‹ Histoire du chêne dans l'antiquité & dans la nature; ses applications à l'industrie, aux constructions navales aux sciences et aux arts, etcChapitre 58 sur 156 · C. obtus · texte numérisé non relu

C. obtus

| C. douglas. \ C. hinds

&s || C. à épis. |C. semécarpe. | C.desL.&kS.| C. glabre, C, f. lancéol. C. mont Thab.| C. cuspidé. C. élégant. 3 | C: à lamelles. C. acuminé. C. bardane.

< | C. à côtes. C, prumeux

plus grandiose encore, lorsque ces géants couvrent de vastes étendues, et forment de majestueuses forêts : un sentiment de terreur s'imposait à ceux qui pénétraient sous ces votes sombres.

Les descripteurs de la Germanie, Tacite et Pline, plus particulièrement, nous ont laissé un tableau dela forêt hercynienne, où cette impression se fait jour. Voici la description que le naturaliste romain faisait de ces vallées profondes où l’auroch et l’élan erraient sous le dôme des vieux chênes :

« La majestueuse grandeur du chêne, dans cette forêt, surpasse toutes les croyances imaginables. Cet arbre n’y a jamais été frappé par la coignée, il est contemporain de la création du monde et semble être le symbole de l’immortalité. »

Les modernes ont éprouvé la même impression :

« Lorsque vous errez au milieu de la nuit, dans la sombre et sévère ceinture de l’Etna, l’imposante majesté de ses hôtes séculaires, les grandes ombres de leurs cimes agitées et mugissantes, en vous pénétrant de respect et de terreur, vous révèlent que vous êtes en présence du roi de nos forêts. PoucET (l'Univers). »

Un grand poëte, en son temps, a magnifiquement exprimé la même sensation :

Aux bois, ainsi que toi, je n'ai jamais erré, Maître, sans qu'en mon cœur l'horreur ait pénétré, Sans voir tressaillir l’herbe, et, par le vent bercées, Pendre à tous les rameaux de confuses pensées. Dieu seul, ce grand témoin des faits mystérieux, Dieu seul le sait, souvent, en de sauvages lieux,

J'ai senti, moi qu'échauffe une secrète flamme, Comme moi, palpiter et vivre, avec une âme, Et rire et se parler dans l’ombre à demi-voix, Les chênes monstrueux qui remplissent les bois.

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