CHÊNE SAULE
Cet arbre, dont les proportions sont : 20 mètres en hauteur, 60 à 65 centimètres en largeur, a le tronc couvert d'une écorce épaisse et presque unie. Il croît dans les lieux humides et parfois dans les sables : il est fréquent dans la Virginie, la terre promise des chênes, les deux Carolines et la Géorgie. Il fleurit en mai.
Ce chêne, considéré sous le rapport de son utilité, présente un intérêt médiocre. Son bois est rougeûtre, d’un grain grossier et à pores très-ouverts, ce qui ne l'empêche pas d’avoir une certaine ténacité. On l'emploie peu aux États-Unis, si ce n’est pour faire des jantes aux roues des voitures. |
Introduit en Europe en 1734, il peut être cultivé comme arbre d’ornement à cause de la singularité de ses feuilles. 1 réussit bien sous le climat de Paris dans un sol argileux et frais.
Sr ae:
Un pied de cet arbre, planté dans le jardin du Trianon, offrait, au dire de Mirbel, dans les Suites à Buffon, an xx, 45 pieds de hauteur. Il aurait aujourd’hui, si c’est le même individu, plus de 20 mètres d’élévation. Aux environs de- Rochefort et de Bordeaux, le chêne saule réussit également.
peXhos était en grec le nom du 9. suber. Le chène saule n’ayant que des rapports généraux avec le liége, on ne l'a nommé ainsi que pour placer un synonyme ancien.
CARACTÈRES BOTANIQUES
Le caractère essentiel de cette espèce est d’avoir les feuilles très-entières chez les individus adultes, car elles sont légèrement lobées ou dentées sur les rameaux naissants.
Ces feuilles, courtement pétiolées, sont lancéolées linéaires, longues de 7 à 8 centimètres, larges de 12 millimètres.
Les deux faces sont glabres, la supérieure est luisante et d’un vert foncé, l’inférieure un peu pâle.
Les glands, petits, presque globuleux,: avec une pointe terminale, sont sessiles et presque solitaires.
La cupule est courte, peu concave, à petites écailles imbriquées.
Les botanistes ont beaucoup varié à propos du nombre des formes particulières du chêne saule qui doivent être rattachées à cette espèce sous le titre de simples variétés.
De Mirbel admettait cinq variétés. André Michaux trois seulement. Michaux fils deux. Enfin, dans le Prodromus, M. Alph. de Candolle ne maintient qu'une de ces sousespèces du Q. phellos, les autres prennent rang parmi les
espèces.
Quercus coccinea nigrescens.
Q. tncloria ( Micxaux ).
CHÊNE QUERCITRON.
L'arbre que nous décrivons sous ce titre doit compter non-seulement parmi les belles espèces américaines du genre Quercus, mais encore parmi les plus utiles.
Elevé de 30 mètres, large de { mètre 50 centimètres, le Black-oak ou chêne noir, c’est ainsi qu'on le nomme aux États-Unis, doit cette appellation à la couleur noire ou très-brune de son écorce crevassée.
Cet arbre est commun dans presque tous les États de l’Union, où il a été propagé. On le rencontre depuis la Géorgie jusqu’au bas Canada. Il croît très-rapidement et indifféremment dans les terres bonnes et médiocres, pourvu qu’elles soient légères.
Son bois, de couleur rougeâtre, n’est que d’une médiocre qualité, à cause de son grain grossier et de ses pores très larges : cependant on l'utilise pour les charpentes, à cause de sa force et de sa durée. On le débite aussi en merrain.
Son écorce est très-employée pour le tannage des cuirs. Malheureusement la belle couleur jaune qu'elle leur communique, et qu’on fait disparaître difficilement, en limite l'emploi dans cette industrie. Nous dirons au Livre IV ses nombreux usages en teinture.
Introduit chez nous, en 1800, ce chêne fut en 1818 l’objet de cultures importantes, dans la partie du bois de Boulogne qui avoisine la porte d'Auteuil, partie qui avait beaucoup souffert lors de l'entrée des alliés. Ce fut sous la direction même de Michaux fils que se fit cette plantatior, qui réussit très-bien sous le climat de Paris.
CARACTÈRES BOTANIQUES
Les feuilles, généralement grandes, varient beaucoup de taille et de forme. Elles sont ovales, simplement lobées ou profondément sinuées-pinnatifides. Les lobes larges, souvent sinués-dentés eux-mêmes vers leur extrémité, sont acuminés.
La face inférieure des feuilles est couverte d’une sorte de poussière qu’on retrouve aussi sur les jeunes pousses,
Les nervures saillantes sont légèrement cotonneuses. A l'automne, la couleur est d’un jaune terne sur les jeunes pieds, et d’un jaune franc sur les vieux. La longueur moyenne de ces organes est de 20 centimètres.
Les glands sessiles solitaires, épais et courts, sont tronqués au sommet où ils présentent une pointe conique terminale. Ils sont enchassés à moitié dans une cupule turbinée, rétrécie en dessous, en un support épaissi. Les écailles de cette cupule sont lancéolées imbriquées.
Le Q. coccinea nigrescens, qui n’est plus qu'une sousespèce du @. coccinea dans la classification du Prodromus, constituait une espèce dans la flore boréale-américaine de Michaux père à laquelle il adjoignait deux variétés, l’une à glands déprimés globuleux, l’autre à glands ovoïdes.
Quercus palustris.