C. PERSONNAT
Ce ne serait pas une des moindres gloires du chêne, si après avoir, par son bois, assuré la conservation de nos vins, et par ses racines propagé la truffe, ses feuilles pouvaient chez nous, à l’aide d’un organisme vivant intermédiaire, se transformer en soie. Quelle trilogie épicurienne, la truffe, le vin et la soie ! et voyez en quel ordre naturel l'arbre nous les présente, en bas la truffe, plus haut le vin, au sommet la soie. Oh! vieux chêne rébarbatif et solennel, tu es vraiment plus gaulois qu'on ne pense.
IT y a quelques années, lors de la maladie du ver à soie du müûrier, l'introduction de nouvelles espèces de bombyx pouvant faire de la soie avec les feuilles de nos chênes, fut une espérance dans un grand désastre.
Quelle heureuse fortune, en effet, s’il était possible d’acclimater chez nous un bombyx séricigène plus rustique
que celui du mürier et pouvant vivre au Midi sur nos chênes verts, au nord et au centre sur nos rouvres et nos pédonculés.
Deux espèces du genre bombyx vivent en Chine et au Japon, sur les feuilles des chênes. La première désignée sous le nom de bombyx-pernyi, la seconde sous celui de bombyx-yama-mai. Nous parlerons d’abord de la première.