SILICE
feuilles normales
feuilles lavées
SILICE de 100 p. de cendresj
feuilies normales
MM. Frémy et Terreil ont fait l'analyse du bois de
chêne, au point de vue des principes immédiats qui cons-
tituent essentiellement sa substance ligneuse.
Quand on a retiré du bois de chêne les substances qu'il peut perdre par l'action des dissolvants neutres , il reste un tissu ligneux composé de trois parties principales : la cuticule ligneuse, la substance incrustante et la substance cellulosique.
La cuticule ligneuse, sans être semblable à la cuticule des feuilles, s'en approche cependant par plusieurs analogies chimiques incontestables. Lorsqu'on la retire du bois au moyen de l'acide sulfurique, elle conserve entièrement la texture du tissu ligneux : c'est l'eustathe de Hartig. Pour la doser, on soumet pendant 36 heures un gramme de sciure de bois de chêne à l'action de l'acide sulfurique à 4 équivalents d'eau. Sous cette influence, les parties cel- . lulosique et incrustante se dissolvent complètement, La
cuticule ligneuse reste seule en suspension dans la liqueur. Le bois de chêne en contient 20 pour cent, celui de frêne 17,50 pour cent.
La substance incrustante est soluble dans l'acide sulfurique, qu'elle colore en noir : elle a été dosée par différence :' elle est de 40 pour cent dans le chêne ; le bois de frêne en renferme 43,50 pour cent.
On dose la substance cellulosique en traitant la sciure de bois par l'eau de chlore pendant 36 heures. Le chlore dissout la cuticule , transforme en acide la matière incrustante ; cet acide est dissous entièrement par la potasse ; on lave, on sèche, et la substance cellulosique pure reste pour résidu. Le chêne en contient 40 pour cent, le bois de frêne 39.
En résumé, le chêne contient dans son bois :
Cuticule 20
Substance incrustante 40
Substaoce callulosique 40
Ce sont les matières organiques incrustantes qui sont pour les bois une cause de conservation ou de destruction. Ces matières organines sont généralement azotées; elles sont recherchées par les xyïophages et plus susceptibles de fermentations. Les antiseptiques, qui conservent les matières azotées, les conservent aussi.
(1j Une analyse de Baer, antérieure à celle-ci, établissait la composi-> tion du bois de chêne, ainsi :
Substance incrustante. • ••«••.• 61 Tissu 39
MM. Payea ^t de Mirl>el ont constaté que àans les ti3suâ liigiieux d'un chêne de 25 ans ;
Hat. «sotff.
100 de subst. org. de Técorce int. vivante, coatiennent 10,79
100 aubier d*un an. Id 10,30
]00 cœur sans aubier Id 9,40
100 cœur, près de l'étui . médullaire Id 6,75
Les matières solubles dans ^oau, et l'ammoniaque de ces tissus contenaient pour cent 28,25 de matières azotées^ tandis qu'il n'était resté dan^ les tissus lavés et séchés qus 1^98 de matière azotée.
TANNIN DU GHtNB.
Le chêne, on le sait, est un des végétaux les plus riches en tannin , et doit â ce principe la valeur de ses écorces et des galles qui se développent sur quelques espèces.
Hartig a étudié la nature du tannin renfermé dans les cellules du chêne, et le distingue de celui qui est contenu chez quelques autres plantes (f). Pour cet habile observateur, le tannin des Quercus est incolore : il le nomme Leucotannin , pour le distinguer du Xanthotannin des berberidées, de VErythotanmn des cornus, et des Dammara, et du Chlorotanniny qui est vert.
En hiver, les cellules corticales des chênes renferment des granules de tannin fondus dans une substance vitreuse; ce caractère le distingue du tannin des cerisiers^ des aunes, etc., où cette matière se rencontre à la fois à l'état amorphe et granulaire.
Dans te chêne encore , le tannin granuleux peut entrer
(1) Dos GMmehl (le taoniD), par Th. Hartig (6oe : ^bH :) i865, n* 7. pp. 53» 57.
dan» la formatioa de r^vQloppc» swoBâair^ qw Teptaure, à la place des granules de cellulose.
Quant au tannin amorphe, qui existe aussi dans les écorces de chêne , il entou^'e ordinairement un espace plus ou moins grand, sphérique ou ovoïde et vide : c'est la chambre intérieure de Tutricule de ptychode.
L'organe élémentaire qui porte le tanqin chez le chênp, comme chez les autres végétaux lignçux , est analogue à ceux qui portent l'amidon et la chlorophylle : c'est; ijn dérivé de la substance qui remplit le noyau cellulaire, un organisme enveloppé par une mdmbraQe se mvil^pUant par une partition propre, et] s*aocroissant par intuscucQption , et situé également dans la chambre ptyehodique d'une utrieule cellulaire à dpux enveloppes.
Ce qu'il y a de plus important à établir, ce n'est pas la distinction de différentes formes de tannin dans le chêne, Qu la coloration particulière qu'il offre dans les différents végétaux; il &ut surtout montrer que le tannin du chêne n'est pas toujours chimiquement le même que eelui des autres plantes, et que, même à ce poin^ de vue, celui d0 ses diverses parties doit être distingué.
Le tannin du chêne et de la noix de galle , ainsi que celui des sumacs et des bouleaux, colore les sels ferriques en noir.
Le tannin des quinquinas, cachous; etc., les colorent en vpft. Celui du rathanhia et dç l'absinthiç ^n gris vert.
On peut distinguer ms^intea^i^t daos le ob^UQ seu^ dejix ejcp^s de tan^ins ayant dQS caxactçres ooiflimuii? et dif- |é^^^J4Jals.
Les caractères çop^pauns sont : la saveur astring^nlie» la 4îouleur rpuge qu'ils communiquent m tournesol, le3 précipités pQloré3 avec les si^ls de fer et 4^ yfmadiumi la précipitation des substances albuminoïdes,
Les caractères différentiels ont été établis par M. Wagner de la manière suivante :