I TI III IV V VI VII
Robur Élæobalanus Eryhrobalanus Cerris Gallifera Buber Cocciféra
B | C Cyclobalanus. | Chiamydobalanus.
Postérieurement au grand travail monographique de M. Alph. de Candolle sur les chênes, M. A.-S. OErsted a
RE
abordé le même sujet. N'ayant pas pu nous procurer le mémoire traduit de l’auteur, nous transcrivons ici le résumé qui en a été fait dans le Bulletin de la Société botanique de France, année 1867.
— L'œuvre de M. OErsted embrasse toutes les cupuliféres. Il divise cette famille en deux groupes, et le genre Quercus de Alph. de Candolle se trouve réparti dans chacun d'eux.
L'auteur sé fonde principalement sur les caractères des styles. Chez les genres Castanea et Castaneopsis, ces organes sont cylindriques dressés spiciformes raides, et munis seulement à leur extrémité d’un petit stigmate punctüforme.
Il en est de même chez les chênes asiatiques (sect. Pasania, Miq.; Lithocarpus, Miq.; Chlamydobalanus, Miq.; et Cyclobalanus). En outre , chez ces plantes, les chatons mâ'es et femelles prennent naissance la même année, et sont les uns et les autres dressés et arides; elles se ressemblent encore par les boutons, ainsi que par la nervation et par la forme des feuilles : tel est le type Castaninæ Œrst.
Chez les Quercinæ Œrst (sect. Lepidobalanus et Cyclobalanus à feuilles dentées en scie), les styles sont plans et canaliculés sur leur face interne ou supérieure, que le stigmate occupe tout entière ; de plus, ils sont toujours plus ou moins réfléchis Les chatons mâles, toujours insérés sur la partie inférieure dé la pousse de l’année, prennent naissance un an avant qu'ils ne se développent, et sont pendants. Les chatons femelles, toujours fixés sur la nouvelle pousse, et à sa partie supérieure, prennent naissance l'année même de leur dévelonpement, et sont dressés. Les feuilles sont diversement dentées ou lobées, ou lorsqu'elles sont entières, elles ont leurs nervures tout autrement ramifiées que les feuilles du groupe des Castaninx.
A la section Quercinæ appartient, outre le genre Fagus et le genre Quercus, sensu strictiori (divisé en trois sections
Lepidobalunus — Erythobalanus — et Cerris, d'apres les caractères des styles), le genre Cyclobalanopsis, qui est fondé sur les espèces à feuilles en scie, détachées de la section Cyclobalanus. |
Les styles, on le voit, jouent un grand rôle dans cette nouvelle classification des chênes.
Voici les tableaux de cette classification ; ou le genre Quercus se trouve pour la première fois profondément démembré.
Cupulifères.
Styles offrant une surface stig- | Styles offrant seulement à leur matique sur leur superficie | sommet une surface stiginterne ; chatons mâles pen- matique ; feuilles presque dants, feuilles rarement en- toujours entières.
tières.
Quercinæ. Castaninæ.
Cupule hérissée ou muriquée, presque régulièrement ou irrégulièrement divisée, renfermant deux ou trois fleurs.
Fagus. Castanea.
Castaneopsis.
SYPE
Cupule couverte de squammes éparses imbriquées, fleurs solitaires dans la cupule.
Quercus. | Pasania. $ III.
Cupules aux squammes verticillées en lames concentriques, et soudées latéralement ; fleurs solitaires dans la cupule.
Cyclobalanopsis. | Cyclobalanus.
Ainsi les lignes horizontales établissent les analogies
entre les sections des cupulifères , et chacun des termes des séries verticales est lié par une affinité basée sur la configuration des styles. Les Pasania, les Cyclobalanus, ont moins d’affinité avec les chênes que n’en ont les hêtres.
En résumé, le genre Quercus perd les Pasania, les Chlamydobalanus et les Cyclobalanus; il reste formé des Lepidobalanus de M. Alph. de Candolle.
Si la classification de M. CErsted prévaut un jour dans la science, si une partie des chênes passe des Quercinées aux Caslaninées , cette annexion aux châtaigniers d’une partie des quercus n’atteindra pas nos beaux chènes. Ni les Robur, ni les Zler, ni les Suber, ni la plupart des belles espèces des États-Unis, qui ressemblent tant aux nôtres par la solidité de leur bois, la majesté de leur port, ne cesseront d'être chênes.
Ce qui pourrait militer en faveur de la classification de M. OErsted, serait, suivant l'observation faite dans l’article auquel nous empruntons une partie de ces détails, son accord avec la distribution géographique des Quercus. — Tandis que les Quercinées dominent en Amérique, en Europe et en Orient, les Castaninées forment un groupe complétement asiatique.
Des trois sous-genres des Quercus, l'Erythrobalanus est exclusivement américain. Le Cerris appartient à l'Orient et le Lepidobalanus marque la limite nord qu'’atteignent les chênes dans l’ancien et dans le nouveau monde.
La distribution géographique des Cyclobalanopsis s’accorde également avec le mélange des caractères européens orientaux et asiatiques, qui distinguent ce genre, puisque la plupart des espèces de Cyclobalanopsis croissent précisément dans les contrées où se rencontrent les types indiens et européens orientaux. On observe un
rapport analogue en Amérique, à la limite méridionale des chênes. Au sud de la chaîne volcanique qui traverse le Costa-Rica, et qui selon M. OErsted marque la limite de démarcation entre la flore mexicaine et celle de Amérique du sud, on trouve en effet un petit groupe (Erythrobalanus, sect. 4, Lepidobalanoïdes), qui réunit les caractères des £rythrobalanus et des Lepidobalanus ; mais ce groupe croît précisément dans cette partie de l’'Amérique où les deux sous-genres ci-dessus, qui font partie de la flore mexicaine, se mélangent peu à peu pour disparaître vers le nord.
Dans la classification de M. Ad. Brongniart, d’après laquelle sont classées les plantes au muséum de Paris, et dans beaucoup d’écoles de botanique, voici la place des chênes et les caractères qui la déterminent :
Phanérogames.
Dicotylédons.
Angiospermes.
Dialypétales, perigynes.
Apérispermées.
Fleurs déclines.
Fleurs apétales n’ayant qu'un calice imparfait, petites et réunies
en chatons.
18° CLASSE. =—— AMENTACÉES.
Feuilles simples stipulées cotylédons entiers. Fleurs en général monoïques. Loges 1-2 ou plus : à 1-2 ovules. Radicule supère.
Ovaire infere, à trois loges bi-ovulées (1)
Périanthe en écaille, ou bieu calyciforme ; ovules pendants ; autant de stigmates que de loges ; Fleurs femelles à involucre ou cupule.
Famille des Quercinées.
(1) Ce caractère sépare les chènes des coudriers, hêtres et châtaigniers, dont les ovaires ont plus de loges ou moins d’ovules.