CULTURE DU CHENE
Ce que nous allons dire s'appliquera principalemeot aux chêne? pédoncule et sessiie, qui sont les plus importants et les plus répandus sur notre sol.
Modes de multiplication. — Les chênes peuvent se multiplier de deux manières : 1° par boutures, marcottes, greffe ou drageons ; 2° par semences.
La reproduction par boutures est très difficile chez les arbres feuillus, aussi n'est-elle guère epaployée que pour le peuplier et le platane. Les marcottes ne peuvent constituer un procédé de multiplication en grand; il en est de même de la greffe, qui ne sert qu'à l'acclimatation des chênes étrangers, difficiles sur le sol ; on les greffe, par exemple, sur le Q. cerris, qui prospère dans les plus mauvais terrains. Le chêne fastîgié (Q. R. p. fastigiata) est quelquefois multiplié de greffe. Il serait intéressant d'employer la greffe pour juger la consanguinité de différentes espèces de chênes, si différentes au point de vue des formes et du climat surtout. Que deviendrait, par exemple, le Q. pruinosa des Philippines, greffé sur notre chêne pédoncule, qui s'avance jusqu'au 62® de lat. nord. (1)
(I) On a cm que rinsuccès des greffées de chêne provenait du fer de l'inslrumont, qui formerait avec les sucs de l*arbre uû tannate de fer fatal à ce mode de reproduction. En 1814, M. Rasl esl arrivé à greffer plusieurs fois le Q. phellos, avec un greffoir en platine.
La reproduction par drageons est assez rare parmi les chênes ; cependant, chez nous, les Q. tozza et Q. suber (chêne tauzin et chêne liège), se propagent ainsi.
La multiplication par semis reste donc le seul moyen véritablement pratique de reproduire le chêne ; la nature, du reste, n'emploie que ce procédé, et les jeunes chênes, venus de semences, sont ;très nombreux sous nos taillis. Les forestiers utilisent fréquemment ces semis naturels, soit en conservant les brins qui en proviennent, soit en s'en servant pour replanter ailleurs. Les chêneaux provenant des semis faits de main d'homme, sont comme les derniers, destinés soit à demeurer sur place, soit à être transplantés* Dans le premier cas, le semis prend le nom de semis en plein, quand il sert à peupler une surface libre. On le désigne sous le nom de semis partiel, quand il s'exécute sur des parties découvertes, dans les clairières, par exemple. Dans le second cas, le semis est dit en pépinière, quand les jeunes pieds ne doivent pas vivre où ils sont levés.
Lorsqu'on fait des semis partiels, on n'a pas à interroger la nature du sol, la convenance des expositions ; il n'en est pas de même quand on sème en plein ou en pépinière. Nous devons donc commencer cette étude de culture du chêne par l'examen du sol qui convient à cette essence.
Aujourd'hui, ce n'est pas le sol que l'on choisit en vue de telle ou telle création forestière, c'est l'essence que l'on approprie à telle ou telle nature de terrain. Dans les grandes opérations de reboisement, par exemple, la connaissance des terres qui conviennent à la culture des différentes essences est indispensable. Dans l'établissement de . plantations de chênes, la question peut être simplifiée • comme on ne peut que rarement choisir les sols qui lui conviendraient le mieux, il faut surtout connaître ceux
dans' lesquels sa végétatioiï serait impossible, ou qui pourraient communiquer à son boîs des propriétés qui en annuleraient la valeur.
A- répoque où, de Bayonne à Dunkerque, les forête de chênes couvraient 4fr millions d'hectares, les arbres qui lés formaient occupaient tous les sols. Plantureux dans les terres profondes, maigres dans' les âols pierreux, la constitution variée du chêne était l'expfession de toutes les expositions, de toutes les altitudes, de toutes les influences orographiques ou climatériques qu'il subissait : de même que dans nos grandes villes , la taille de l'enfant est la mesure de T^lr et du soleil qui lui ont été dévolus.
Le chêne croissait alors partout , sauf dan« les plaines Eijarécageuses, dans les sols argileux très-compactes et smr les sommets pierreux.
^ On peut donc dire que le chêne est peu difficile sur la nature du sol. Fort heureusement , en efTet , il réussit là où d'autres cultures, celle des céréales par exemple, seraient impossibles.
On est même porté à penser que cet arbre a des préférences pour les terres de mauvaise qualité. La rapacité des détenteurs de grands bois et la misère des temps n'ayant épargné le plus souvent les forêts de chênes que là où elles couvrent un sol dont le déboisement n'augmenterait pas la valeur, on croit généralement que cette essence s'accommode des plus pauvres terrains.
Que voyons-nous, en effet, autour de nous : ici c'est la magnifique forêt d'Orléans qui , au commencement du xvn* siècle, couvrait encore 70,000 hectares, et dont le soi est analogue à celui de la Sologne. Ailleurs, c'est 1b forêt de Bellème ; entre les riches plaines du Maine et le bopage du Perche, elle occupe une colline sablonneuse de
2v44t kôctares. Plus loin, 6*^68* ïa riânfe forêt de Chaux,
que toaiflei^se; le chemin de fér dte' Dô-le à Pontarlîei* r elle recouvtiè^, au milîeHi^ d^inie plaine ftrxuriante , une nappe* tf aJilTiJvîoflîs doBt te sable et tes ôaîlloux coiïtienueiit au chêne et s^aieat inipropres à toute autire euUure. Ba Bre*' tagne, où le soï granitique, peu profond, n'es* pas très-^ fa-vorabla à cet arbre, il est cependant très-multip'lié. Beaucoup de terres, que les eîiênes couvraieiït il y a quelques aanées, n'ont pu rien produire, et leurs sillo^î'â Msson^aetâ sous- de maigres ajoncs-, r^rettent 1^ maateatt verdoyant des chênes qui se montre encore^ à quetqueâkilonaètres d'eux.
Il résulte de ces faits, non pas que le chêne préfète leis sols maigres, maïs qu'iï peut y cïoftre, et qu'a Texclusion des marais, des argiles compactes, des sommets rocailleux et secs , on pourra le cultiver sur les terrains leâ' moins fertiles.
Il sera donc possible do le cultiver presque partout, mais les qualités de son bois varieront suivant ïa: nature du sol, de l'exposition ou du climat; il en sera de même de la rapidité de son développement.
Dans les terres meubles et profondes, le chêne sera de belle venue, franc et, propre à la fente ou à la menui^e* rie. Il croîtra bien aussi dans les terres dures et fortes qui; ont du fond et même dans l'argile mêlée à du sable, qui en diminue la ténacité; le bois^ en sera bmu, plein*, solide et d'une qualité parfaite.. Il s'accommodera aussi du terrain sabloaneux et même graveleux suffisamment profond ; ilcroîtra plus vite que dans l'argile sans atteindre cependant de grandes dimensions, et son bois sera très compacte et très dur. Sur le» crêtes maigres et pierreuses , le bdis' sera n^oueux et pesant. Dans les sols gras , un* peuhumides, la rapidité de sa croissawô lui fera perdte de $0d
élasticité et de sa solidité ; la prédominance de la portion printannière de chaque couche annuelle, sur la portion estivale de la même couche, en sera sans doute la cause.
L'influence des climats est non moins considérable sur ses qualités. Ecoutons, à cet égard, M. Clavé : € Le chêne est le premier des bois pour la force et la durée, mais la différence est grande suivant qu'il vient du nord ou du midi. Celui qui a poussé sous le ciel toujours bleu de la Provence, de TEspagne ou de l'Italie, est nerveux, élastique et particulièrement recherché pour les constructions navales. Celui qui a crû dans les régions septentrionales de la France ou de l'Allemagne, où le soleil est plus avare de ses rayons, est beaucoup moins résistant, mais en revanche, il est moins disposé à se fendre, plus facile à travailler, et par cela même plus propre aux travaux de menuiserie.
La reproduction du chêne par semis rencontre certaines difficultés dans la prompte altérabilité des glands et la perte de faculté germinative qui en résulte. Les glands ne peuvent garder cette faculté, de l'époque de leur maturité au printemps suivant, si l'on ne prend certaines précautions pour les conserver. »
Voici d'après MM. Lorentz et Parade, les moyens que Ton peut employer dans ce but :
« !• Dans un lieu clos on choisit une place bien sèche que l'on garnit d'un lit de feuilles sèches aussi de la hauteur de 33 centimètres environ. Sur ce lit on place les glands par tas coniques d'un mètre de haut, on les recouvre d'une couche de feuilles mortes de 33 centimètres d'épaisseur, puis on ajoute encore 16 centimètres de paille. Sur le tout on établit une couverture en paille comme celles que l'on voit sur les meules de grain ou de foin ; enfin,
pour mieux garantir le sol de toute humidité, on ouvre un fossé circulaire autour de la place de dépôt ;
• 2® On établit des ^ilos ou fosses ; s'ils ne sont que temporaires, on se contente d'en soutenir les parois par des pieux entre lesquels on tresse de 1 1 paille ; s'ils doivent servir pendant de longues années, on les construit en maçonnerie. Dans le fond de la fosse on met un lit de paille, les glands y sont répandus par couches de 33 centimètres, d'épaisseur, alternant avec des couches aussi épaisses de menue paille et de feuilles sèches. Ainsi remplie la fosse est recouverte de planches, par-dessus lesquelles on élève une butte de terre bien tassée, afin d'empêcher le froid où l'humidité d'y pénétrer.
« 3* On peut remplir de glands des tonneaux ou des caisses qu'on perce de petits trous et qu'on plonge dans l'eau pour les y laisser jusqu'au printemps. Le séjour des glands dans l'eau les conserve et ne leur ôte rien de leur faculté germinative ;
t 4' On prend des grandes caisses qu'on élève sur des liteaux dans une cave. On remplit ces caisses de couches alternes de sable et de glands. Il faut avoir soin d'employer du sable de rivière bien sec et éviter surtout un sable terreux. La couche supérieure de glands ayant toujours plus de disposition à germer doit être recouverte de 22 à 27 centimètres de sable ; il n'est pas nécessaire de donner d'autre couverture à la caisse. »
Tels sont les quatre modes principaux de conservation des glands. Hartig, qui les a donnés, préférait le premier. MM. Lorentz et Parade ont toujours réussi avec le quatrième, qui leur donnait des glands fertiles alors même qu'ils n'étaient extraits des caisses qu'à une époque assez avancée du printemps.
Dans tous lea oss, l'examen du gland permettra .d'en juger la qualité. « Il doit remplir complètement son enveloppe extérieure. En le séparant par le milieu, dans le ^ sens de sa longueur, il doit être blanc, JErais et luisant ; le germe , qui se trouve à la partie supérieure , doit être intact. Si, au contraire, le fruit est desséché, d'une couleur bleuâtre ou noirâtre intérieurement, s'il a une odeur de moisi ou de piqué, sa faculté germinative est détruite, »
Un litre d-e glands de bonne qualité doit peser environ de 550 à 650 grammes. On peut séparer les bons glands des mauvais en les projetant dans l'eau, les derniers surnagent.
Les semis se font, soit à l'automne, soit au printemps. Les uns et les autres offrent des inconvénients et des avantages. Si l'on sème en automne, le jeune plant» avant d'être bien fort, est soumis à de nombreuse^ chances de destruction, aussi faut-il semer plus serré. Les semis du printemps ont contre eux l'absence d'humidité qui souvent amène le dépérissement des plantules, et surtout la difficulté et les frai*^ de conservation des semences. Cette dernière époque est, à tout prendre, celle qui donne les meilleurs résultats.
Le semis doit être précédé d'une préparation du terrain. Lorsque le sol est ferme et compacte, il est nécessaire de l'ameublir en le cultivant, s'il est en plaine, en céréales ou en plantes sarclées , de façon que le semis de chêne suive, soit une première, soit une seconde récolte, suivant la facUité d'ameublissement du sol-
Quand le sol a été retourné à la charrue , on sème le gland à la volée avec une demi-semaille de seigle, si l'on opère en automne ; d'orge ou d'avoine , si c'est au printemps. On recouvre ensuite les glands par un hersage.
Pour Bavoir à quelle profondeur le gland doit être :m* foui pour bien germer, M. Juge Saint-Martin avait fait Fexpérience suivante : « J'ai creusé en bon terrain, dit-il, un plan incliné de cinq pieds de long sur un pied de profondeur ; à Tun des bouts j'ai mis un gland à fleur de terre, un autre à un pouce de profondeur, un autre à deux, trois, quatre, cinq, etc. Ceux qui étaient à la superfljcie m'ont paru les plus vigoureux : à cinq pouces, il$ étaient tardifs et jaunissaient; au-dessous de six pouees de la superficie, ils ne germaient plus. Cette expérience, rér pétée plusieurs fois, a toujours donné le même résultat. > Le semis doit donc être recouvert de trois ou quatre centimètres au plus Ce mode d'ensemencement exige dix à douze hectolitres de glands par hectare.
On peut encore égaliser le terrain au moyen d'un hersage, ouvrir à la charrue des sillons de 5 centimètres de profondeiar à la distance de 1",50, et y placer des glands à 10 ou 15 centimètres les uns des autres. On recouvre ensuite à la houe ou au moyen d'un léger trait de ciharrue. Ce mode d'ensemencement ne réclame que six à sept kilogrammes de glands par hectare.
Dans les sols légers ou en pente, le chêne peut être cultivé par rayons alternant avec des bandes incultes. En plaine , ces rayons sont orientés du levant au couchant ; sur tes pentes, ils sont horizontaux à leur direction.
Enfin, on peut encore semer les glands par places, trous, poquets, etc., ou les planter tout simplement soit à la houe bident, soit au moyen de marteaux planteurs, soit à l'aide du plantoir à nervures. Ces derniers procédés sont principalement destinés aux semis partiels, lorsqu'il s'agit de repeupler d^ petites surfaces, de petites clairières, ou des places vides dans les taillis.
Les semis de chênes, destinés à former des pépinières
pour le repiquement, se font par les mêmes procédés ; le sol peut être choisi, et les labours, plus parfaits, se foat généralement à la bêche.
La germination des glands semé» en automne se fait au bout de 5 à 6 mois, et les chênes semés au printemps lèvent après 4 ou 6 semaines.
Un pivot assez long se développe 8 ou 10 jours avant l'apparition de la tigelle au-dessus du sol. La proportion plus considérable du premier à la seconde persiste dans les premiers temps; ainsi sur des chênes de quelques pouces de hauteur, le pivot a 3 et 4 pieds de longueur.
Pour protéger les jeunes chênes, on sème, non-seulement comme nous l'avons dit, des céréales avec les glands, mais aussi avec du genêt ou de l'épine blanche. Un préjugé forestier fait rejeter l'épine noire comme étant fatale au jeune plant. On associe encore souvent, dans le même but, plusieurs essences à croissance rapide, tels que pin sylvestre ou maritime dans la proportion d'un quart ou d'un cinquième.
Lorsque le semis a été fait dans l'intention de transplanter, c'est à l'âge de 2 ou 3 ans que les jeunes pieds se lèvent, ceux de 5 à 6 supportant beaucoup plus difficilement l'opération.
Beaucoup de forestiers pratiquent sur les jeunes chênes destinés à la transplantation une opération qui doit la rendre plus facile, c'est la suppression du pivot. Cette partie de l'axe est très développée chez les chêneaux, et correspond avec l'absence pour ainsi dire totale de racines horizontales.
L'obtention de pieds de chêne sans pivot se fait soif à l'aide de la pratique de Bretagne (des semis et plantations, Duhamel, p. 127), qui consiste à paver en pierres plates le fond des sillons où l'on plante les chênes, soit par le pro-
cédé Lardier, qui consiste à glisser une brique sous le pivot naissant ; on peut encore semer les chênes dans des rigoles pleines de bonne terre dont le fond est garni de planches. Juge Saint-Martin conseillait de lever les chênes à 2 ans et de leur couper le pivot, puis de les replanter dans le .même terrain. Quatre ans après, nouvel arrachage et replantation dans le même sol, soins et culture pendant 2 ans encore ;' cette méthode produirait d'excellents plants, mais elle est un peu dispendieuse
Hartig et d'autres sylviculteurs sont opposés au retranchement, du pivot comme déterminant une constitution chétive et un développement incomplet chez les sujets qui y ont été soumis. Ce n'est que très tard, et lorsque l'arbre a 60 ou 70 ans, que normalement les racines latérales deviennent prédominantes sur le pivot.
Le plant de chêne doit avoir des racines nombreuses, fraîches, unies, sans ruptures ; une tige droite, sans blessures ; une écorce lisse, blanche, sans tâches , non couverte de mousse ou de lichen ; les branches suffisamment développées et les pousses vigoureuses. S'il s'agit de repeupler des clairières peu importantes ou des terrains dont la couche végétale laisse à désirer, on emploira des sujets plus forts, capables de résister au couvert environnant et dont les racines peuvent aller puiser leur nourriture à de plus grandes profondeurs. Dans le cas ordinaire, on préférerait les semis de 1 à 3 ans. (Koltz).
Le inoyen le plus économique de faire des plantations de chênes, c'est de prendre des brins dans les parties des peuplements où le recru est abondant. On observera toutefois que, dans les endroits trop fourrés et trop couverts, ces brins sont fluets, délicats ou rabougris, sans racines sufiftsantes, incapables par suite d'un bon résultat.
— Ui —
Que le plant vienne de semis naturels, de semis artificiels ou de pépinières , il fiiut Tarracher avec les plus grandes précautions. Les soins à prendre varient avec la force des sujets ; mais quelle que soit la méthode dont on veuille faire usage, il ne faut pas oublier, dit Koltz, que le chêne veut être extrait soigneusement et qu'on ne peut rarracher à la main sans s'exposer à détruire une partie de son pivot ou de son chevelu.
Un chêne bon à transplanter (écrivait l'auteur de la culture du chêne), a des racines latérales qui sont minces, courtes et crépues, d'autres quilsont un peu plus grosses «t plus longues ; et, enfin, il y en a qui sont grosses comme le doigt, qui s'étendent à pins de trois pieds de sa tige, avec un pivot qui est presque aussi gros que le corps de l'arbre. Il fttut pour enlever cet arbre,, sans le trop endommager, le cerner au moins à un pied et demi, donner à la fouille un bon pied de profondeur en coupant les racines qui outrepassent, è mesure qu'on les découvre.
Si la distance n'est pas trop grande, il est préférable de transporter l'arbre avec sa motte, sinon on secoue les racines.
Il faut préserver le plant jusqu'à sa transplantation, si celle-Kîi ne peut être faite de suite après l'arrachage; A car si la gelée surprend le chêne arraché, il est perdu; de mille il n'en prendrait pas vingt. »
La plantation à demeure du chêne varie avec les localités, la nature du sol, l'âge des brins.
Tantôt on ouvre a la charrue un sillon dans lequel on eap^u)e régulièrement de très^jeunes plants qu'on recouvre au moyen d'un second coup de charrue.
Tantôt on creuse des fosses im an avant Tannée même
(te la plaatetkm. ljb$ 9imAs 4^ (^liêm d# tro^s m^ dçinBQdeot 4é}à 3& o»adiîlSkàtf^^ â^ diswéJtre lOt (Xd, pi:Qfp.Qdeur ; et qwDd le B(d «st Ki$iui^iS|( l'fXQ^yatiPO doit êtfe, ie^corç
plus gMimiie poMûT pouvoir entoura 1^9^ jr acia^ 4* i>Qaa©
Quelques sylviculteurs préfèrent plantot dM|s de» timr du «q1 n'est pm plw 69^u»9 <emP Ja î^récédi&J*te, et aUç
^pteiiUté de I0P» simiU§« «A ¥^ ^vÂ^e 4'a^é^i?çx i« 4é<> ^¥6}epp«iû6irt ila» crânes, Da^^ s^^ 4^ <)etti^ qô^^q;^ idi^ttés m ttfBowiimi am »m '^m 4'wtr^ pi^43 ipl^w^
tiaas des tnooâ, âSraifidi i& aa3 iapi^ès uRe s^ï^m hmiomp |)tu0 beUe que caite (tes «9<?ap4», ^t |)ré^^ata m^m^ plu3 de vigueur que ceux qui u'^ymut^ pa# wW J'-PiPpi^AiW 4* 4» t«m9pl«^tJaQ»
JDaa» les «ois peu corapaota» ^ aaas fDierrM, ea pteiite ji fatâe âe diflépentd iartruiBents, éésignia du nois da tenei inventeurs, Piaut^i^^'Btefniaaas au pi^oirB-LaAgQ,
Quaât à )ft prbfofldeur i làqueite on ûoA pidut^r le <Aièm, Qôf^^ircms qae, ^mnme pour tous ]esjn(xlrfi»;»r]M!oi, ses racines ont besoin 4W, et aussi d'âti^ prémrY^ éli froid : il y a donc ma cert^m wlteu à, ofe^çirvor gui& r^;q)é- Tienee «nsei^ia fit qui wi» o» j^m avwite o»tuj«t âv ^ sa compacité ou sa perméabilité.
Uépoqoe 4e te tcaaspianlBtiesa est is mlsie 90^1? le 'Cfaéae que pouf les autiagis eas^noee; ^lieâd hîi ifmfïâ i)$t sève est arrêtée.
Le sucées d^<uii fêpéuplen^^t «rtffîctol del «liénM na j^ut ^e asBUf6 fpi'êia bout 4e ckiq à six «a& Jusque eotte é]^ué^ il 4»ut surt^Qttier aotimaieirt la plaatetiaa^ £1é^ travaux d'entretien consistent en sarclages et en biai'Se^
Puis lorsque les jeunes plants auront pris assez de développement , on procédera aux remplacements ou regarnis. Il entre 6,000 plants par hectares dans les terres riches, et le double dans les sols pauvres ; quand on plante des arbres de haute tige, pour futaie, il n'en faut que huit ou neuf cents par hectare.
Après avoir étudié comment on reproduit artiflciellement le chêne sur un terrain*(libre de toute culture, nous allons examiner comment cette espèce se renouvelle spontanément dans les bois de chênes, que ces bois soient des futaies, des taillis simples ou des taillis sous futaies. Nous dirons par quels soins le sylviculteur favorise cette reproduction naturelle qui, le plus souvent ^abandonnée à ellemême, amènerait le dépérissement rapide des forêts, au point de vue de leur rendemeojt.
La régénération d'une forêt de chênes par semence caractérise, avec la dimension des arbres , ce que l'on nomme une futaie. Ce sont les glands, tombant naturellement des arbres, qui opèrent cette régénération.
Le réensemencement et Fexploitation de la futaie chêne sont combinés de façon à déterminer la continuité du rendencient detcette culture forestière.
Les glands tombés à terre doivent rencontrer les circonstances favorables à leur germination, humidité, air, chaleur, lumière peu intense.
Le jeune plant doit, aux débuts de son développement, être protégé par un abri : plus tard ce. couvert lui serait plus nuisible qu'utile
L'étouffement des brins les plus faibles par les plus forts réalise les conditions favorahles à la réussite des plants provenus de l'ensemencement naturel ; la fiitaio çst créée.
(y est alors que l'exploitation des chênes arrivés à leur maturité doit être faite de feçon à favoriser la régénération.
C'est par des coupes successives que, dans les futaies de chênes, \Dn réalise la régénération par réensemencement naturel.
La première de ces coupes porte le nom de coupe d'en-
jemencement. Elle laisse sur pied le nombre de chênes
lécessaires pour fournir de glands toute la superficie
:ploitée et pour abriter contre le soleil ou les gelées les
mes plants qui surgissent après la chute des glands.
!ette coupe d'ensemencement doit être sombre, afin jsurer le repeuplement complet du sol sur lequel les ids> en raison de leur poids, ne sauraient se répandre, ^s arbres étaient clairsemés.
)t état sombre empêche encore le terrain de se galer ou de se couvrir de plantes nuisibles : il assure inservation du lit de feuilles sèches qui, en ajoutant fertilité du sol, préserve le jeune plant, à. ses débuts, gelée.
le des principales difficultés du réensemencement .
'el du chêne, c'est l'inégalité des glandées dans le-
[, le centre et le midi Plusieurs années peuvent se
)v sans glandée; les tiers et les quarts de glandée
fréquents. Dans beaucoup de localités, on est revenu
•éensemencement artificiel, succédant à la coupe à
le étoc des massifs de futaie. MM. Lorentz et Parade
>^tent les dangers de ce système, grâce auquel le sol,
iSé par nn . long couvert, s'effrite, se dessèche, est
ar les pluies, et sur lequel les chêneaux ne trouvent
les abris qui leur sont si nécessaires. Le forestier
jfrôurra, dtoS téMlW^ âtcomstalloéfi, Minplét^ Ift régéiiéfâtiûï^ tialùrdll^ ]^ tm mpetipMmttU artàOcioK
Les jeunes chênes ne demandant et ne supportant Que trdfl ptu 4^bri^ il faut proeéder à la coupe secondaire dans rUver Qi» (iMcoède à celui de la giandée, ou, au plus tard, vers là fin de Tannée suivante- Si l'on tardait, on verrait lès jeunes chênes périr sous le couvert de la coupe soiiîbTô.
La <x)upe secondaire où €tfupè dâifë èclàifdt dôifc la réserve, tout en maintenant encôfé âU jetï'Aé plMl m eertaia abri. On l^ésite $ôuV6nt à ta pMtf^u^ èû «M temps ; lorsque des glandéés iûcôtîiptéteâ ûhiA pftâ suffisamment ensemencé le partêrfô de là idfèi , (fd iàMMA. tltlë tK^u^He glundéè: mais ea «UmrAant^ tes jeuiies tfhêftès, frôç^ co«ûl^ettt, périsscfnt-
Lft tmpè Hmmmè m tut la quatHàma anaée «prés celle de Tensemencement. aé&ènkénÉmU (At simrw^ eacore y locs de cette coupe définitive , les beaux chênes (4acés suir le bord des chemins où la lisière de là forêt , pour tour laisser parcourir uae secondiô révolution et leë conduire ainsi -au point où ils pourront oQrir à là tûàrlnÉ, soit de plus beaux équarfissages, soit de plus bôlIëS cOUfbes. Ces beaux chênes, ainsi isolés, se couvriront, le long tlé iëtii*^ tfgéâ, de niëhuéfd btt^i^v^eâ 4«e Ton éli^er» dvec Wm pôfur qu'ëlleHk tt'ënt^àiliéM ^a^ le dépériBseBafeeM de h tiirûé, 'en àb^oi^bMit là ft6Ut<ritUfé ff'àutlfe part, cefe bran* t^tféâ ^ebohdaff és MndfalâiA léè boi^ ûmèxaet leur foraîrait Tpôi'di'd, d^at^Vès Pbbsôl^r^iott dé Buïfôfl, An ^wrt db imt iré^l^tïcé. des ôhéMS, réSëi^/^ sd^ là WiSpe^ •définitiT^ «ët*6h1 m&ù V'^jei âé sëinè ïoisA pàinieali^^ : letors bott d^drtë sfè^dtlt rétmiiëbM ëôignrasèm^Bt M d&âHsBt à la S^^tidtl trtié i]Wlinàilt(ofi ^ui > fâfâtitwt râooutomèot 4aè iéàti^ t)^Vlàléè , t)fé^îetl^rà m bt^abod dM gf Iscrtteà éI ttëiS nOHidS ^àtéft.
La jauQQ farèi de chênes, ainsi obtenu^ par le semi» natureU est i>ettoyée des bois blancs et des morts-bois,, et éclaircie périodiqiiement, conformément aux règles de Tart du forestier.
Les premières éclaircies laissent les chênes très-serrés, pour les faire filer droit et empêcher leurs tiges de se garnir de branches latérales. Les dernières éclairoies, amenant au contraire plus d'air et de lumière autour des cbêues, détermineroat leur croissaxice exi diamètre^
Ce n'est pas seulement dans les futaies régulières que le réerisemencement naturel est pratiqué , il est enèore as*-
socié à la régénération des futaies irrégulières.
Un mode d'exploitation du chêne, très-usité jadis, mais abandonné aujourd'hui par ^administration forestière, portail le nom de futaie jardinée.
Le jardinage consistait à enlever, cà et là , les chênes les phas vieux ou dépérissants, et ceux qui pouvaient être utilisés. Il s'en suivait que des arbres de tout âge étaient confusément mêlés dans la lorèt Le réensemenoenaent naturel dans une telle futaie donne un plant que le cou vert trop épais d'arbres de tdimt Âge lie tarde pas à faine disparaître ou à étioler ; et puis les abattages détruisent encore une grande partie des jeunes arbres.
(?est par des coupes de transformation que l'on xand possible, dans les futaies jardinées, l'applicatiou de la méthode du réensemencement naturel et des éclaircies.
Ces coupes feront disparaître, en totalité ou en partie, les grands chênes qui couvraient et étouffaîent la jeune forêt; en totalité, quand les dhênaux sont assez forts pour vivre sans abri ; partiellement, quand ils auront tresoia d'un laiible OQ^uv^t. l.orsq[ue Jie .soufi^-b9i$ S(^l^ très
rabougri et incapable de produire un bon peuplement, c'est lui qui sera sacrifié par la coupe de transformation. Lorsque la coupe porte sur les vieux arbres, le réensemencement naturel n'a pas lieu, puisque les jeunes brins très-serrés sont destinés à remplacer les vieilles écorces ; mais lorsque c'est au contraire le sous- bois qui disparaît, le réensemencement se produit comme dans les futaies régulières. . ' ^
La transformation de la futaie, jardinée par des coupes, ne suspend pas le jardinage, parce que la régularisation de la forêt est assez longue , et qu'avant ce temps beaucoup d'arbres dépérissants peuvent être utilisés.
Outre les forêts jardinées , il existe encore d'autres futaies de chêne irrégulières où le hêtre est associé à l'essence qui nous occupe. Elles résultent du mode d'exploitation dit à tire et aire.
Cette méthode consistait à asseoir les coupes par contenances égales de proche en proche^ et sans rien réserver. Ces coupes, une fois vidées, restaient abandonnées pendant tout le cours de la révolution, sans qu'on cherchât à réaliser les conditions de la régénération.
L'ordonnance de 1669 prescrivait de réserver seulement, dans les coupes de futaie, dix arbres par arpent (iO par hectare); cette réserve ne suffisait pas à régénérer la futaie, elle livrait le sol au dessèchement ou aux morts-bois et aux bois blancs qui arrêtaient le réensemencement naturel du sol. Si les chênes se trouvaient mêlés dans la forêt avec des hêtres, ces derniers finissaient par vaincre les premiers dans la lutte pour l'existence, et peu à peu la futaie-chêne disparaissait.
Gomment rétablir le réensemencement naturel dans des
forêts où se rencontrent à la fois : des restes de vieilles futaies, des perchis, des gaulis, des parties ruinées.
La portion futaie offre les conditions les plus favorables au réensemencement à l'aide de coupes de régénération.
Les portions en perchis devront être prudemment éclaircies, alin que les brins élancés et frêles soient encore soutenus jusqu'à ce que l'air et la lumière les aient consolidés. Ces éclaircies seront périodiques, partielles ou totales, suivant Tétat du perchis.
Dans les gaulis et les fourrés, des coupes de nettoiement •et Tenlèvement des vieux arbres suffiront souvent pour conduire la forêt jusqu'aux coupes de réensemencement.
Dans le dernier cas, celui des parties totalement ruinées, il faut faire table rase de tout ce qui couvre encore le sol et ensemencer à demeure, ou repeupler par transplantation.
Le plus difficile dans la restauration des deux sortes de forêts irrégulières dont nous venons de parler, sera d'asseoir les coupes d'une façon normale : les arbres qui les composent offi'ant des âges très-différents, et ces âges étant mêlés irrégulièrement. Il y aura, dans les prem.ières années, bien des sacrifices à faire, et ce ne sera qu'au bout d'un temps assez long que l'exploitation, régularisée et maintenue au mênle niveau par le réensemencement naturel, pourra donner des produits constants et le maximum de rendement.
Le chêne est encore cultivé de deux autres façons, en taillis simples et en taillis sous futaie.
Dans les taillis simples en essence de chêne, 1-a révolution est fixée entfe 15 et 40 ans. C'est-à-dire que tous les trente ans, par exemple, on coupe sur le même terrain.
Le r^peupleisent se Mt par rejets de soucbes; cependant on réserve quelquefois des baliveaux pour semeoice» lors^que les souches, commençant à s'épuiser, il est nécessaire de pourvoir autrement à la régénération du taillis. On conçoit que le réensemencement du chêne dans les taillis simples ne soit pas aussi facile que dans les futaies.
Dans le» taillis sous futaie, où, comme l'indique le nom de œ genre de culture, la futaie est superposée au taillis^ le réensemencement naturel du chêne est encore plus difficile, et cette précieuse essence est souvent dépossédée
par les bois blancs.
Dans beaucoup de ces futaies sur taillis, ou ne trouve plus qu'un très petit nombre de jeunes chênes francs de pied propres à remplacer les arbres arrivés à maturité : on en est réduit à remplacer les brins de semence par ceux des cépées qui ne fournissent jamais une aussi longue carrière que les premiers, et de plus se détériorent et se creusent fréquemment par le pied.
Le tempérament du jeune plant est la cause d'un inconvénient aussi grave. Les jeunes chênes ne peuvent supporter d'être couverts dans les premières années de leur existence. Dans les taillis, ils le sont toujours et périssent; les glands, si abondants qu'ils soient, lèvent inutilement. . Il faudra, dans ces conditions, créer des pépinières près des taillis sous futaie et y replanter de jeunes plants là où des vides et des clairières se produisent.
Lorsque le sol est boa, la croissance des chênes prove- 4iant de semis est asse^ rapide pendant leis premières années. A l'âge de 5 ans, on en voit qui mesurent déjà 3°,50 de hauteur avec un diamètre de 4 ou 5 centimètres.
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De Oà 20 ans. 1 0.10
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Dô 40 à 60 ans t).80 û.tt
fie «0è -80*aa a..^,^.,,, 0,70 0.14
De 80 à 100 ans 0.66 0. 13
De 100 à 120 afis ,.. 0-60 0*12
De 12Ô à 140 ans > O.OT O.lt
La production da bois va en cFeifesaat jui&(|ti^à 140 ans Bur lès bonnes terfes, jusqu'à 120 ans sur celles demoïenne qnaîttô et isetflement jnsqn^â «0 5trr tes mauvaises.
D'^ipcès de CandoUa, raccroissemiant eu diamètre d6s chênes se produiPàit encore même aii-délè de 800 an*. Ce même observateur a calculé l'acdroissemeat, dan» cettains Jàombre de cbênéâ^ de la manière suivante. Il âppîî- 9ttaii4ineJ»a&â# 4e papier 4a centra 4 la <)irconléFe»ee Mr la co^pe hotfizontàle et marquait but dette bandelette les rencontres de toiates les couohêâ annuelles. H mesurait alors ta longueur âuccessîve de dfeaines de couches, puis les dôublail pour avoir ainsi la marcbe décenpale de Taccroissemeut en diamètre. Un tableau fut dressé à Paide de cette méthode. Celui :que nous présentons en difiëre uti peu, il indique des périodes de vingt ans.
Il appraid que ia loi de Faocrois^ement est loin d'êttie tégalière pour le chêne. Ainsi, ie chêne À a grossi lentetnent -et à crû davantage en vieillissant , iandfe xjue ïe -chêne B a suivi une marche inverse ; les c&ênes (?, D, E ont eomdteircé jpar de petits accroissements, en ont eu «ensuite de plus grands, et ont repris daiK une troisième j^énode ^m accroissiBcaent moindx^i, mai^ plu$ xéSLulier^
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PÉRIODES d'accroissement
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