LES CYNIPS ET LES GALLES DU CHÈNE
Parmi les habitants du chêne, les plus curieux à observer, et ceux dont le travail modifie le plus certaines parties du végétal qui les abrite et les nourrit. sont ces hyménoptères de la nombreuse tribu des cynips.
Ils produisent sur l’arbre ces excroissances, si variées de forme et d'aspect, auxquelles on a donné le nom de galles.
Un patient Allemand, M. Hammerschmidt, a trouvé plus de cinquante espèces différentes de galles sur le chêne seulement ; d'autre part, les entomologistes reconnaissent que l’insecte de chaque galle a un ennemi ou parasite qui le poursuit jusque dans ses retraites les plus profondes.
Ni la blessure du tissu, ni l'appel des sucs par l’animal ne peuvent rendre compte des excroissances ou galles que la piqûre des cynips déterminent sur les Quercus. M. Lacaze-Duthiers a constaté la présence d’une glande vénifique en rapport avec l’armure génitale femelle des cynips, et fait jouer à ce liquide un rôle principal dans la production des galles.
Malpighi admettait dans l’intérieur du chêne un acide vitriolique qui, par son contact avec le venin du cynips, entrait en fermentation : cette idée, conforme aux opinions du temps où elle était émise, est abandonnée depuis longtemps.
Il est bien constaté aujourd’hui, et M. Lacaze-Duthiers se range à cette doctrine, il est bien constaté que la piqûre d’un cynips n’est autre chose que le fait d’inocution d’un virus dans un tissu vivant; que les altérations produites par cette inoculation sont toujours identiques, quand elles sont dues au même virus, et différent avec l’insecte et le virus; enfin, comme pour tous les poisons, on sait que le venin de telle espèce de ces hyménoptères agira sur le chêne et sera sans influence sur un autre végétal, et réciproquement.
Le chêne est, par un triste privilège, hanté par un grand nombre de cynips, et leur venin semble avoir avec les tissus du premier un rapport intime, puisque tous sont actifs quand ils lui versent leur poison en lui confiant leur œuf.
Les galles du chêne sont externes, internes ou mixtes. Leur siége varie beaucoup, on les rencontre sur les bourgeons, les feuilles, les racines, etc.
Voici d’ailleurs la classification proposée par M. Lacaze- Duthiers, dans laquelle toutes les galles du chêne trouvent leur place :
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