CHAPITRE
Noms du chène et leurs étymologies.
Les noms du chêne dans les diverses langues se rattachent à six vocables primitifs. Nous allons pouvoir les répartir en autant de groupes dans lesquels chaque nom présentera une parenté bien évidente avec ceux de la même série.
Anglo-Saxon.................. ac.
DÉRIVÉS
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Gaëlique-Ecossais ............... dair, dear. TON MEME ARRET dub, -1y6b.
(4) Vossius et l’abbé Dulac donnent au latin quercus étymologie un peu forcée de rpæyuo, mot grec qui signifie rude. Lemery faisait venir quercus de X€0XW, qui emporte aussi l'idée de rudesse.
D’après dom Lepelletier, ce ne serait pas de quer qu'il faut faire sortir quercus, mais du vocable cuez qui est celtique aussi. Le nom d’une de nos grandes forêts de chêne, la forêt de Cuise, dérive de cuez, ou de gwez, arbre, en breton.
M. Eugène Fournier a proposé une nouvelle étymologie du mot quercus. Il serait, d’après lui, formé du mot sanscrit arka dont l'une
Celtique: ...:..mipénrer (ee rove DÉRIVÉS.
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SANSCRE bhug (manger) DÉRIVÉS.
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Quelques langues, on le voit, ont plusieurs noms pour le chêne : le latin, quercus et robur ; le celtique, quer et rove; le sanscrit, daru et bhug. Rien d'étonnant à cela : lorsqu'un objet est principal ou seulement essentiel pour un peuple, dit Theiss, il est exprimé de différentes manières. Le lion, en langue arabe, et le cheval, en tartare, ont plusieurs noms.
des acceplions serait nourriture. D’après les Védas, ku arka signifierait quelle (mauvaise) nourriture : allusion aux glands.
(2) Pendant longtemps on a écrit chaine ; exemples : le dernier coup abat le chaine.
Petit homme abat grand chaine. (Proverbes du XIII* siècle).
Au premier coup ne choit mie le chaine. (Proverbes du Vilain. XIIIe siècle).
(3) D’après M. Gay, les bûcherons de Provence nomment Drouts une espèce de chêne, le Quereus pseudo-suber.
C'est à l’anglo-saxon ac et au sanscrit daru que se rapportent la plupart des noms du chêne dans les diverses langues. 1
Les noms celtiques, kimriques, gaëliques, bretons, du chêne, se rattachent au sanscrit daru, et il est probable que quer et rove ont eux-mêmes une semblable origine, un mot sanscrit perdu. |
Personne n’ignore que les Celtes sont issus de cette grande migration des descendants de Japhet, sortie comme un torrent des steppes situés à l’est de la mer Caspienne. Pendant qu'une partie de ce grand courant humain envahissait l'Inde, y fixait ses mœurs et sa langue (le sanscrit) dans sa pureté native, l'autre branche se dirigea vers l’ouest. Chaque tribu laissée sur ses berges par le grand fleuve humain conserva dans son idiome les traits caractéristiques du langage commun; mais nulle part les ressemblances ne sont aussi frappantes que dans les dialectes parlés sur les points les plus avancés du continent européen, là où les flots de l’Atlantique arrétèrent ces marcheurs infatigables. Vannes touche à Bénares, suivant la remarque de X.-B. Saintine. Les noms du chêne, deru ou daru , sont les mêmes aux deux extrémités de cette ligne immense.
Aussi les étymologistes, après avoir successivement fait dériver les noms du chêne du latin, puis du gree, ont fini par les rattacher tous au celtique : et les noms celtiques à leur tour, deru, dair, quer, rove, doivent être rapportés soit au sanscrit darw, soit à d’autres types perdus de la même langue.
Le nom sanscrit du chêne, darw, avait une acception plus générale , il signifiait arbre. En Persan aussi, le mot diracht (corruption de daruw) veut dire arbre. Précédé d’un adjectif, il désigne d’autres arbres que le chêne. Ainsi le