CHÈNE PRIN DE MONTAGNE
Cette variété de chêne prin présente une hauteur de 15 à 16 mètres, et un diamètre qui peut aller jusqu’à 1 mètre.
Elle est commune dans les Alleghanys et le bas Canada.
Son bois, rougeâtre et pesant, est très-estimé ; on l'emploie en Amérique aux constructions navales , et son écorce est excellente pour le tannage des cuirs. Il réussit bien sous le climat de Paris, et comme il n’est pas difficile sur le terrain, s’accommodant même des sols pierreux et escarpés, il serait avantageux de le propager en France dans les endroits analogues à ceux qu’il préfère dans sa patrie.
CARACTÈRES BOTANIQUES
Cette variété, dont les feuilles sont blanches et cotonneuses en dessous, ressemble beaucoup au type : sa taille
est cependant peu élevée, et elle habite les sommets pierreux.
= Nn — Quercus prinus chincapin.
CHÊNE CHINCAPIN.
Dans les landes stériles des Etats-Unis végète misérablement cette espèce dont la hauteur ne dépasse pas un mètre 30 centimètres. C’est un des nains du genre Quercus ; elle ne peut servir que de bois de chauffage , et comme l’ajonc chez nous, elle dénote un sol maigre.
Les montagnes de la ;Caroline, Rhode-Ifsland, Albany, le Missouri, le Kansas, sont habitées par cet arbuste rabougri.
CARACTÈRES BOTANIQUES
Feuilles longues de 10 à 12 centimètres, presque obtuses au sommet, sinuées dentées : dents calleuses à leur extrémité, et dirigées vers le sommet de la feuille.
Glands petits et sessiles cachant un peu plus du tiers de leur longueur dans une cupule hémisphérique.
Quercus bicolor.
CHÈNE BICOLORE.
Ce chêne, que quelques auteurs considèrent comme une variété du Prinus, atteint 23 mètres de hauteur. Il aime les terrains humides, et s'élève vers le Nord jusqu’au Canada.
Son bois a plus de densité, de ténacité et de durée que celui du chêne Prin. Michaux fondait les plus grandes espérances sur son introduction en Europe. — Je pense, écrivait-il, que cet arbre offre assez d'intérêt pour y trouver place, soit en le mêlant, soit en le substituant aux espèces qui viennent dans les lieux très humides, telles que les frênes, les aunes et les peupliers.
VO 7 CARACTÈRES BOTANIQUES
Ce qui caractérise cette espèce , c’est que chez les individus adultes, la surface inférieure des feuilles est d’un blanc argenté, ce qui produit un contraste remarquable
avec le beau vert de la surface supérieure : à distance, il est impossible de méconnaitre cet arbre.
Quercus Douglasi.
CHÈNE DE DOUGLAS.
Nulle espèce ne présente autant d’analogies avec le Quercus robur. Ce chêne et les deux suivants sont pour Alph. de Candolle les formes américaines de notre robur. Elle habite la Californie, et semble, en raison du climat de cette contrée, devoir réussir dans le Midi et dans l'Ouest de la France.
CARACTÈRES BOTANIQUES
Feuilles oblongues ovales et retrécies en coin aigu à la base. Bords sinués pinnatifides, lobes courts terminés par une pointe. Ainsi que les pétioles, les feuilles sont couvertes dans leur jeunesse d’un duvet roussâtre : plus tard la face inférieure seule garde sa pubescence.
Les glands, trois fois plus longs que la cupule, sont gros, sessiles, solitaires ou deux par deux ; ovoïdes obtus, avec une pointe conique. Les écailles de la cupule sont pressées les unes contre les autres, pubescentes et terminées par un appendice roussâtre linéaire.
Quercus lobata.
CHÊNE LOBÉ.
Ressemble au précédent. M.Newberry, dans son ouvrage sur la végétation de la Californie septentrionale et des parties méridionales de l’Orégon, le signale à une certaine
altitude dans la vallée du Sacramento, dont la temsérature en été peut osciller dans les vingt-quatre heures de 24 à 45° centigrades. Le même botaniste a rencontré cette espèce au pied de la Sierra-Nevada. Des ouvrages déjà anciens notent sa présence autour de San-Francisco.
CARACTÈRES BOTANIQUES
Feuilles presque membraneuses ovales oblongues, amincies à la base, pinnatifides , à lobes profonds oblongs ou obovales, obtus, et sinués.
Face supérieure glabre ; inférieure glabre aussi, ou trèslégèrement pubescente.
Fruits sessiles solitaires ou groupés, oblongs allongés, obtus et terminés par une petite pointe conique. La cupule, que ces glands dépassent trois ou quatre fois en longueur, offre des écailles serrées et terminées par un court appendice.
Quercus Garryana.
CHÈNE DE GARRY.
Hauteur : 15 à 25 mêtres; diamètre : un méêtre à un mètre et demi. Hahite l'Amérique Nord-Ouest, particulièrement la Californie. Plus au Nord, sous le rude climat de l’Orégon, il s’est multiplié dans les plaines autour du fort de Vancouver. :
Son bois est excellent et convient aux constructions navales. Ce serait une bonne acquisition pour le Nord de l'Europe.
CARACTÈRES BOTANIQUES
Les feuilles sont larges obovales, obtuses aux extrémités sinuées-pinnatifides, à l’obe très-obtus. Elles sont couvertes en dessous d’un duvet roussâtre qui se prolonge sur les pétioles et sur les rameaux.
Les 0
Glands sessiles ovoïdes obtus terminés par une pointe conique. Cupule très-courte, à écailles très-serrées pubescentes.
Parmi les Lepidobalanus à ovules avortés infères, et à feuilles persistantes, nous citerons et décrirons les espèces . Suivantes : | Ouercus ilex.
CHÈNE YEUSE OU CHÈNE VERT.
Le mot yeuse vient du celtique à» qui signifie vert.
L'yeuse est un arbre de 10 à 16 mètres de hauteur, dont le tronc rameux, souvent très-large, est couvert d’une écorce grisètre qui se fendille très-tard. Sa cime arrondie et touffue est formée de branches étalées pendantes ou dressées.
Ce chêne forme des forêts au feuillage persistant, un peu terne et monotone; cependant, au milieu d'arbres à feuilles caduques, l’yeuse produit un contraste charmant pendant la saison d'hiver.
Le chêne vert est peu difficile sur la nature du sol où il croit spontanément. En France, on le rencontre tressouvent sur les calcaires, entre les blocs desquels il enfonce ses racines puissantes.
Il constitue tous les bois du département du Gard, 2 une partie de ceux des autres départements méditerranéens. On le rencontre en Espagne, en Algérie, mêlé aux liéges et aux zans, en Syrie, au désert de Saint-Jean- Baptiste, près de Jérusalem. Au nord, il s’avance jusque sur le revers du plateau central de la France, entre Alais et Villefort, et sur les bords de la mer à Guérande, près du Croisie, et à l’île de Noirmoutiers. On peut le suivre du Portugal jusqu’au Bosphore, et de là en Asie-Mineure, sur les bords de la Méditerranée.
La culture du chène vert, sous le climat de Paris, demande quelques soins. Il lui faut une exposition un peu chaude, car, lorsqu'il est jeune, il est sujet à perdre ses extrémités délicates par les froids rigoureux.
Le bois de l’yeuse est de couleur claire et d’un grain fin. Il est en outre dur et compacte; le beau poli qu'il peut prendre le fait rechercher pour quelques usages, essieux, poulies, et autres pièces à frottements. Malheureusement il dure peu, et les alternatives d'humidité et de sécheresse laltérent rapidement.
C’est un combustible estimé dont le charbon est excellent et la braise durable.
Son écorce est très-recherchée pour le tannage des cuirs. Ses glands sont le plus souvent doux et se mangent, comme des châtaignes, grillés, bouillis et même crus.
CARACTÈRES BOTANIQUES
Les jeunes pousses sont généralement cotonneuses.
Les feuilles sont coriaces pétiolées, tantôt ovales lancéolées, tantôt ovales arrondies parfaitement entières et bordées de dents plus ou moins nombreuses, souvent piquantes.
. La face supérieure est glabre et luisante, l’inférieure blanchâtre et cotonneuse.
Les fruits sessiles et écartés, les uns des autres, sont portés au nombre de 4 à 8 sur un pédoncule commun axillaire.
Les glands ovales, ou ovales oblongs, sont très-saillants hors de la cupule. Celle-ci est formée d’écailles trèsmenues fortement imbriquées et cotonneuses.
Les feuilles du chêne vert jouent beaucoup : M. Lortet fait remarquer que Clusius l'avait constaté il y a deux siècles : — folia..... in adultis arboribus plerum que sine
aculeis prœter novella, quæ aliquantulum incisa aculeata sunt, certe in tenellis arboribus antequain glandem ferre incipiunt omnia folia aculeata observabam.
Il n’est donc pas étonnant qu'autour du chêne vert les botanistes aient fondé de nombreuses sous-espèces ou variétés, sur lesquelles l'accord a été loin de se faire.
Linné, le premier, avait créé près du ©. ilex te: (. grammuntiæ. De Candolle le rapporte au . rotundifolia de Lamarck, lequel d’après Steudel, ne serait qu'une variété du 0. ile. C'est donc avec raison que M. Lortet considère le (0. Grammuntia comme un chêne vert jeune à feuilles rondes et épineuses.
M. Lortet rapporte encore au ©. Ile, le Q. Fontanesii.
Le 0. Alzina de Lapeyrouse n’en doit pas être non plus séparé, la saveur variable des fruits des chênes verts ne suffit pas pour fonder une espèce.
Nous ne parlons pas des nombreuses subdivisions créées par M. Tenore dans les /lex.
Nous terminerons en disant que M. Alph de Candolle, dans le Prodromus, n’admet plus que deux variétés d’{lex : le Q. I. agrifolia et le Q. I. ballota, dont nous allons parler.
Quercus ballota.
CHÊNE BALLOTE.
Ce chêne doit-il être regardé comme une espèce distincte, ainsi que l'ont fait tour à tour Desfontaines, MM. Colmeiro et Boutelou, et M. Duchartre, ou doit-on ne voir en lui qu'une des variétés du @. iler. Le chêne ballote se distingue du précédent, d’après M. Duchartre, par ses feuilles plus grandes à peine dentées, souvent entières, plus cotonneusés et plus blanches en dessous ; par son gland plus gros, surtout plus allongé, doux et bon à man-
ger, enfin par ses proportions et son port (Manuel général des plantes 1857).
Voici, d'un autre côté, ce que pense, sur cette question, M. Malingre qui a étudié cet arbre aux lieux mêmes où il croît spontanément : « Le chêne à glands doux n'est qu'une variété de notre chène vert ou yeuse ; on ne peut distinguer entre l'espèce et la variété aucun caractère botanique certain. Elles ne diffèrent entre elles que par la grosseur et la qualité du fruit. Or, en Espagne, sous la même latitude, dans les mêmes conditions et jusque dans le même champ, on rencontre des arbres qui donnent des fruits doux, savoureux, excellents; et d’autres des glands amers, tout aussi amers que ceux de notre chène vert, c'est-à-dire qu'il y à une suite de variétés qui relie la meilleure avec le type, sans que l’on aperçoive une solution de continuité » (Bull. de la Soc. d'aeclim., 1868.
La culture du chêne à glands doux d’Espagne à été tentée dans nos départements du sud. En 1863, M. le baron Cloquet possédait déjà, sur sa propriété de Lamalgue, des Q. ballota donnant des fruits, et constatait que cette variété réussissait partout où croît le chène liége.
M. Ramon de la Sagra a fait cependant observer que le (). suber est commun dans le Midi de la Péninsule, et le ballota dans le Nord.
M. Malingre croit aussi à l'utilité de l'introduction de ce chêne en France : « J'ai souvent mangé des glands doux avec plaisir dans mes excursions; j'en ai trouvé qui n'avaient ni âcreté ni amertume, et qui étaient presque aussi bons qu'une noix ou qu'une amande. On en à beaucoup exporté en France pendant ces dernières années, el on assure qu'on en à fait à Paris un excellent café. Il y a aussi des industries en Espagne qui en font un pareil usage. On trouve le chêne à glands doux jusque sur les
hauts plateaux de la Vieille-Castille, et à une altitude de 800 à 900 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui indique que l’arbre peut résister à 10 degrés centigrades audessous de zéro. Mais à ces hauteurs, les arbres sont petits et rabougris, et leurs fruits laissent beaucoup à désirer, tant sous le rapport de la grosseur que sous celui de la qualité. Les meilleurs glands viennent en Estramadure, en Andalousie et dans les provinces du littoral, à des altitudes qui ne dépassent pas 250 à 300 metres, et où le thermomètre ne descend pas au-delà de 4 à 5 degrés au-dessous de zéro, ét où la température moyenne de année est considérable. »
Il ya donc peu de provinces de France où l’on puisse espérer acclimater ce chêne.
L'Algérie pourrait lui convenir ; comme plante forestière, livrée sans culture à de mauvais terrains, il y réussirait. Ce ne serait pas d’ailleurs une acclimatation proprement dite à tenter, puisque Desfontaines l’avait signalé sur les chaînes peu élevées de l'Atlas. Le 0. ballota, dans les conditions précédentes, ne donnerait que de mauvais fruits ; si l’on tenait à la qualité de ces derniers, il serait nécessaire de donner aux arbres des soins de culture, et surtout de ne pas ramasser au hasard des glands de semence, mais de bien choisir les porte-graines.
Les ouvrages de Théophraste et de Strabon autorisent à penser que cette espèce serait aussi spontanée dans quelques cantons de la Grèce où on la désignait sous le nom de npepts.
A Madrid, c’est avec le bois du Q. ballota (que l’on écrit bellota et que l’on prononce beyota) que l’on se chauffe ; son bois est, à ce point de vue, supérieur à celui de nos chênes ordinaires. En 1866, il se vendait 80 fr. les 100 kilogrammes, et de 45 à 50 fr., en 1868. On n’en tire aucun parti pour la menuiserie et les constructions.
C’est sans doute à l'espèce qui nous occupe que Mathiole donnait le nom de Q. sugaro, chène sucré. Dans sa description, c'était une espèce à feuilles persistantes.
CARACTÈRES BOTANIQUES
.Les feuilles sont courtement pétiolées; elles sont elliptiques, et plus souvent arrondies qu’aiguës au sommet. Leur bord entier et ondulé est légèrement denté : leur - longueur maxima est de 5 centimètres, et leur largeur de 20 millimètres.
La face supérieure /est glabre, la face inférieure est blanche et cotonneuse.
Les fruits plus ou moins comestibles sont très-courtement pédonculés, oblongs ou cylindriques ; leur longueur est de 2 à 5 centimètres, leur ‘largeur de 10 à 12 millimètres.
La cupule, presque cylindrique, est formée d’écailles obtuses, imbriquées et cotonneuses.
Dans le paragraphe ? de la classification des chênes, on trouve les espèces chez lesquelles les ovules avortés sont inferes, et la maturation du fruit bisannuelle ; voici les plus importantes : |
Quercus cerris.