‹ Histoire du chêne dans l'antiquité & dans la nature; ses applications à l'industrie, aux constructions navales aux sciences et aux arts, etcChapitre 25 sur 156 · AT · texte numérisé non relu

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A l’aisselle des feuilles nouvelles se montrent its fieurs : elles sont mâles ou femelles, les premières très-nombreuses sont réunies par petits paquets le long d’un axe allongé et filiforme que le vent balance.

Un petit périgone, plus on moins découpé, s'ouvre pour laisser sortir un nombre déterminé d’étamines dont le pollen abondant est disséminé par les brises.

A la même époque les fleurs femelles naissent au-dessus des fleurs mâles, et sont fertilisées par la poussière staminale qui s'attache aux surfaces glutineuses de leurs stigmates en massue. Ces fleurs sont formées des petites écailles scarieuses au milieu desquelles est un ovaire à trois loges dispermes.

C'est de cette fleur cachée, petite et simple, que naît cependant un être fort qui, défiant le temps et les orages, verra passer bien des générations de bleuets et de coquelicots avant d’atteindre le terme de sa durée.

Devenus inutiles les chatons de fleurs mâles se détachent et tombent; l'ovaire qui renferme les jeunes semences grossit; une seule graine, une seule loge en occuperont bientôt la cavité. D’autre part, l’involucre écailleux de la fleur femelle soude ses bractées, et se transforme en une cupule élégante, où le gland restera fixé jusqu’à sa maturité.

C'est dans ce gland à la coque dure et ligneuse, semblable en sa simplicité au berceau de bois de chêne où dort lenfant des chaumières bretonnes, que le jeune Quercus sommeillera jusqu'à la germination.

Six cents ans et plus s’écouleront, et l'être chétif sorti de ce gland verra peut-être passer alors sous ses rameaux vigoureux, quelque civilisé du Far-Ouest ou de la Tasmanie à la recherche des vestiges de notre civilisation et de nos. grandeurs disparues.

Le gland tombe avant les feuilles, et les espèces voisines sont déjà dépouillées par l'automne que le chêne a conservé toutes les siennes. Il garde ainsi jusqu’au printemps son feuillage jauni dont la teinte mélancolique s’harmonise si bien avec le ciel gris des campagnes de l'Ouest. |

Comme toutes les fortes races, le chêne possède une merveilleuse fécondité ; ses fruits sont nombreux et petits.

Garo seul y trouvait à redire :

Éielandsombe ii... x. 0". Lue — Oh! oh! dit-il, je saigne! Et que serait-ce donc S'il fût tombé de l'arbre une masse plus lourde,

Et que ce gland eût été gourde.

On peut donc dire que tout est harmonie chez le chène, et répéter avec Lafontaine :

Dieu fait bien ce qu'il fait.

Quercus robur pedunculata.

La premiere sous-espèce du @. robur est le Q, r. pedunculata, ainsi nommé parce que ses fleurs femelles sont pédonculées, et que plus tard les fruits forment une sorte de grappe.

Les botanistes ont distingué plusieurs formes de ce chêne : ce sont des variétés ; les plus connues sont :

1° Q. r. p. communis.

“Désigné sous les noms vulgaires de chêne blanc, chêne à grappes, chène femelle, gravelin, chêne pédonculé, c’est le plus beau des Quercus de nos contrées.

Ses feuilles sessibles ou presque onsiles sont ovalesoblongues, sinuées, bordées de lobes obtus et même arron-

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dis ; glabres sur les deux faces, luisantes en dessu:, glauques en dessous; cette conformation n'existe que sur les jeunes Quercus de plus d'un an, car avant cette époque, ces organes ressemblent beaucoup à ceux du ©. r. sessiliflora.

La floraison du @.7r. p. communis précède de huit à dix jours en plaine, celle du @. r. sessiliflora, et de quatorze jours à certaines altitudes ; c’est pour cette raison qu'il est exposé aux gelées tardives. Cette circonstance peut être très-avantageuse, quand on a besoin de feuilles de chènes précoces pour l'éducation de certains bombyx de l'extrême orient.

Jusqu'à la fin de juillet, le fruit reste tres-petit et entierement caché dans sa cupule ; vers la fin d’août, il atteint la moitié de sa grosseur, il double pendant le mois de septembre, à la fin duquel il est mûr : il tombe pendant la première moitié d'octobre.

Ce chêne est le plus commun des 0. r. pedunculala. Il - se trouve à peu près sur tous les terrains, mélangé avec le Q. r. sessiliflora; mais un œil exercé sait toujours le distinguer, même à distance. Son feuillage ne forme pas une masse uniforme, il est interrompu et se prête mieux aux effets de lumière que recherchent les artistes. Lorsqu'il creît isolément àgla lisière des bois, son tronc est tortueux, irrégulier dans le jeune âge, mais plus tard il se redresse, ses inégalités disparaissent, et il file droit, sans divisions, jusqu'à 20 ou 25 mètres d’élévation.

En altitude, le chêne pédonculé commun ne s'élève pas très-haut ; en Auvergne, d’après Lecoq, il atteint à peine 700 mètres. De Candolle le cite à 1,200 mètres dans les Alpes et dans le Jura. Dans la Suisse septentrionale, il constitue des forêts assez clairsemées sur le versant des monts. Dans le Caucase, Ledebour l’a signalé à 800 mêtres.

Et

Voici d’après Lecoq les limites d'extension de ce chène :

SU-HTeCeR RER a AE écart en latitude.

Nord-Norwége ............. 63° 24° Occmen-Portugal. LU 10° O. ) écart en longitude. Orient-Russie moyenne...... 50° E. 60°

VOPLE M EXDAUSION. 7. 1440.

2% Q. r. pedunculuta fastigiala.

CHÊNE PÉDONCULÉ PYRAMIDAL.

Les branches de cette variété sont dressées le long de la tige, comme celles du peuplier d'Italie, ou celles du cyprès, ce qui lui à valu le nom vulgaire de chène-cyprès, on l’a nommé aussi chêne des Pyrénées, parce qu’il est commun dans ces montagnes. Sa taille est moins élevée que celle du précédent, avec lequel il a d’ailleurs les plus orandes ressemblances, par ses feuilles et par ses fruits. Son port majestueux en fait l’ornement des grands parcs. Il a même sur beaucoup de chênes à feuilles tombantes un avantage : suivant l'observation de de Candolle, les feuilles desséchées, au lieu de persister tout l’hiver sur les rameaux, tombent à la fin de l’autome.

3° Q. r. pedunculata pendula.

CHÊNE PÉDONCULÉ PLEUREUR.

C'est l’iaverse du précédent pour ia disposition des rameaux ; ce caractère lui assigne une place spéciale dans nos jardins paysagers.

# Q, r. pedunculata Apennina.

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