INFLUENCE DES JOURS ET DES SEMAINES
OBSERVATIONS PARTICULIÈRES sur le mode de propagation de la maladie.
Le choléra s’est rarement borné à faire une seule victime dans les maisons où il a pénétré , et 1 on a eu de nombreuses occasions de faire cette remarque. On cite entre autres la famille Guizot, fiappee par la mort a coups redoublés: trois frè-
res, une belle-sœur et trois garde-malades succombèrent successivement J une quatrième garde-
malade fut gravement atteinte, mais elle résista au mal.
On cite dans la banlieue de Marseille quelques blanchisseuses victimes du choléra, après avoir
lavé du linge sale qui avait servi à des malades de la ville.
Les servans attaches au service des salles cholériques a 1 Hôtel- Dieu furent en général atteints de la maladie, et quelques-uns d’entre eux succombèrent dans l’exercice de leurs pénibles fonctions. D’autres infirmiers qui servaient des hommes fiévreux dans une salle contiguë aux salles cholériques, ressentirent aussi d’une manière frappante l’influence du choléra j la plupart de ces fiévreux subirent la même influence, tandis que dans la salle des femmes fiévreuses qui, vu la situation des lieux , n’avait aucun point de
contact ni aucun rapport avec les malades atteints du choléra, aucun symptôme du mal asiatique ne se fît apercevoir (i).
Le college royal, les prisons, les couvens, tous les établissemens plus ou moins séquestres, ont été à l’abri des coups du fléau.
Quelques fuyards, il est vrai, sont allés mourir du choléra dans les villages des environs , et la maladie ne s’y est pas propagée. Il y a néanmoins un fait contraire d’une très grande importance. Le 28 février, le nommé André Cou tel , marchand de moutons, vint passer six heures seulement à Marseille, et le 2 mars il fut atteint à Sainte-Tulle, près de Manosque , d’un choléra qui l’emporta dans trois jours et qu’il communiqua à sa femme, laquelle en fut également victime. L’autorité locale fit aussitôt brûler tous les effets qui avaient servi à ces deux individus pendant leur maladie, et il I n’y eut pas d’autres cas.
(1) La salle des cholériques était située à Test de la salle des hommes fiévreux , et l’on était obligé de traverser la seconde I pour parvenir à la première : c’est de cette manière que les I fiévreux ont été atteints du choléra. Ce fait ne fournit-il pas encore un argument en faveur de la. transmission d’individu à individu ?
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