‹ Histoire du choléra-morbus asiatiqueChapitre 33 sur 91 · SUR MILLE · texte numérisé non relu

SUR MILLE

Sur 236,938

liabilans (le 15 à 30 ans, il en

est mort

2,542 ou 10,72

habitans de 30 à 60 ans, il en

est mort

babitans de 60 à 100 ans , il en

est mort

18,402 ou 23,41

Aux iiiéaies époques de l’âge, les vivans ont donc succombé non dans une proportion semblable, mais dans un ordre pareil à celui que les morts gardent entre eux. La première enfance est plus atteinte que la seconde et que l’adolescence, l’âge mûr l’est plus que celle-ci, l’âge avancé plus que les autres.

Enfin,, si l’on oppose la morlalké cholérique à la mortalité commune, et si l’on cherche ce que la première est à la seconde, on trouve les rapports suivans qui s’appliquent aux différentes époques de la vie.

il meurt à Paris , année movenne sur dix :

De la naissance à 5 ans 7,920

5 à 15 ans 1,380

15 à 30 ans 3,420

30 à 60 ans 5,360

60 à 100 ans 5,820

Total 23,900

DU CHOLÉUA-MORBÜS.

Il est mort du choléra :

De la naissance à 5 ans. . 1,311 hab. ou yé de la mortalité

ordinaire d’une année.

De 5 à 15 ans 594 ou^y.o de la mortalité

ordinaire d’une année.

De 15 à 30 ans,. 2,542 ou =/3 de la mortalité

ordinaire d’une année.

De 30 à GO ans 8,411 ou moitié au plus de la

mortalité ordin. d’une année.

De 60 à 100 ans 5,544 ou s/o de la mortalité

ordinaire d’une a-nnéc.

Total 18,402

Le choléra avait donc augmenté d'un sixième les chances de mort qui menacent annuellement la première enfance, de quatre dixièmes les décès de la seconde, des deux tiers ceux de l’adolescence; mais sa triste influence a plus que doublé la mortalité de l’âge mûr, et elle a presque égalé celle de l’âge avancé.

Duré£ du choléra chez les malades.

En etudiant pour chaque âge la force de la résistance al action delà maladie, ou, en d’autres termes , sa durée moyenne chez les malades , on trouve que, de la naissance à un an, cette durée ne s’est pas étendue au delà de quarante-trois heures (un jour dix-neuf heures);

178 HISTOIUE

Que d’un an à cinq ans, elle a été de quaranteneuf heures (deux jours et une lieure);

De cinq à dix ans, de quarante-deux heures (^un jour dix-huit heures);

De dix à quinze ans, de cinquante-cinq heures (deux jours sept heures);

Dans les âges compris entre quinze et soixante ans, de soixante-quatre heures (deux jours seize heures) ;

Enfin , de soixante à quatre-vingt-dix ans et au delà, de soixante heures (deux jours et demi).

Ainsi, à l’exception de l’âge de cinq à dix ans , la résistance de la nature aux atteintes du mal s’est montrée en raison directe des forces que l’âge lui prêtait; mais dans cette triste lutte où elle triomphait si rarement, tout le fruit de ses efforts était de retarder de quelques* heures l’instant fatal où elle devait succomber.

Si l’on examine maintenant la durée du choléra sans faire attention à l’âge des malades , on voit que, sur un nombre de 4>Q07 individus sur lesquels on a pu se procurer à cet égard des ren- «eignemens exacts ,

204 ont vécu d’une heure à six.

615 de six à douze.

392 de douze à dix-huit.

1,173 de dix à vingt-quatre, ou un jour.

823 d’un jour à deux.

502 de deux jours à trois.

DU CHOLÈRA-MORBUS. 17i)

382 ont vécu de trois jours à quatre.

!240 de quatre à cinq.

125 de cinq à six.

79 de six à sept.

171 de sept à huit.

35 de huit à neuf.

36 de neuf à dix.

111 de dix à quinze.

19 de quinze à vingt.

Ici la durée moyenne a été de 6i heures 8 minutes; considérée sous le rapport de l’age, cette durée n’a été que de 6o heures l\i minutes.

Si l’on s’en rapportait à des observations faites sur mille individus seulement , il paraîtrait que dans le mois d’avril les malades succombaient dans l’espace 'de 6i heures (terme moyen), et, dans le mois de juillet, au bout de 43 heures.

En mai, juin, août et septembre, mois pendant lesquels la maladie avait perdu beaucoup de sa violence, sa durée moyenne était de trois jours et demi (84 heures).

Rapport de la mortalüé cholérique avec la température.

Sous le climat de Paris , quels qu’aient été le degré de la température et la direction des vents, le choléra ne paraît pas y avoir trouvé une cause de relâche ou d’activité; son mode d’action a été tout-à-fait indépendant des variations de l’atmosphère. La même observation a été faite dans tous les pays.

HISTOIKE

Rapport de la mortalité cholérique avec les localités.

La partie de la population de Paris qui habite les quartiers les plus extérieurs (i) vit sur un terrain en général élevé et découvert; elle y est peu pressée, puisque chacun y dispose de 54o pieds carrés (07 mètres carrés) de terrain, terme moyen : elle a eu 2,482 décès pour 186,976 habitaris, ou 18,34 sur mille.

La population des quartiers intérieurs (2) , placée sur un terrain plus bas, moins aéré, plus resserrée dans ses demeures où elle n’a que ii3 pieds (12 mètres par personne), sur 197,414? en a perdu 2,714? 011 Jf^?74 sur mille. Cette proportion est à peu près la même que celle des quartiers qui jouissent de plus d’air et cjeplus d’espace.

Des six autres arrondissemens dont la mortalité beaucoup plus forte se trouve partout au dessus de la moyenne, et qui dans le neuvième la dépasse jnême de plus de moitié (46 sur 1,000), trois,

fl) Les quartiers des Champs-Elysées , du Roule , de la place Vendôme, de la Chaussée-d’Antin, des faubourgs Pois- 'sonnière, Montmartre, Saint-Denis, Saint-Martin, du Temple «t de Bonne-Nouvelle.

(2) Ceux du Palais-Royal, Feydeau, Saint -Eustache, du Mail , des Tuileries , Montorgueil , des Lombards , Saint- Martin-des-Champs, Porte Saint-Denis, des marchés, Saint- Honoré , de la Banque, du Louvre.

DU CHOLÉRA-MORDUS, les lo®, II® et 12®, forment à eux seuls, sur la. rive gauche de la Seine toute la partie méridionale de Paris ; leurs quartiers limites sont, comme ceux du nord, élevés, ouverts à tous les vents (i). La moyenne du terrain est de 777 pieds (82 met.) par habitant; il en contient 189,283. La maladie les a frappés dans la proportion de 29,45 sur 1,000 (5,575 décès), ou de plus du double des premiers (i3,74).

Les quartiers les plus intérieurs, ceux du centre (2), ont perdu 3 1,08 individus sur mille (186,462 habitans, 5, 801 décès), et cependant la part de chacun sur le sol qu’il habite est de 208 pieds (22 mètres), quand elle n’est que de ii3 pieds dans les autres quartiers du centre, où la mort n a enlevé que 18,74 personnes sur mille.

Au résumé, les six premiers arrondisseinens de Paris, sur une population de 383,890 habitans, en ont perdu 5,196, ou i3,65 sur mille.

Les six derniers arrondissemens, surunepopu-

(1) En y coniprtînant Igs quartiers limites du 8e arrondissement, ce sont ceux de Popincourt, des Quinze-Vingts, du faubourg Saint-Antoine, du Jardin-du-Roi, Saint-Marcel, Saint- Jacques, l’Observatoire, le Luxembourg, Saint-Thomas-d’Aquin et les Invalides.

(2) Ceux du Marais, de l’ile Saint-Louis, Hôtel-de-Ville, Cite, Arsenal, Sainte-Avoye , Mont-de-Piété , marché Saint- Jean, des Arcis, Monnaie, faubourg Saint-Germain, École-de- Médecine, Sorbonne, Palais-de- Justice.

HISTOIKE

lalion de 875,745 habitans, en ont perdu 1 1,876, ou 8o,:i8 sur mille.

La mort en les frappant a donc mis une grande inégalité dans ses coups.

Et ce n’est pas seulement pendant la durée du choléra que l’on a pu constater cette extrême différence entre les quartiers de Paris ; l’observation apprend que dans les temps ordinaires les six premiers arrondissemens comptent annuellement beaucoup moins de décès que les six derniers.

Ceux-ci perdent communément un individu sur trente; les premiers, au contraire, un sur quarante.

Rapport de la mortalité avec les différentes expositions^

La moyenne des décès pour les vingt quartiers exposés aux vents de sud-est, sud et sud-ouest, est de 12,07 sur mille habitans.

Pour les neuf quartiers exposés aux vents de nord-ouest, nord et nord-est, elle est de 28,46.

L’est et l’ouest présentent une proportion semblable, 28,54, et 28,60.

Il semblait donc que les expositions de nordouest, du nord, du nord-est, de l’ouest et de l’est avaient été frappées par le choléra dans une proportion plus que double de celle du sud-ouest, du sud et du sud-est.

Sur 11,168 décès cholériques à doiiiicile, il y en a eu dans les chambres exposées -

Au nord , nord-est et nord-ouest 3', Ht

A l’est 2,053

A l’ouest 2,029

Au sud , sud-ouest et sud-est; 3,768

Sans indication. 177

Total 11,168

Le midi a donc compté plus de décès que le nord, le nord en a compté plus que Touest, qui, à son tour, a été moins épargné que Test.

Rapport de la mortalité avec VéUvation du terrain.

Les quartiers les plus élevés de Paris (i), c’està-dire ceux dont la hauteur moyenne est depuis 52 pieds jusqu a 92 (1^7,30 mètres) au dessus de la Seine, renferment ensemble une population de 249,175 habilans, sur lesquels il en est mort du choléra 4,624, ou i8,55 sur mille 5 ce rapport est au dessous de la moyenne de tous les quartiers, qui est de 23 sur mille.

Les quartiers les plus bas, ceux dont la hauteur moyenne ne s’élève pas à plus de 25 pieds (8 mèt.)

(1) De Saint-Jacques, de Popincourt, du Roule , de Bonne- Nouvelle, de la Sorbonne, de la Chaussée-d’Antin , des Champs- Elysées , des faubourgs Saint-Denis, Saint-Marcel, Saint- Martin, Poissonnière, Montmartre, du Luxembourg et de l’Observatoire.

au dessus du fleuve (i), renferment une population de 242,111 habitans, et en ont perdu 6,71 5 ou 23,60 sur mille.

Dans les rues sales, vingt-six sont au dessus de la moyenne des décès (24 sur mille); dans les rues larges, aérées, neuf seulement la dépassent.

Rapport de la mortalité avec la densité de la population.

Les douze àrrondissemens de Paris se classent de la manière suivante par rapport à l’étendue de leur territoire et à la force de leur population (759,135 habitans) :

Numéros

(les

àrrondissemens.

SOPBRFICIB du terrain etl mètres catrés.

PoPUIiATIOW

dbibîcîiè;

Nombre

de

met. car.

par habit.

Nombre

des

décès choléricjùei;

Rapport

des

décès cbolér.

à i.orfd habit.

Huitième. .

Premier.. .

Dixième.. .

Douzième .

Cinquième.

Deuxième .

Onzième . .

Sixième- . .

Troisième..

Neuvième .

Septième. .

Quatrième.

Total...

2i,8îî

(1) Les Tuileries, ITIôtel - de - Ville , Saint- Martin -des- Champs , l’École-de-Médecine , Montorguei! , la Porte Saint- Denis, Saint-Honoré , Saint- Thomas -d’Aquin , la Cité, le Marais, les Lombards , la Placé Vendôme, la Monnaie , l’Arsenal et le Palais-de-Juslice.

De Vinfluence des professions.

Considéré sous le rapport des professions, le nombre des décès présente les divisions suivantes :

Ire

classe

/ personnes de tout âge et | 1 de tout sexe , apparie- 1 j nant, soit directement, j ( soit indirectement , /

aux professions libérales.

classe

idem. |

aux professions commerciales.

classe

îdém. 1

aux profession»

mécaniques.

classe

idem. |

aux professions salariées.

classe

idem. 1

à la profession militaire.

ienfans des deux sexeë, pour lesquels on 1 ne connaît pas quelle était la profession / despàrens.

( décédés des déux sexes dont la profesi sion est restée inconnue.

Total.

Des effets du choléra sur la population fnüitaire.

Du 26 mars au i" octobre, la perte des corps présente les résultats suivans :

NOMBRE

d’hothnics.

DÉCÈS

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