‹ Histoire du choléra-morbus asiatiqueChapitre 34 sur 91 · RAPPORT · texte numérisé non relu

RAPPORT

sur i^ddo;

Pour la gar bison.

les vétérans

la garde municipale.

lO

les sapeurs-pompiers.

Total . . .

Ainsi pris en masse, sans distinction des corps et du genre de service , les militaires ont été victimes du fléau , tant à Paris que dans le département de la Seine, dans la proportion de 25,8 sur 1,000, proportion plus forte que pour celle de la population civile domiciliée, dont la perte n’a été que de 21,8 sur r,ooo.

On a remarqué que les régimens de cavalerie ont moins souffert que ceux d’infanterie.

Observations sommaires.

i°La mortalité a été un peu plus faible pour les détenus dans les prisons, que pour la population domiciliée de la ville de Paris.

2° La perte éprouvée par les hospices , consi-

dérés dans leur ensemble, offre le même rapport (64 sur 1,000) que les décès des habitans de Paris de l’âge de soixante ans et au delà.

3° Dans les communes rurale^ comme à Paris, les âges qui ont le plus souffert sont la première enfance, l’âge mûr et la vieillesse, et les âges les moins frappés sont ceux de six à vingt ans; mais, dans les communes rurales, la première enfance a éprouvé, relativement aux autres époques, une perte plus forte que dans Paris, et les adolescens une plus faible, ainsi que les personnes d’un âge avancé. ComparativemenI aux chances de mortalité

DU CHOLÈRA-MOUBÜS. 187

ordinaire, l’âge de trente à quarante ans est celui qui a présenté partout les chances cholériques les plus défavorables.

4° La résistance de la nature aux atteintes du mal a été en raison directe des forces que l’âge lui prêtait, en exceptant toutefois la période de cinq à dix ans.

5° Il ne paraît pas que les variations de la température aient exercé plus d’influence sur l’activité ou le relâchement du mal a la campagne qu’à la ville; et si les communes rurales ont sensiblement moins souffert que la capitale, la recrudescence en juillet s’y est montrée plus meurtrière, proportion gardée avec la perte totale.

6° Les communes rurales le plus en prise à tous les vents ont été le plus frappées, tandis qu’à Paris ce sont les quartiers du centre et les rues étroites et le mieux abritées.

7° Dans quelques lieux infectés par des émanations putrides, le choléra n’a pas été plus meurtrier que dans d’autres localités (i).

Comme nous l’avons dit, les bulletins quotidiens furent supprimés au commencement du mois d’octobre i832 , et la mortalité s’élevait

(1) Rapport sur la marche et les effets du choléra-morbus dans Paris et le département de la Seine , par une commission de dix membres nommés par les préfets de la Seine et de la police.

alors dans la capitale à c’est ce chiffre

seul qui sert de base aux divers élémens de statistique dont on vient de voir la réunion.

Mais long-temps après la suppression des bulletins publiés par l’autorité , il y eut encore à Paris des cas de choléra asiatique qui ne furent pas constatés officiellement. Au mois de janvier i833, on observa 3a décès de cholériques, dont i8 à domicile et il\ dans les hôpitaux; au mois de février, 7 seulement se rencontrèrent; il y eut, les mois suivans , des chiffres variables et en général peu élevés. Les médecins seuls en étaient instruits. Les journaux continuaient à se taire , et la population n’en fut jamais émue.

Le 19 septembre de la meme année i833, le chiffre des cholériques s’accrut subitement. Le 20 au soir on comptait à l’Hotel-Dieu 18 malades, sur lesquels 7 moururentj Le 21 et le 22, il y eut i5 nouveaux entrans et 7 décès nouveaux. Le 28 et le24 j on apporta 12 autres malades à l’Hôtel-Dieu. Les autres hôpitaux reçurent aussi des cholériques.

Rien n’avait indiqué cette soudaine recrudescence la constitution medicale n offrait aucun caractère particulier; la diarrhée était peu fiequente, et les affections notables qui semblaient prédominer étaient principalement les angines,

la rougeole et la scarlatine.

Tantôt au milieu de la santé lapins florissante.

plus souvent après quelques jours d’indisposition, quelquefois pendant le cours d’une autre maladie et surtout d’une maladie chronique, le choiera débutait avec une violence remarquable; la diarrhée et les vomissemens se succédaient avec rapidité. On observait pourtant beaucoup moins de ces cas foudroyans qui, l’année précédente, enlevaient les sujets dans l’espace de quelques heures. Au reste , la moitié des malades ou à peu près succombaient. Tous ces caractères, pris dans la forme de la maladie , dans ses phénomènes extérieurs, dans sa gravité, dans sa durée, offraient une analogie si parfaite avec ce qu’on avait observé en i83a, qu’il ne pouvait rester aucun doute sur l’identité entre ces différens cas (i).

Le choléra continua de régner ainsi à Paris et dans sa banlieue pendant toute l’année i833 et pendant les premiers mois de l’année suivante. Aucun cas ne fut signalé après le i®'' avril i834. Le nombre des victimes depuis le commencement de l’invasion, c’est-à-dire depuis le 26 mars i832, s’élevait à 19,116 pour Paris, et à 22,532 pour tout le département de la Seine, ainsi qu’on ya le voir par le tableau suivant :

(1) Gazelle médicale de Paris du i2 octobre 1833.

tabl

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