‹ Histoire du chêne dans l'antiquité & dans la natureChapitre 87 sur 129 · GALLES INTERNES VRAIES DES TIGES · texte numérisé non relu

GALLES INTERNES VRAIES DES TIGES

Les Qvbercus robur-pedunciUata portent dans l'enveloppe cellulaire herbacée de leurs ramuscules une galle analogue par sa structure à celle des galles externes. Elle se rencontre près des bourgeons ; grosse comme un pois, elle est verte et végète même après la sortie de l'insecte, et porte des bourgeons et des feuilles. C'est un rameau iiiorbidement renflé. A la bifurcation des petites branches de chêne, on trouve des galles qui seinblent dues à uije hypertrophie du tissu médullaire.

Troisième Classe.

Il est une galle du bourgeon du chêne qui présente ce caractère et que Réaumur ayait nommée Galle en ot^Aat^.

OuibôUirt avâiît étudié' éettê gôllle, et peiidàit ({u'ëllê ^ro^ venait de la piqûre d'tine fleur femelle de cbènei par ua cyniïyâ. Les écailles dé l'involucre, se développairt aiiofmalement , fôrmaieût les feuilles dé la galle en artlchaûit ; leiifs bases, soudées et tuméfiées, constituaient le tôrus au cul de Fartichaut ; enflur au centre, au milieu des feuilleS' on retrouvait souvent , d'après M. Guibourt , l'ovaire ou jeune gland atrophié, mais reconnaissable à la pointe qui le termine.

Pouf M. Lacazé-Diïthiers , les galles en artichaut du chêne provieûnent de la piqûre d'un bourgeion ordinaire Ce sont les écailles de ce bourgeonl qui forment les feuilles de l'artichaut en se développant, et entre elles apparaît tme galle véritable offrant â rintérieur une cavité habitée par une larve. Cette galle, M. fiuthiers le reconnaît, à la forme d'un jeune gland, mais il conteste que, pour sa structure, elle puisse lui être assimilée. Débarrassée de son enveloppe d'écailles modifiées , cette galle a le caraiétère des galles externes complètement cellulaires. L'objection la plus importante opposée par M. Lacaze-Duthiers à la maniéré de voir de M. Guîbourt, c'est que la galïe en artichaut du chêne se forme sut des poussés de l'année et sur des bourgeons d'avril qui n'auraient pu fructifier

en automne.

Réaumur confondait avec la galle en artichaut ce que Guîbourt désigne sous le nom de galle corniculée. Celle-ci est assise par le milieu sur une très-jeune branche, et comme formée d'un grand nombre de cornes un peu recourbées à leur extrémité. Elle est* creusée à l'intérieur d'un grand nombre de cellules entourées chacune d'une couche de substance rayonnée , s'ouvrant toutes à l'extérieur par' uû trou particulier, et chacune ayant servi de d«iiea*e à tu» însieicte'. Ceis galles, qui n'oût pas étô ^jbëér-

vées par M. Lacaze-Duthiers , nous semblent appartenir aux galles externes muUiloculaires.

Guibourt décrit encore, sous le nom de gallon du Piémont ou de Hongrie, une excroissance très irrégulière de la cupule du gland chez le Quercus rohur. Tantôt cette excroissance est latérale au gland , tantôt elle s'y substitue et remplit la cupule qu'elle déborde.

Nous avons dit que le nombre des galles observées était très-considérable. Quand nous parlerons de remploi en médecine ou dans l'industrie de ces demeures passagères d'hyménoptères, faites de la substance du chêne, nous verrons que le commerce en reconnaît un grand nombre de variétés.

Lorsqu'on examine une larve de cynips arrivée au terme de son développement, on est surpris de l'aspect gras et luisant de ce ver, et l'on se demande où il a pu puiser les éléments des corps gras qui remplissent ses cellules, ces derniers existant en quantités insaisissables dans la sève des chênes.

M. Lacaze-Duthiers a considéré que ia larve des cynips, dans l'étroite prison dont elle ronge les parois pour vivre, se trouve dans les mêmes conditions que les animaux à l'engrais : repos , nourriture abondante , obscurité. C'est dans la couche alimentaire de la galle du chêne que la larve doit trouver tout ce qui lui est nécessaire. Voici la composition de cette partie comparée à celle du gland décortiqué :

1° Principe azoté

2** Principe carboné ....

3® Princij^e hydrogéné..

La larve du cynips renfermant, au terme de son évolution , une quantité de graisse supérieure à celle dfi la

Galle.

Gland.

azote ....

amidon . .

graisse. .

galle qui lui sert de prison et de nourriture, en forme, de toute pièce, comme les heri)ivores.

L'analogie de composition chimique, entre la galle et le gland, laisse entrevoir des analogies d'ordre physiologique. Ici, c'est un œuf animal qui devient le centre d'un . développement de substances alimentaires jouant le rôle des cotylédons, avec une enveloppe protectrice jouant le rôle des tests du gland. Là c'est un œuf végétal, autour . duquel se réunissent aussi une substance alimentaire, sous forme de cotylédons, et des enveloppes protectrices épisperme et péricarpe.

A l'éclosion de l'œuf animal, le rôle des substances alimentaires commence, et se termine à la sortie de l'insecte transformé.

A l'éclosion de l'œuf végétal, c'est-à-dire au début de la germination, le rôle des cotylédons commence, et se termine à la sortie de la jeune plante de ses enveloppes.

Le développement de la substance alimentaire, de la galle et du gland, est déterminé par l'action physiologique de substances spéciales ; là, c'est le venin d'un insecte, ici, c'est la substance poUinique.

Mais, par un merveilleux accord entre l'acte et son but, l'œuf animal s'entoure surtout de substances amylacées, qui lui sont nécessaires, et d'une assez forte proportion de matières azotées, aliment plastique ; tandis que l'œuf végétal s'entoure d'une moindre proportion de matière azotée, n'ayant besoin que de celle qui, sous forme de diastare, doit transformer en sucre la fécule des cotylédons.

LEs jumm^ m cmsmn

Une grande conftiston a régné pendant tongtempg au sujet des insectes hémiptères dont les coques se trouvent dans le midi de l'Europe snr diverses espèces de chênes. M. Gustave Planchon, dans une monographie complète sur cet sujet (1), a reconnu cinq insectes bien différents, dont trois appartiennent au genre Ghermes et deux au genre Coccus : tous n'ont pas la même valeur, au point de vue industriel ou médical, bien que tous habitent. sur les chênes. Voici, d'après Tauteur que nous venons de citer, la description de ces hémiptères quercîens.

!•— Ç^î)^elyl^eS'(Geoff.}.' C!occa» Lin., PJib, -*- Lecanium III., Horm. Corps de la femelle globuleux^ a/rticles indistincts»

f* «HBRMBS VEHMILIC (6. Vi.).

Gotite première espèce est le Koxxoç çotvixo; de Théoptiraate, le K,qxxaç Bot(ft^\ d^ Pioscoride^ le Coccus infec- IjQfius de Pline, le Kerm.es dies Arabes, le Coccus ilicis, Ift Çhjç;cp[ie^ ilicis de (quelques auteurs.

Kllj^ esl; Qa^ra^çtérisée par une coque à peu près globuleuse, de 6-7 millim. de diamètre, d'un brun rougeâtre, çQUwrte. d'upe poussière cendrée. Les infectes jeunes sont elliptiques oblongs, de couleur rouge cramoisi, vivant exclusivement sur le Quercus coccifera.

Les coques de cette espèce sent complètement développées au commencement de mai, elles s'attachent aux

(i) Le kermès du chêne, par Gustave Planchon. — Savy, Paris.

petits ratoeau^t pai* Me» portion très^-restreinte, débordée par xxnt zîôûe tPê» étrDitt de davjBt eotcMain«ux et blaïacli&tte ; elle& recoxivrettt alors plusieurs milliers d'œufs d'un rouge vif, plus petite que Ae» graioe» de pavot. A la fin de mai, ou au commencement de )uin» les petits inseetes éclos sortent en foule de la coque, et celle-ci ne contient plus alors cpie les eniretoppes des œufs ; elle se flétrit d'ordinaire, et dans cet état râî>pelle à s'y méprendre les baies trop mûre* des asperges cultivées, les jeunes- insectes se répandent aussitôt sur les branches avec une rapidité extraordînaî» ; ils sont d'une belle couleur rouge, leur form^ 69l eetie ^¥tn petil bateau i^Q\F6rsé. La partiie postérieure porte deux fllefe plus longs (pie La moitié du corps. Api^ derut ou treis- jouns^ Us petits insectes se fixent sur une partie un peu teindre de la tige ou des rameaux, rarement sur les feuilles, plus rarement encore sur le gland. Ils de^^ennent alors immab0<est saoâ changer sensiblement ; lia restent ainsi jusqu'au mois de mars. D'apf es Ëtoeric, eepend^a^t, une seconde ponte a lieu^ quelquefois ern aoôt oa i^eptemibire. M. G. Plancbiom n7a pu reconnaître^ Fes mâles.

2* CHERMES EMEBICI (G. Pi.).

Coque à peu pi^ès globuleuse, de 8 millim. à 1 centim. de diamètre, blanc, jaunâtre, couverte de dépressions punctifbrmess déwloppé0& régulièrement sur les flancs. — Inâectes naissants d'un Jaune orangév un peu plus grands que tes précédente, largement elliptiques dans leur co^ntour; extrémité postérieure arrondie et étshancrée en son BHtieiï, pO'Ftant (|uab*e filets, <ï(!mt tes émsi iafériears beaucoup plus courts que les autres ; m mBXicm^sm ôvdln^mrn&at smr- \b Quer&m c&mfemf petut^étre' anpBsi) su^ le

La coque, déjà développée en maC est attachée aux rameaux par une surface étroite, allongée, non débordée par le duvet, elle a presque la grosseur d'un grain de maïs ; les ponctuations, marquées surtout sur les flancs, y forment des rangées régulières convergeant vers le point

d'attache.

Les œufs qu'elle recouvre sont un peu plus gros que ceux du Ch. vermiUo ; les insectes, qui en sortent au commencement de juin, ressemblent à de petits cloportes un peu aplatis, clypéiformes ; leur contour est très-largement elliptique, et leurs extrémités très-arrondies, surtout la postérieure. Cette dernière présente une échancrure au milieu de laquelle un tubercule saillant .porte un court appendice en forme de T. On peut s'assurer par la pression, que cet appendice est fortné de deux filets courbés à angle droit à leur extrémité, de manière à former chacun une extrémité latérale du T, En outre, les bords de l'échancrure portent deux filets plus longs que la moitié du corps, les pattes et les antennes sont .relativement grêles. Ces insectes se fixent, comme les précédents, au bout de deux ou trois jours, et ont probablement les mêmes phases de développement, habitent les Q. coccifera et Q. ilex.

3* CHERMES BAUHINI (G. PI.).

Coque globuleuse, légèrement ou fortement comprimée et presque disciforme, de 5-7 millim. de diamètre; noire ou d'un noir rougeâtre, à la fin lisse et glabre : insectes naissants d'un jaune orangé, elliptiques dans leur contour, arrondis à leurs extrémités ; deux filets à l'extrémité postérieure échancrée ; vit sur le Q. ikœ.

Ces coques sont attachées par une surface très-restreinte, garnie d'un duvet cotonneux qui ne la déborde point. La

plupart sont déjà vides au commencement de juin ; elles restent parfaitement lisses et brillantes.

Les petits insectes se fixent après deux ou trois jours de courses, et restent dès lors immobiles.

Cette espèce paraît commune aux environs de Montpellier, M. G. Planchon Ty a souvent rencontrée ; il a observé que les coques sont tantôt sur les rameaux jeunes, tantôt sur les grosses branches, même sur le tronc, quelquefois sur les feuilles ; il n'est pas rare d'en voir trois ou quatre, ou même un plus grand nombre serrées les unes contre les autres.

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