voyez encore Laurent, Mémoires 4e la Société ies lettres , arts et sciences de ATattcw,

Dans Jes Mémoires de l'Académie de LiUe, 1850, M. Mengy rapporte un fait contraire au précèdent. Dans la forêt de Trélon désignée communément sous le nom de Fagne (de fagus hêtre), le hêtre qui la composait, et qui lui valut ce nom, disparaît devant le chêne.

Malheureusement la forêt de Dreux qui doit aussi son nom aux arbres qui la formaient {Dreux vient de Deru), est envahie par le hêtre. Les forêts de Landau et de Kaiser- Lautern le sont encore par le hêtre ou les pins. Dans l'île de Moën, enfin, dé grands bois de chênes, qui avaient triomphé des pins , succombent misérablement sous l'étreinte des hêtres nés sous leurs ombrages.

Ces batailles durent des siècles, et, comme les peuples, les chênes ont leurs succès et leurs revers. Espérons que si lui aussi était obligé de céder pour un temps quelques provinces, il trouvera, sur le sol de la France, des éléments de résistance, et que partout, comme dans la forêt de Trélon, il redeviendra maître chez lui (1).

M. Dalton-Hooker a fait sur les limites de l'aire des chênes des observations pleines de justesse.

Les végétaux les plus simples sont ordinairement les plus diffus. Les acotylédons le sont plus que les monocotylédons et ces derniers plus que les dicotylédons. Si la diffiision est une preuve de non complexité, les Qioercus qui font le tour du globe seraient les plus simples des dicotylédons.

Pourquoi cette diffusion du* genre et cette délimitation

{i) Les registres de la ville d'Orléans, d'après M. de Boraraare, constatent que la forêt d'Orléans a été pendant un long laps de temps en nature de chêne, et qu'après avoir été coupée, le recru a été en châtaignier. Depuis, cette mêuie forêt a changé de décoration, et le chêne a reparu.

des espèces ? Pourquoi les causes de restriction n'agissentelles que sur les espèces ? M. Daltou semble admettre qt^à rorigine le genre ne contenait qu'une espèce, qui, sous rinfluence de circonstances extraordinaires , varia suivant les lieux et les climats, mais que, présentement, les chênes subissent un mouvement inverse et tendent à Tunité.

Le cantonnement de certaines espèces, dans des aires très-restreintes, tient à ce que ces espèces trouvent là les éléments de leur force, tandis que plus loin elles succombent à là concurrence vitale. On peut donc dire que les espèces habitent le lieu qui leur convient, puisqu'elles s'y maintiennent.

M. Dalton-Hooker voit dans l'absence d'enveloppes florales, chez le chêne, une des causes de la multiplicité des espèces, l^a fleur est un organe plus stable que la feuille : en la perdant , les chênes ont perdu un des éléments et un des signes de la stabilité. Les grands' genres , toutes choses égales d'ailleurs, varient plus que les petits.

La variabilité chez le chêne est, on pourrait le dire, centripète : jamais un chêne ne peut être confondu avec une autre amentacée. Le genre Quercus est aussi net dans ses contours que des groupes plus élevés dès familles par exemple telles que les orchidées , les graminées ou les composées. >

M. Dalton-Hooker pense que cette situation est due à la disparition des espèces de fusion, et que le genre Quercus, après avoir tendu à la variabilité, revient à la fixité et à l'unité de l'espèce/ « L'espèce se dégage de sa gangue. C'est l'ordre qui se fait et non le désordre ; c'est la concurrence vitale par et pour Timmutabilité. » C'est la goutelette de mercure qui, divisée par le choc, se reconstitue ensuite.

Gantonnement des espèces du genre Qaereas par rapport

à letir olassiflcatioii (1).

Cette étude peut être intéressante à, plus d'un titre. Nos classifications, malgré nos efforts pour les rendre aussi naturelles que possible, ont toujours quelque chose d^artificiel. Où trouver un meilleur critérium dé' leur valiéui*, si ce n'est dans la comparaison avec une autre' clasMcation, essentiellement naturelle celle-là; celle des espèces à la surface terrestre.

Si les conditions de sol, de climats, etc.,- so^nt pdUr quelque chose dans la physionomie et la constitution des espèces, celles-ci ne seronfc-elles pai^ groupées daos' la nature conformément à leurs analogies* ;' et si dos classiftcations' reposent elles-mêmes sur ces'ahalogiés.-ne devra4-il pas en résulter lin parallélisme entre la distribution des plantes dans nos méthodes et leur répartition à la surface de la terre ?

Les chênes ont été répartis en six sections très-inégales au point de vue du nombre des espèces qu'elles contiennent i La première, désignée sous le titre de Lepidobalcmus^ renferme les trois quarts des chênes.

On rencontre des Lepidobalanus en Europe , en Asie et en Amérique , sous toutes les latitude^ , et à toutes les altitudes.

fous les chênes d'Europe et tous ce^x de rÀm'érique appartiennent à cette première section. L'Asief en renferme fort peu, et chose à noter, les Lepidobalanus asiatiques ne

(1) Vôyeî le laMeaii Ai

ae trouvent rf'mie part que dans les régions occMé^laïés de TAsie qui s'avancent vers TÈilïope, y totie&ent mêttié^ , et de Fautre , dans les contrées de rextrême Orient qui, pareilles au Japon, conflueraient à TAmérique saûs F0c6d.nv

Le centre de l'Asie, Bengale, Aâsaim, Ava; M^ïa^îea, Goehinchine, GMne méridionale, et leâ îles de la Soïidié,' si ricbes en chênes, ne contiennent pas un seul Lepîdôballanm.

L'Europe et TAmérique, vouées exclusivement aut Lépictobalanus, ont donc plus de rapports eûti'e elles, au* point de vue^ des caractères botaniques die leurs chênes, qu'elles' n^en ont avec l'Asie, qui, sut* la phis grâiidô étendue de son territoire, en renferme de tout différents.

Quant aux chênes dés subdivisions de la sectiori I , ils se mêlent indistinctement en Amérique , que les ovules avortés soient infères ou supères, les feuilles, persistantes ou caduques. Il faut observer cependant que l'Europe ne renferme que des LepidobcUarms à ovules avortés infères.

La section II ,, Androgyne , qui ne contient que deux espèces, est spéciale à la Californie Ces androgynes offrent des caractères intermédiaires entre les LepidobcUanus et les sections suivantes-. Peut-être les chênes andrbgynes occupaient-ils les terres qui existaient autrefois entre le Japon et l'Amérique, naturellement placés ainsi entre les Pasania, etc. , ou chênes asiatiques , et les Lepidobalarms- à ovules avortés supères qui habitent l'Amérique. Les quelques androgynes de la Californie auraient échappé au grand naufrage qui fit disparaître les contrées sur lesquelles aujourd'hui rOôéan Pacifique étend ses eaux imttienses.

Les quatre dernièrei^ sebtions^ du genre chêûe : /// Parsania, IV Cyclobaianus, V ChlamydobalanuSf VI Lithocarpus, sont spéciales à l'Asie , et surtout aux îles de -la Sonde. Quelques rares espèces de ces sections s'échappent bien

sur les ailes, jusqu'au Népaul d'un côté, jusqu'au Japon de Tautre , où elles se mêlent à quelques Lepidobalanus , mais elles ne vont pas au-delà : TEurope et l'Amérique n'en possèdent pas.

Les espèces de ces quatre sections asiatiques ne sont point localisées, les Pasania, les Cyclobalamts, etc., vivent côte à côte. Exceptons-en , toutefois , l'unique espèce du groupe UthocarpuSy qui ne se trouve qu'à Java. Les caractères botaniques différentiels de ces quatre sections n'ont donc aucune importance au point de vue de la localisation des espèces dans une région d'ailleurs uniformément chaude. Tous ces chênes ont de commun la position supère de leurs ovules avortés.

En ne tenant pas compte des sections Androgyne et Lithocorpus, on voit que :

Le Japon a des chênes appartenant à 4 sections. Les îles de la Sonde idem, à 3 —

Le Népaul idevi. à 4 —

L'Europe idem. à 1 —

L'Amérique idem, à 1 —

Nous pouvons représenter ainsi cette répartition :

Page 1