Chermes (Geoff
Coccus Lin., Fab. — Lecanium III., Burm.
Corps de la femelle globuleux, articles indistincts. 1° CHERMES VERMILIO (G. P1.).
Cette premiere espèce est le Koxxoç qoivixos de Théophraste, le Koxxoçs Bagun de Dioscoride, le Coccus infectorius de Pline, le Kermes des Arabes, le Coccus iïlicis, le Chermes ilicis de quelques auteurs.
| Elle est caractérisée par une coque à peu près globuleuse, de 6-7 millim. de diamètre, d’un brun rougeûtre, couverte d'une poussière cendrée. Les insectes jeunes sont elliptiques oblongs, de couleur rouge cramoisi, vivant exclusivement sur le Quercus coccifera.
Les coques de cette espèce sont complétement développées au commencement de mai, elles s’attachent aux
(4) Le Kermes du chéne, par Gustave Planchon. — Savy, Paris.
petits rameaux par une portion très-restreinte, débordée par une zône très étroite de duvet cotonneux et blanchâtre ; elles recouvrent alors plusieurs milliers d'œufs d’un rouge vif, plus petits que des graines de pavot. A la fin de mai, ou au commencement de juin, les petits insectes éclos sortent en foule de la coque, et celle-ci ne contient plus alors que les enveloppes des œufs ; elle se flétrit d'ordinaire, et dans cet état rappelle à s'y méprendre les baies trop mûres des asperges cultivées, les jeunes insectes se répandent aussitôt sur les branches avec une rapidité extraordinaire ; ils sont d’une belle couleur rouge, leur forme est celle d'uu petit bateau renversé. La partie postérieure porte deux filets plus longs que la moitié du corps.
Après deux ou trois jours, les petits insectes se fixent sur une partie un peu tendre de la tige ou des rameaux, rarement sur les feuilles, plus rarement encore sur le gland. Ils deviennent alors immobiles sans changer sensiblement ; ils restent ainsi jusqu'au mois de mars. D’après Emeric, cependant, une seconde ponte a lieu quelquefois en août ou septembre. M. G. Planchon n’a pu reconnaître les mâles.
2° CHERMES EMERICI (G. Pi.).
Coque à peu près globuleuse, de 8 millim. à 1 centim. de diamètre, blanc, jaunâtre, couverte de dépressions punctiformes, développées régulièrement sur les flancs. — Insectes naissants d’un jaune orangé, un peu plus grands que les précédents, largement elliptiques dans leur contour ; extrémité postérieure arrondie et échancrée en son milieu, portant quatre filets, dont les deux intérieurs beaucoup pius courts que les autres ; se rencontre ordinairement sur le Quercus coccifera, peut-être aussi sur le Quercus ilex.
La coque, déjà développée en mai, est attachée aux rameaux par une surface étroite, allongée, non débordée par le duvet, elle a presque la grosseur d’un grain de maïs ; les ponctuations, marquées surtout sur les flancs, y forment des rangées régulières convergeant vers le point d'attache.
Les œufs qu’elle recouvre sont un peu plus gros que ceux du Ch. vermilio ; les insectes, qui en sortent au commencement de juin, ressemblent à de petits cloportes un peu aplatis, clypéiformes ; leur contour est très-largement elliptique, et leurs extrémités très-arrondies, surtout la postérieure. Cette dernière présente une échancrure au milieu de laquelle un tubercule saillant porte un court appendice en forme de T. On peut s'assurer par la pression, que cet appendice est formé de deux filets courbés à angle droit à leur extrémité, de manière à former chacun une extrémité latérale du T. En outre, les bords de l’échancrure portent deux filets plus longs que la moitié du corps, les pattes et les antennes sont relativement grêles. Ces insectes se fixent, comme les précédents, au bout de deux ou trois jours, et ont probablement les mêmes phases de développement, habitent les Q. coccifera et Q. ilex.
3° CHERMES BAUHINI (G. P1.).
Coque globuleuse, légèrement ou fortement comprimée et presque disciforme, de 5-7 millim. de diamètre; noire ou d’un noir rougeâtre, à la fin lisse, et glabre : insectes naissants d’un jaune orangé, elliptiques dans leur contour, arrondis à leurs extrémités ; deux filets à l’extrémité postérieure échancrée ; vit sur le Q. ilex.
Ces coques sont attachées par une surface très-restreinte, garnie d’un duvet cotonneux qui ne la déborde point. La
plupart sont déjà vides au commencement de juin ; elles restent parfaitement lisses et brillantes.
Les petits insectes se fixent après deux ou trois jours de courses, et restent dès lors immobiles.
Cette espèce paraît commune aux environs de Montpellier, M. G. Planchon l'y a souvent rencontrée ; il a observé que les coques sont tantôt sur les rameaux jeunes, tantôt sur les grosses branches, même sur le tronc, quelquefois sur les feuilles; il n’est pas rare d’en voir trois ou quatre, où même un plus grand nombre serrées les unes contre les autres.