‹ Histoire du chêne dans l'antiquité & dans la nature; ses applications à l'industrie, aux constructions navales aux sciences et aux arts, etcChapitre 103 sur 156 · GALLES MIXTES · texte numérisé non relu

GALLES MIXTES

Il est une galle du bourgeon du chêne qui présente ce caractère et que Réaumur avait nommée Galle en artichaut.

Guibourt avait étudié cette galle, et pensait qu’elle provenait de la piqûre d’une fleur femelle de chêne par un cynips. Les écailles de l’involucre, se développant anormalement, formaient les feuilles de la galle en artichaut ; leurs bases, soudées et tuméfiées, constituaient le torus ou cul de l’artichaut ; enfin au centre, au milieu des feuilles» on retrouvait souvent, d’après M. Guibourt, l’ovaire ou jeune gland atrophié, mais reconnaissable à la pointe qui le termine.

Pour M. Lacaze-Duthiers, les galles en artichaut du chêne proviennent de la piqüre d’un bourgeon ordinaire Ce sont les écailles de ce bourgeon qui forment les feuilles de l’artichaut en se développant, et entre elles apparaît une galle véritable offrant à l’intérieur une cavité habitée par une larve. Cette galle, M. Duthiers le reconnait, a la forme d’un jeune gland, mais il conteste que, pour sa structure , elle puisse lui être assimilée. Débarrassée de son enveloppe d’écailles modifiées, cette galle a le caractère des galles externes complètement cellulaires. L’objection la plus importante opposée par M. Lacaze-Duthiers à la manière de voir de M. Guibourt, c’est que la galle en artichaut du chêne se forme sur des poussés de l’année et sur des bourgeons d'avril qui n'auraient pu fructifier en automne.

Réaumur confondait avec la galle en artichaut ce que Guibourt désigne sous le nom de galle corniculée. Celle-ci est assise par le milieu sur une très-jeune branche, et comme formée d’un grand nombre de cornes un peu recourbées à leur ‘extrémité. Elle est creusée à l’intérieur d’un grand nombre de cellules entourées chacune d’une couche de substance rayonnée, s’ouvrant toutes à l’extérieur par un trou particulier, et chacune ayant servi de demeure à un insecte. Ces galles, qui n’ont pas été obser-

vées par M. Lacaze-Duthiers, nous semblent appartenir aux galles externes multiloculaires.

Guibourt décrit encore, sous le nom de gallon du Piémont ou de Hongrie, une excroissance très irrégulière de la cupule du gland chez le Quercus robur. Tantôt cette excroissance est latérale au gland, tantôt elle s’y substitue et remplit la cupule qu'elle déborde.

Nous avons dit que le nombre des galles observées était très-considérable. Quand nous parlerons de lemploi en médecine ou dans l’industrie de ces demeures passagères d’hyménoptères, faites de la substance du chêne, nous verrons que le commerce en reconnaît un grand nombre de variétés.

Lorsqu'on examine une larve de eynips arrivée au terme de son développement, on est surpris de l'aspect gras et luisant de ce ver, et l’on se demande où il à pu puiser les éléments des corps gras qui remplissent ses cellules, ces derniers existint en quantités insaisissables dans la sève des chènes.

M. Lacaze-Duthiers a considéré que la larve des cynips, dans l'étroite prison dont elle ronge les parois pour vivre, se trouve dans les mêmes conditions que les animaux à l’engrais : repos , nourriture abondante, obscurité. C’est dans la couche alimentaire de la galle du chêne que la larve doit trouver tout ce qui lui est nécessaire. Voici la composition de cette partie comparée à celle du gland décortiqué :

Galle. Gland, 1° Principe azoté.. ..... azote .... 1,50 0,80 JA D Xe Principe carboné .... amidon.. 84,00 64,00 De 3° Principe hydrogéné.. graisse. . 1,50 480 roL

La larve du cynips renfermant, au terme de son évolution, une quantité de graisse supérieure à celle de la

galle qui lui sert de prison et de nourriture, en forme, de toute pièce, comme les herbivores.

L'analogie de composition chimique, entre la galle et le gland, laisse entrevoir des analogies d’ordre physiologique. Ici, c’est un œuf animal qui devient le centre d’un développement de substances alimentaires jouant le rôle des cotylédons, avec une enveloppe protectrice jouant le rôle des tests du gland. Là c'est un œuf végétal, autour duquel se réunissent aussi une substance alimentaire, sous forme de cotylédons, et des enveloppes protectrices épisperme et péricarpe.

A l’éclosion de l'œuf animal, le rôle des substances alimentaires commence, et se termine à la sortie de l’insecte transformé.

A l’éclosion de l'œuf végétal, c’est-à-diresau début de la germination, le rôle des cotylédons commence, et se termine à la sortie de la jeune plante de ses enveloppes.

Le développement de la substance alimentaire, de la galle et du gland, est déterminé par l’action physiologique de substances spéciales ; là, c'est le venin d’un insecte, ici, c’est la substance pollinique.

Mais, par un merveilleux accord entre l’acte et son but, l’œuf animal s’entoure surtout de substances amylacées, qui lui sont nécessaires, et d'une assez forte proportion de matières azotées, aliment plastique; tandis que l’œuf végétal s’entoure d’une moindre proportion de matière ‘ azotée, n'ayant besoin que de celle qui, sous forme de diastare, doit transformer en sucre la fécule des cotylédons.

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LES KERMES DU CHÈNE.

Une grande confusion a régné pendant longtemps au sujet des insectes hémiptères dont les coques se trouvent dans le midi de l’Europe sur diverses espèces de chênes. M. Gustave Planchon, dans une monographie complète sur cet sujet (1), a reconnu cinq insectes bien différents, dont trois appartiennent au genre Chermes et deux au genre Coccus : tous n’ont pas la même valeur, au pointde vue industriel ou médical, bien que tous habitent sur les chênes. Voici, d’après l'auteur que nous venons de citer, la description de ces hémiptères querciens.

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