CHÊNE PUBESCENT
Cet arbre, recherché pour son feuillage printanier et ombreux, présente le même type que le précédent, quoi qu'il Soit moins élevé et moins rameux. C’est par les feuilles surtout qu'il se distingue : elles sont plus petites, d’une forme oblongue ovale, et légèrement échancrées en cœur à la base. La face supérieure est glabre, mais l’inférieure est presque cotonneuse et blarchâtre, surtout au printemps; les fruits sont moins gros que ceux du précédent. Ce chêne, propre aux lieux secs, ne trace ni ne drageonne.
On le rencontre entre le 38° et le 50° degré de latitude nord : du Portugal en Géorgie.
Lecoq la signalé à 500 mêtres d’élévation sur le plateau central de France, et Philippi jusqu’à 1,600 mètres sur l'Etna.
Nous allons continuer maintenant l’étude des autres Lepidobalanus propres à l'Europe et à l'Afrique.
Era TIR Quercus toza.
CHÊNE TAUZIN.
Désigné encore sous les noms de {auza, taussin; à Nantes et à Angers, on le nomme chêne doux; dans les Landes, chêne noir ; au Mans, chêne brosse ; sur les bords de l’Adour, ameïca ou amenca ; ailleurs, chêne angoumois, chêne roux, racine traçante.
Cette espèce a des formes assez variables ; elle se distingue cependant par ses racines traçantes dans les sols légers et sablonneux, où elle drageonne souvent. Ses feuilles sont pétiolées, ovales oblongues, sinuées lobées ou pinnatifides à lobes arrondis, duvetées des deux côtés, quand elles sont jeunes, de poils roussâtres étoilés : cette villosité disparaît avec l’âge sur la face supérieure. Les fruits sont fasciculés plus ou moins pédonculés, et les écailles oblongues de la cupule hémisphérique sont appliquées à la base et faiblement divergentes au sommet.
Ce chêne n’est nulle part l’objet d'une culture impor- tante. Inférieur aux espèces précédentes pour la qualité du bois, il n’est utilisé que pour la tannerie, la fabrication des cercles et comme combustible.
Le chêne tauzin existe d’un côté et de l’autre du détroit de Gibraltar, à 4,500 pieds en Espagne, et plus haut dans le Maroc.
Quercus Lusitanica.
Cette importante espèce, propre au bassin de la Méditerranée, est presque aussi polymorphe que le @. robur ; elle a été partagée en trois sous-espèces :
1° Q. Lusilanica orientalis; 2? Q. Lusitanica Bœtica ; 3 Q, Lusitanica faginea.
le fôte
Dans la première sous-espèce, nous trouvons le chène à galles, maintenant désigné sous le nom de Quercus Lusitanica orientalis infectoria.
Q. L. orientalis infectoria.
Quercus insectoria (olim).
CHÈNE A GALLES.
Ce chêne qui nous fournit les différentes espèces de noix de galle du commerce, n'était pas connu avant le voyage d'Olivier en Orient. C’est à ce naturaliste que nous devons la découverte de cette espèce intéressante, qui est répandue dans toute l’Asie-Mineure depuis le Bosphore jusqu’en Syrie, et depuis les côtes de l’Archipel jusqu'aux frontières de la Perse.
Parmi les auteurs, les uns écrivent : @. insectoria, les autres @. infectoria : les premiers, au nombre desquels se trouve Olivier, voulaient ‘exprimer par l'adjectif insectoria, la relation qui existe entre ce chêne et les galles qu’il porte, ou plutôt entre l'arbre, et les insectes qui l’habitent, et dont la piqüre produit les galles. Comme dans l’ancienne écriture la lettre s avait beaucoup d’analogie avec la lettre f, on aura fini par écrire 2n/fectoria. Dans l’abrégé des plantes usuelles de Pierre Chomel (prairial an XII), le chêne à galles est encore nommé Q. éinsectoria : Klayskens, en 1824, écrit aussi Q. insectoria. Les partisans de l'adjectif én/ectoria prétendent que cette expression a été donnée au chêne à galles, parce qu'il est employé pour la teinture en noir.
Ce chêne a la tige tortueuse; il atteint rarement la hauteur de ? mètres, c’est plutôt un arbuste qu’un arbrisseau, il s'est acclimaté dans le Portugal et dans le midi de l'Espagne. En France, on peut le cultiver dans nos
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départements méridionaux, mais le climat de Paris est trop froid pour lui (voir, pour les produits de ce chêne, le chapitre 21).
CARACTÈRES BOTANIQUES
Les feuilles du @. infectoria sont petites, courtement pétiolées, ovales, plus ou moins ondulées sur les bords : ceux-ci sont dentés en scie, à dents aiguës ou crénelées ; à leur base les feuilles sont arrondies ou en cœur.
La face supérieure est glabre et luisante, l’inférieure est d'un vert pâle, pubescente ou cotonneuse.
Le gland est allongé, lisse, deux ou trois fois plus long que la cupule, et presque sessile.
La cupule est hémisphérique et chargée d’écailles apprimées, cotonneuses, légèrement ciliées.
Q. L. Bœtica Mirbeckii.
CHÊNE DE MIRBECK OU CHÈNE ZAN.
Cet arbre fut d'abord désigné sous le nom de Q. Lusitanica par Lamarck. Webb, Boissier et Endlicher reconnurent une variété à laquelle ils donnèrent le nom de Q. L. Baœtica, parce qu’elle croît en Andalousie. M. Durieu a pensé que cette variété méritait d'être élevée au rang d'espèce, et M. Duchartre, dans son manuel des plantes, a partagé la même opinion : nous avons vu quelle était la place de ce chêne dans la classification de M. Alph. de Candolle ; il n’est qu'une variété de la sous-espèce Q. L. Bœtica.
Le chène de Mirbeck nous intéresse particulièrement : c’est un des éléments de la richesse forestière de l'Algérie où il est très-répandu; les provinces d'Alger, d'Oran, de Constantine ont de vastes forêts de chêne zen ou zan, ainsi que le désignent les Arabes. Tantôt on le trouve en massifs, tantôt il est mélangé d’autres essences, particulièrement avec le chêne liége et l’yeuse.
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Dans son excursion dans la grande Kabylie, le commandant Duhousset à remarqué que le chêne zan et le chêne vert se rencontrent sur tous les versants nord du Djurjura, surtout vers Afkadou, tandis que sur les pentes qui vont en décroissant vers Bougie, c'est le chêne liége qui est associé au chêne zan.
Ce bel arbre est, d’après M. Durieu, le roi des forêts algériennes ; on le cultiverait avec succès dans le midi de la France, et à Paris même, si, pendant les premières années, les jeunes pieds pouvaient être abrités pendant l'hiver.
CARACTÈRES BOTANIQUES
Les feuilles lancéolées sont échancrées ou cordiformes à leur base. Les lobes qui forment des crénelures sur leurs bords sont presque égaux entre eux.
La face supérieure est d'un vert foncé ; l’inférieure est couverte, lorsque la feuille est jeune, d’un coton floconneux qui disparaît plus tard et laisse voir la couleur glauque du parenchyme.
Chatons mâles cotonneux, sépales lancéolés soudés entre eux jusqu’au milieu de leur longueur.
Glands cylindriques, duveteux aussi dans leur jeunesse, mürissant dans l’année, agglomérés sessiles.
La cupule est cotonneuse en dehors et en dedans et recouverte extérieurement d’écailles pointues de couleur
brune.
Les États-Unis, dont le climat a de nombreuses analogies avec celui de l'Europe, possèdent aussi d’utiles espèces de Quercus appartenant aux Lepidobalanus à ovules avortés
infères et à feuilles caduques. Les principales sont :
= HS Quercus alba.