FEMININ
TOTAL
10 ans et au dessous
10 à 20 ans
20 à 30 ans
40 à 50 ans
50 à 60 ans
60 à 70 ans
70 à 80 ans
80 et au dessus
Totaux.
La commune de Marignanne, dans l’arrondissement d’Aix, a présenté un fait de transmission bien caractérisé. Cette localité jouissait dùine santé parfaite, lorsqii’arriva le 8 juillet la femme Oigne,
émigrée de Toulon, laquelle fut atteinte du choléra le lo et guérit. La femme Bonfils, qui la première l’avait accueillie à son arrivée, fut ellemcme frappée de la maladie dans la nuit du i3 juillet et mourut le lendemain malin à onze heures. La femme Digne avait été soignée par la femme Véran-Santerre ; le 17 juillet le fils de 'celle-ci fut pris du choléra et succomba le 19. Le Ifendemain , Véran -Santerre, aïeul de ce dernier î3t habitant la même maison , reçut les atteintes Idu mal, mais eut le bonheur d’en triompher. Dès ce moment le choléra se répandit dans le village, ?Bt cinq personnes étant mortes en un seul jour. Iles habitans abandonnèrent leurs demeures et ^s’enfuirent dans la campagne. Cette division de ala population eut un effet salutaire, car aucun itutre accident ne fut constaté. Le chiffre des morts s’élevait à 24, et plusieurs victimes avaient direclement communiqué entre elles.
Arles ne put pas échapper aux coups du cho- ' éra, et cette maladie y fut infiniment plus meurrière en i835 qu’en i832; elle aurait même fait an nombre plus considérable de victimes si la )population presque entière n’avait , dès le début, suivi l’exemple des Indiens et le conseil des domines de l’art, en prenant la fuite et se disséminant dans le vaste territoire de la commune, 3t principalement sur les points les plus culmi-
nans du plateau de la Crau , plaine immense où près de huit mille liahilans, entasses dans les métairies, ont trouvé un abri assuré, tandis que quatre mille se réfugiaient dans d’autres parties de la banlieue. Il ne resta dans l’intérieur de la ville que quatre mille personnes dont la plupart ne pouvaient abandonner leurs foyers.
Le choléra ht son début le i4 juillet sur deux individus du sexe masculin, qu’il emporta en peu de temps. Le lendemain on constata six décès. Le chiffre des morts diminua ensuite, puis il oscilla entre i et 8. Le 27 du meme mois il s’éleva à 10, et le 28 à 82. Cette journée présenta la mortalité la plus forte. Le lendemain 29, il y eut 25 décès. De ce jour-là au mois d’août, le chiffre se maintint entre 27 et i5; il descendit ensuite lentement, et la maladie ne disparut qu’au milieu du mois de septembre, après avoir fait 5oq victimes; elle avait duré soixante-trois jours, comprenant neuf semaines; les plus meurtrières furent la troisième et la quatrième. La période décroissante commença dès la cinquième et continua sans interruption jusqu’à la fin de la maladie.
On peut, dans le tableau suivant, en suivre la marche jour par jour :
TABLEAU NUMÉRIQUE
DES DÉCÈS CHOLÉRIQUES CONSTATÉS A ARLES (département des Bouches-du-Rhône), du i4 juillet au i4 septembre i835.
O&TBS.
DÉCÈS
TOTAL
DATES
DÉCÈS
TOTAL
masculins.
féminins.
masculins.
féminins.
Juillet-
report.
Août.
Sept.
Sur ces Soq décès cholériques les campagnes n’en ont fourni que 70, bien que les trois quarts delà population urbaine s’y fussent réfugiés. Ainsi, parmi les 4,000 individus restés en ville, il y a eu 439 dé'cès, proportion vraiment effrayante, tandis que les 16,000 habitans disséminés dans la banlieue n’ont eu que 70 morts.
En comparant le chiffre total des décès cholériques au chiffre total de la population arlésienne, on trouve 26 décès sur mille habitans.
Et en réunissant les deux chiffres de la mortalité durant les deux invasions, c’est-à-dire 249 en i832, et 509 en i835, ou soit 758, il y a alors une proportion de 87,27 morts sur mille habitans.
En i835 les femmes ont été plus frappées que les hommes , mais dans des proportions bien moindres qu’en i832.
L’influence du choléra sur les divers âges a présenté un fait remarquable: sur 609 décès 189 ont atteint des individus âgés de moins de 10 ans; la proportion est de i sur 2,69.