‹ Histoire du chêne dans l'antiquité & dans la nature; ses applications à l'industrie, aux constructions navales aux sciences et aux arts, etcChapitre 24 sur 156 · CHAPITRE VIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIT

Description des principales espèces de chènes.

Nous avons montré la place du genre Ouercus dans les classifications et les subdivisions introduites dans ce vaste groupe par M. Alph. de Candolle : nous compléterons maintenant cette partie de l’histoire du chêne par la description des principales espèces. Nous nous bornerons à celles dont il est question dans le cours de cet ouvrage, ou dont l’acclimatation en France peut offrir quelque intérêt (1).

Nous n'avons donc pas la prétention de faire ici la botanique du chêne. Le lecteur qui en désirerait une étude complète, devra consulter le prodromus dans lequel M. de Candolle a réuni, avec une patience admirable, et discuté avec une science profonde, les connaissances accumulées sur ce point d'histoire naturelle.

Dans la première section Lepidobalanus et dans le paragraphe I (ovules avortés infères, etc., feuilles caduques), se présente à nous le plus intéressant de tous les groupes de chênes, celui qui renferme les espèces de nos forêts

(4) Les espèces que nous décrivons ont presque toutes été introduites en France, ou sont ualurelles sur son sol: elles sont recherchées soit comme arbres d'ornement, soit pour des expérimentalions forestières. Les grands établissements d’horticulture, comme celui de André Leroy, d'Angers, pour la région de l'Ouest, ont dans leurs pépinières plus de trente espèces ou variétés de Quercus, principalement américaines.

de France, et celles auxquelles se rapporteront tout ce que nous aurons à dire du chêne en général, et du bois de chêne en particulier.

Ce groupe, désigné sous le nom spécifique de ÆRobur (Quercus robur), à été naturellement divisé en deux sousespèces sous les noms de : 1° Quwercus robur pédunculata ; 2° Quercus robur sessiliflora. Tout le monde sait que les glands des chênes de nos forêts sont tantôt portés sur des pédoncules allongés, et tantôt au contraire immédiatement fixés sur le jeune rameau, c’est-à-dire sessiles,

Voilà les distinctions les plus connues parmi les Robur de nos forêts. Au lieu de désigner ces deux formes par les noms scientifiques de Quercus robur pedunculata, et Quercus robur sessiliflora, on les nomme vulgairement, chêne pédonculé et chêne sessile.

Si l'observation la plus ordinaire à fait ainsi découvrir parmi nos chênes deux sous-espèces, une étude plus attentive a fait reconnaître aussi que les chênes pédonculés et sessiles n'étaient pas tous identiques : qu’il y avait parmi eux des variétés.

L'espèce Quereus robur, après s'être divisée en deux sous-espèces, s’est donc encore subdivisée en variétés.

ESPÈCE Quercus robur.

SOUS-ESPÈCES SOUS-ESPÈCES Quercus robur pedunculata Quercus robur sessiliflora VARIÉTÉS VARIÉTÉS

Q. r. p. vulgaris. Q. r. s. communis.

Q. r. p. fastigiata. Q. r. s. lanuginosa.

Q. r. p. pendula. etc.

Q. r. p. appenina.

etc.

NE

Toutes ces divisions et subdivisions de l’epèce sont modernes. Linné les confondait sous le nom de Querous robur, et les caractères que nous allons donner se rapporteront à ce véritable type d'espèce, duquel on est revenu, et dont les modifications ne constituent plus que des variétés.

Quercus robur.

C'est le chêne ordinaire des parties septentrionales et moyennes de l’Europe, le plus bel arbre de nos forêts par sa puissance et sa majesté.

Après un sommeil de cent dix jours environ, lorsque ses bourgeons gonflés laissent échapper les premières feuilles, peu de temps suffit à cette toilette printanière.

Rarement le chêne subit les influences dues à l’oscillation des saisons. Pendant que les saules et les lilas cèdent aux caresses des premières molles haleines, et paient souvent bien cher cet empressement à s'épanouir, il attend. Pour une moyenne de dix années M. Quételet a fixé au 25 avril pour Bruxelles la foliation du Qurcus robur. Cette époque est la même en France, et si à Madère, d’après l'observation de M. O. Heer, l'arbre se couvre de feuilles dès le 20 février, c’est que le printemps de cette terre privilégiée est de deux mois en avance sur le nôtre.

L'arbre fleurit aussitôt que les feuilles paraissent. Quel passant distrait à jamais remarqué la fleur du chène, et combien peu la connaissent. Avec le sens vulgairement donné au mot fleur, l'expression de fleur du chêne à quelque chose d’étrange.

Eh ! quoi, le vieil arbre druidique, le roi des forêts, vat-il aussi s’'empanacher ? Mettra-t-il du rouge ou du rose comme la tulipe ou la pivoine ? Va-t-il exhaler les parfums énervants de la tubéreuse ou du jasmin ? Rassuronsnous, le chêne trouve ailleurs les éléments de sa beauté,

Page 1