I. — GALLES À PARENCHYME DUR ET SPONGIEUX
Sur les Quercus robur, cerris, pedunculata, rubra et fastigiata, on trouve la noix de galle, dite du pays ; dans les bois soumis aux coupes régulières, les rejets des souches n’en portent jamais ; on les rencontre, au contraire, chez les pousses de l’année d’un chêne émondé. Les arbres rabougris des bordures et des clairières en portent un grand nombre.
Variables pour la forme et la grandeur, leur structure est toujours la même ; peut-être sont-elles dues à différents insectes, ce qui n’a pas encore été recherché. A leur origine, elles sont couvertes de tubercules assez gros qui s’effacent peu à peu, et dont les traces sont rejetées vers le hile de la galle. Vertes d’abord, elles offrent plus tard une teinte qui se rapproche de celle de la terre d'Italie.
On les rencontre aux extrémités des petites branches du chène au nombre de 2, 3, 4 et même plus, ou bien aux aisselles des feuilles, le long des branches. La galle occupe souvent la place de l’aisselle quand le bourgeon s'est effacé devant elle.
Assez tendres à la circonférence, ces galles sont trèsdures au centre. Du dehors au dedans, elles offrent plusieurs couches concentriques de tissus différents. Ce sont : 1° l’épiderme ; 2° la couche sous-épidermique dont les cellules renferment de la chlorophylle ; 3° le parenchyme spongieux dans sa partie externe, plus dure dans sa partie centrale ; ce parenchyme est traversé par de nombreux vaisseaux ; 4° la couche protectrice, c'est de toutes les zônes celle qui offre le plus de résistance ; elle est vraiment une défense contre les ennemis extérieurs de la larve qu’elle renferme ; 5° la masse alimentaire formée de cellules pleines de fécule, sa quantité varie avec le
développement de l’insecte auquel elle sert de nourriture, M. Lacaze-Duthiers admet, dans cette couche, la présence d’une petite quantité de matières azotées.
Telle est la demeure dont un cynips femelle a déterminé la formation en piquant l’aisselle d’une feuille de chêne pour y déposer son œuf; cette demeure sera celle de la larve qui sortira de l’œuf, jusqu’à ce que, devenue insecte parfait, elle perce la prison qui est pour elle aussi une citadelle, et prenne son essor.