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pendant l’hiver fut peu remarquée, et ce ne fut que vers la fin du mois de mai i835 et dans les premiers jours de juin que le fléau se déclara à Agde. Un rapport des médecins de cette ville signala alors onze cas, parmi lesquels six décès. Sur cet avis, l’autorité supérieure s’empressa d’envoyer à Agde des couvertures de laine pour les familles pauvres qui seraient atteintes, et mit une somme d’argent à la disposition des hospices, l^e sous-préfet de Béziers , accompagné du médecin des épidémies, se renditsurles lieux, et, d’accord avec le maire, il prescrivit toutes les mesures hygiéniques indiquées en pareille circonstance.
Du 8 au 9 juin, dans l’espace de vingt-quatre heures, six personnes moururent du choléra; et depuis l’invasion jusqu’à cette époque, la maladie avait enlevé vingt-une personnes parmi lesquelles on ne comptait que deux hommes. Le 17 du même mois le nombre total des décès s’élevait à 87. La veille le choléra s’était déclaré à Vias, à une lieue d’Agde.
Dans cette dernière ville l’état sanitaire était loin de s’améliorer, car le 22 juin on y comptait 109 décès de cholériques depuis l’invasion. La population était livrée au découragement et à l’effroi. En ces jours calamiteux la piété publique éclata ardente et vive : la statue de Notre- Damede-Grace, qui est en grande vénération dans le
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pays, fut portée processionnellement au milieu d’un cortège immense; pendant plus de cinq heures de marche , cette cérémonie excita une émotion générale et ranima partout l’espérance.
Cependant le choléra devait encore faire des victimes à Agde; il ne s’y éteignit qu’après avoir enlevé 178 personnes. Le nombre des cas n’a jamais été constaté.
Dans le courant du mois de juin , pendant que le fléau sévissait à Agde, il reparut à Cette où il s’était montré de temps en temps, mais avec moins de violence, car il n’y eut que 16 1 cas et 92 décès.
SAINT -CHAMAS.
Le 24 mai 1 835 le choléra envahit Saint-Charaas, petite commune située sur l’étang de Berre, dans le département des Bouches-du-Rhône. Ce ! jour-là le nommé Lavison, aubergiste, âgé de f 82 ans, fut atteint par la maladie et mourut en quelques heures ; h peine avait-il rendu le dernier soupir, que déjà le nommé Boyer, cultivateur, la veuve Reyre , sans profession, et un ouvrier appelé Duplan succombaient à leur tour avec les mêmes symptômes. Ces quatre individus n’avaient entre < eux aucun rapport de parenté ni de voisinage; seulement Duplan travaillait assez fréquemment dans l’auberge de Lavison.
insïoiuE
Le secrétaire - général de la préfecture des Bouches-du-Rhône, remplissant par intérim les fonctions de préfet, chargea M. Martin, médecin marseillais, de se rendre à Saint-Chamas pour y organiser le service médical et rassurer la population effrayée de cette commune.
La durée de la maladie a été de 94 jours, c’està-dire du 24 mai au 26 août, jour où le dernier cas a été signalé sur un enfant de sept ans.
Le nombre total des victimes a été de io5, savoir : 29 hommes, 47 femmes et 27 enfans au dessous de dix ans.